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Histoire de l'Europe > L'Allemagne
L'histoire de l'Allemagne
L'Allemagne au Moyen Âge
Aperçu Le Moyen âge Les XVIe, XVIIe et XVIIIe s. Le XIXe siècle
Vers le Ve siècle apparaissent les Thuringiens. Au moment de l'invasion, et surtout à partir de la nuit du 31 décembre 406, les Goths, les Burgondes, les Longobards, les Vandales, les Suèves s'établissent dans l'Empire romain; les peuples de la seconde ligne (Frisons, Angles, Saxons, Thuringiens, Bavarois) restent seuls en Germanie avec les Francs et les Alamans maîtres des deux rives du Rhin. Les Francs, acceptés par les populations gauloises, furent assez forts pour barrer la route aux envahisseurs futurs. Leur victoire de Tolbiac sur les Alamans (496) marque le début d'une nouvelle période. Les Francs qui prévalaient en Gaule entreprirent d'autre part la conquête de la Germanie. Clovis soumit les Alamans et leur enleva pour jamais le bassin inférieur du Main; Thierry, allié aux Saxons, détruisit et démembra le royaume de Thuringe; les ducs de Bavière de la dynastie des Agilolfings furent subordonnés; de même les Frisons, que pourtant on n'inquiéta guère dans leurs marais; les Angles, affaiblis par l'émigration vers la Grande-Bretagne, se fondirent avec les Saxons, qui seuls maintinrent leur indépendance (L'Angleterre au Moyen-Age : Anglo-Saxons et Normands).. 

Les Germains, qui avaient à peu près échappé à l'influence romaine, allaient-ils être happés par l'intermédiaire des Francs et entrer dans les cadres des sociétés méditerranéennes? On pouvait le croire, mais les Mérovingiens ne vinrent pas à bout de leur tâche; leur prompte décadence, leurs dissensions, la division du royaume franc en trois parties à peu près autonomes, permirent aux Frisons, aux Thuringiens, aux Bavarois, aux Alamans de secouer le joug; le christianisme recula en deçà du Rhin. Alors s'imposèrent les Carolingiens dont les victoires et l'alliance avec l'Église romaine firent entrer les Germains dans la sphère des pays façonnés par les Romains. La conquête par les armes franques et la conversion par des missionnaires en majorité anglo-saxons furent menées de front. Saint Boniface et Pépin le Bref sont inséparables. 

Dans les mémorables conciles de 741-743, ils donnèrent au royaume franc agrandi son organisation ecclésiastique : ainsi furent créés successivement les évêchés d'Utrecht, de Salzbourg, de Ratisbonne, de Freisingen, d'Eichstaedt (Eischtätt), de Wurzbourg. Les anciens évêchés romains de Trèves, Metz, Toul, Verdun, Strasbourg, Spire, Worms, Mayence, Cologne, Tongres, Avenches (transféré à Lausanne), Bâle, Windisch (transféré à Constance), Martigny (transféré à Sion), Coire, Augsbourg et Lorch (transféré à Passau), furent réorganisés. A la tête on plaça les archevêchés de Mayence, Trèves et Cologne auxquels s'ajouta bientôt celui de Salzbourg. La conquête et la conversion de la Germanie au christianisme furent achevées à la fin du VIIIe siècle.

« A. cette œuvre l'Eglise fournit la politique, Charlemagne le fer et le feu. » (Lavisse.) 
Il lui fallut trente ans pour conquérir la Saxe, où furent créés huit évêchés (Paderborn, Minden, Osnabruck, Munster, Verden, Brême-Hambourg, Hildesheim, Halberstadt); entre temps il mit fin à la dynastie ducale de Bavière.

Les Carolingiens.
La conquête de la Saxe par Charlemagne est un fait capital dans l'histoire, elle a véritablement créé l'Allemagne, ou du moins rendu possible la formation de l'Allemagne en mettant fin à l'antagonisme séculaire des Germains restés païens et barbares avec ceux qui avaient adopté la civilisation romaine et chrétienne. La défaite de Varus avait retardé de huit siècles cette assimilation. 

Si Charlemagne soumit au tribut des Slaves entre l'Elbe et l'Oder, et ruina l'empire des Avares, « ce ne furent là que des résultats temporaires et passagers ; son activité organisatrice n'a pas en réalité dépassé les limites du pays germanique. Celui-ci au contraire, il l'a réuni tout entier dans sa main : il en a été le premier souverain commun; pour la première fais il en a incorporé toutes les tribus dans un seul et même organisme politique. Seulement elles y figuraient conjointement avec de nombreuses populations romaines; elles ne formaient pas encore un état autonome particulier à l'Europe centrale. Roi des Francs et empereur d'Occident, il résume à la fois, dans sa personne, la tradition de l'ancien monde romain et l'invasion germanique qui en a triomphé. » (Himly).
Il est remarquable que les peuples qui devaient former l'Allemagne n'aient pu être réunis que par suite de leur annexion aux contrées de culture latine, et il est curieux aussi qu'aussitôt unis entre eux ils se soient séparés de ces contrées pour former un groupement politique distinct. Nous n'entrerons pas ici dans l'inutile détail des partages successifs de la monarchie carolingienne. Nous nom contenterons de rappeler qu'en 843, au traité de Verdun, le Germanique Louis, second fils de Louis le Débonnaire, reçut le pays à droite du Rhin, moins la Frise et plus Worms, Spire et Mayence. Le traité de Mersen (870) y ajouta la Frise et les territoires jusqu'au cours moyen de la Moselle moyenne et inférieur de la Meuse avec les diocèses de Bâle, Strasbourg, Metz, Trèves, Cologne, Utrecht, et la résidence impériale d'Aix-la-Chapelle. Ces limites sont restées à peu près celles de l'Allemagne pendant tout le Moyen âge. Ce n'est pas que les partages fussent définitifs dans l'esprit de ceux qui les réglaient; ils croyaient conserver l'unité de l'Empire. Les événements furent plus forts que leurs désirs, et nous pouvons dès maintenant considérer l'Allemagne comme un Etat séparé ayant son histoire à lui.

Le royaume de Louis le Germanique s'appelait officiellement royaume des Francs orientaux. II comprenait quatre groupes de populations formant quatre duchés ethniques : les Francs dans les bassins du Main, du Rhin moyen et de la Moselle, de Fulda aux sources de la Meuse, des bouches de l'Escaut aux sources du Main; la rive droite du Rhin s'appelait France orientale ou Franconie; la rive gauche Lotharingie ou Lorraine du nom de ses rois Lothaire Ier et Lothaire II; — les Alamans du Rhin au Sech, du Neckar aux Alpes avec Augsbourg, Constance, Coire; — les Bavarois sur le Danube, du Lech à l'Enns, des Alpes au Boehmerwald avec Salzbourg, Passau, Ratisbonne, Freisingen, Eichsteedt ; — les Saxons dans la plaine de l'Allemagne du Nord, de la mer du Nord aux sources de la Lahn, du Rhin à l'Elbe, avec Paderborn, Munster, Osnabruck, Verden, Brême, Hildesheim, Halberstadt. Ces populations rivales et hostiles désiraient avant tout regagner et conserver leur autonomie; la puissance de ces aspirations et de ce particularisme était telle que les chefs qu'on donnait aux duchés ne tardaient pas à être gagnés. Il était très craindre que le démembrement de l'Empire carolingien ne se poursuivit. A la mort de Louis le Germanique, son fils aîné reçut la Franconie et la Saxe, le second la Bavière, le troisième l'Alamanie. Mais la prompte mort des deux aînés réunit toute la France orientale et bientôt tout l'empire de Charlemagne aux mains de Charles le Gros. Ses successeurs Arnulf (887-899) et Louis l'Enfant (900-911) furent les derniers Carolingiens d'Allemagne.

Les débuts de la monarchie élective.
Il fallut choisir un roi dans une autre famille. La royauté devint ainsi élective; ce fut la cause de bien des luttes, mais l'unité du royaume fut sauvegardée; il ne fut plus question de la diviser entre les fils du souverain. Ces partages qui auraient probablement abouti à la reconstitution de nationalités saxonne et bavaroise autonomes furent évités. En revanche, l'élu choisi dans un des quatre duchés n'était que difficilement obéi dans les trois autres. 

Au danger intérieur s'ajoutait le danger extérieur; les Danois au Nord, les Vikings sur les côtes du Nord-Ouest, les Moraves, puis les Hongrois au Sud-Est, les Slaves à l'Est, menaçaient les frontières; enfin, à l'Ouest, l'ancienne Lotharingie était disputée entre les royaumes de France orientale et de France occidentale. Arnulf avait prévalu en Lotharingie ou Lorraine, vaincu les Vikings sur la Dyle (891), et brisé la puissance morave. Ce dernier succès, obtenu grâce à l'alliance des Hongrois, eut pour unique résultat d'ouvrir la route à ces populations bien plus dangereuses que les Moraves. 

Pendant un demi-siècle ils pillèrent l'Allemagne, la mirent à feu et à sang, sans qu'on pût ni vaincre, ni arrêter leur cavalerie. Le règne de Louis l'Enfant fut une période d'anarchie. Elle ne fut guère moindre sous celui de son successeur Conrad Ier (911-918). C'était encore un Franc, il fut à peine reconnu et pas du tout obéi par les Bavarois, les Alamans et les Saxons. A son lit de mort, il désigna pour son successeur le puissant duc de Saxe, Henri l'Oiseleur.

Le Saint-Empire.
Elu par les Saxons et les Francs, Henri (919-936) se fit reconnaître par les autres ducs et un peu plus tard en Lorraine (923). Il mérita le surnom de fondateur que lui ont décerné les Allemands. Il a refoulé l'invasion hongroise par la victoire de Mersebourg (933), celle des Slaves par la victoire de Lunkini (929). Son fils Otton Ier le Grand (936-973) continua son oeuvre : il abattit la résistance des duchés ethniques, plaça à leur tête des membres de sa famille, il mit un terme aux incursions des Hongrois en leur infligeant sur le Lech une défaite décisive (955); il poursuivit le roi du Danemark jusqu'au Liimfjord. Contre les Slaves il fonda Magdebourg en 968; de ce côté se lieutenants Hermann Billung, duc de Saxe, et Gero, margrave de la frontière souabe, firent reconnaître la suprématie allemande jusqu'à l'Oder. Les nouvelles métropoles ecclésiastiques de Brême-Hambourg et de Magdebourg avec leurs évêchés suffragants de Sleswig, Ripe, Aarhus d'une part, de Havelberg, de Brandebourg, de Mersebourg et de Zeitz d'autre part, les évêchés de Prague et d'Olmutz, sont des créations de ce temps et marquent l'étendue des progrès réalisés. 

Maître incontesté de l'Allemagne, Otton le Grand ne borna pas là son ambition, il descendit en Italie (951), s'y fit proclamer roi, puis en 962 se fit donner la couronne impériale par le pape Jean XII. L'empire rétabli au profit de Charlemagne fut ainsi attribué aux plus puissants de ses successeurs, les souverains de de l'Allemagne. Les conséquences de cette réunion furent immenses : la conception du Saint-Empire romain germanique, a dominé le Moyen âge et pesé sur l'Allemagne d'un poids très lourd.

Successeur présumé des empereurs romains, chef laïque de la chrétienté, le roi de Germanie y gagna en prestige mais perdit en puisance effective. La force des abstractions est si grande en ces temps qu'un Henri VI et un Henri VII se considèrent comme les héritiers légitimes des empereurs romains; ils vivent presque en dehors de la réalité. Otton III voudra établir sa capitale à Rome. L'Italie, Rome où il faut aller chercher la couronne impériale, le pape qui la donne deviendront la préoccupation principale des empereurs d'Allemagne : de là ces expéditions d'Italie où s'useront leurs forces; de là cette terrible querelle du sacerdoce et de l'empire. Et cependant l'Allemagne se divise à l'infini, l'autorité de l'empereur disparaît jusqu'à ce que l'on arrive à l'anarchie du XIIIe siècle. 

Mais auparavant les trois dynasties de Saxe, de Franconie, de Souabe qui se succédèrent à la tête de l'Allemagne lui assurèrent pour des siècles la prééminence dans l'Europe féodale. La domination universelle qu'ils poursuivaient était une chimère, mais ceux qui la rêvaient furent de grands princes et écrivirent des pages glorieuses de l'histoire d'Allemagne. Enfin le commerce continu avec l'Italie contribua beaucoup à compléter l'éducation du peuple allemand, le dernier venu parmi les peuples du Moyen âge entrés dans l'aire culturelle méditerranéenne.

La dynastie saxonne dura peu : Otton II (973-983) et Otton III (983-1002) abandonnèrent presque l'Allemagne pour l'Italie; Henri II (1002-1024) fut le dernier des princes de la famille d'Otton le Grand. Il eut à combattre les Slaves qui par leur soulèvement de 983 avaient mis en péril les conquêtes du commencement du siècle : les Allemands finirent par rester maîtres de la rive gauche de l'Elbe, mais perdirent la rive droite. Ils ne conservaient que la Misnie et disputaient la Lusace aux princes de Bohème et de Pologne, leurs vassaux nominaux. Au Sud les margraves bavarois de la Marche de l'Est continuaient de progresser le long du Danube. En 1024, un comte franconien succéda à Henri II sous le nom de Conrad II (1024-1039). Il réunit à son empire le royaume d'Arles (1032) qui s'étendait de la Reuss et des Alpes à la Saône et au Rhône avec Besançon, Lyon et Marseille

Le chef du Saint Empire romain germanique se trouvait ainsi souverain direct de l'Allemagne, des royaumes d'Italie et d'Arles, suzerain des rois de Bohème, de Hongrie, de Pologne, du Danemark et même d'Angleterre. Quoique la France et l'Espagne aient toujours refusé de reconnaître sa suzeraineté, il était le prince le plus puissant de l'Europe à un moment où les rois capétiens de France n'étaient obéis en fait que sur l'étendue de quatre ou cinq des départements français actuels. Conrad II ne se fit pas reconnaître sans peine; il lutta toute sa vie contre les protagonistes des duchés ethniques. 

De même, son fils Henri III (1039-1056) fut bravé jusqu'au bout par le duc de Basse-Lorraine. C'est pourtant de tous les empereurs d'Allemagne celui qui a joui de la puissance la moins contestée. Malheureusement il mourut jeune; et pendant la minorité de son fils Henri IV (1056-1106), l'aristocratie ecclésiastique et laïque fut maîtresse du pouvoir et sut en profiter. Une fois majeur, Henri IV l'attaqua énergiquement, mais il eut bientôt à se défendre contre le pape. Nous ne raconterons pas ici la querelle des Investitures, mais il n'est pas inutile de remarquer que l'empiétement de l'aristocratie princière avait si bien réduit les domaines et les droits de l'empereur qu'il tirait le plus clair de ses ressources des terres d'Eglise. Lui enlever la collation de ces bénéfices, c'était le dépouiller de toute autorité; il y avait là une question de vie ou de mort. 

Quand Henri IV fut mort à la tâche, son fils Henri V (1106-1125), d'abord champion de l'Eglise contre lui, ne se montra pas plus que son père disposé à céder. D'accord avec la majorité de ses grands, il obligea du moins le pape à une transaction, le concordat de Worms (1122). Cette longue lutte avait surtout accru les forces des princes aux dépens de la monarchie; les duchés ethniques, brisés par les empereurs, se morcelaient en principautés plus petites. On compte maintenant huit duchés, outre les territoires de Frise et de Thuringe, et dans chacune le ces dix régions apparaissent des souverainetés territoriales à qui l'avenir appartient. Voici la liste des huit duchés : 

• Haute-Lorraine (Moselle et haute Meuse); 

• Basse-Lorraine (Meuse inférieure); 

• Franconie (bassin du Main); 

• Souabe ou Alemanie avec l'Alsace et la Rhétie (haut Rhin et haut Danube); 

• Bavière avec la marche d'Autriche (Oesterreich); 

• Carinthie (pays de la Leitha à l'Adige); 

• Bohème avec la Moravie; 

• Saxe avec ses marches de Misnie, de l'Est, du Nord (le futur Brandebourg), et de Holstein. 

Le progrès vers l'Est (Drang nach Osten), la conquête et la conversion ou plutôt la colonisation du pays slave avait presque cessé au XIe siècle. Au XIIe l'oeuvre fut reprise, mais avec les forçes combinées du Danemark, de la Pologne et des margraves allemands. Le roi de Pologne, Boleslas III le Victorieux, décida les Poméraniens à se soumettre au christianisme (1127); Albert l'Ours conquit le Brandebourg, Henri le Lion, la Vandalie, c.-à-d. les côtes de la Baltique jusqu'à l'Oder; de ce côté, la part principale revient aux rois du Danemark, Waldemar Ier le Grand, Knut VI et Waldemar II.

C'est Waldemar le Grand qui détruisit le sanctuaire païen de Swiatowid dans l'île de Rügen (1168). Mais les missionnaires étaient allemands et c'est l'Allemagne qui profita des efforts de tous. Les évêchés de Lubeck, Ratzebourg, Schwerin, Cammin furent allemands, et quand la défaite de Waldemar II (1227) et la division de la Pologne eurent laissé le champ libre, le Holstein, le Mecklembourg, la Poméranie devinrent définitivement des provinces allemandes. Les marches de Brandebourg, de Misnie et de Lusace l'étaient déjà; la Silésie même, qui avait subi l'influence culturelle de la Pologne, le devint peu à peu. Ce ne fut pas seulement une conquête, mais aussi une colonisation; les provinces nouvelles se peuplèrent d'Allemands et en adoptèrent la langue; lentement, il est vrai, puisqu'au XIVe siècle encore on parlait le slave à Leipzig.

Les affaires d'Italie.
Pendant que s'étendait ainsi la terre allemande, ses souverains achevaient de ruiner leur autorité dans une lutte d'un siècle contre la papauté et les villes italiennes. Ils s'appuyaient pourtant sur des forces nouvelles qui, avaient grandi pendant les siècles précédents, la chevalerie et les villes; elles ne leur suffirent pas.  Au dernier des empereurs de la maison de Franconie, on avait donné pour successeur un Saxon, Lothaire II (1125-1137). Il vécut de concessions et donna sa fille au chef de la maison des Welfs ou Guelfes, Henri le Superbe, duc de Bavière. Les Welfs dominant en Saxe et en Bavière se trouvèrent les princes les plus puissants de l'Allemagne; ils aspiraient à la couronne impériale et furent les ennemis nés de la maison souabe de Hohenstaufen à qui on la donna. Conrad III (1138-1152,) dont une croisade malheureuse n'augmenta pas le prestige, réussit à venir à bout de ces résistances. 

Frédéric Ier Barberousse (1152-1190) essaya d'abord de s'entendre avec les Welfs, et surtout avec Henri le Lion, fils de Henri le Superbe. Il lui rendit le duché de Bavière; suzerain du royaume de Slavonie formé sur les rives de la Baltique, Henri le Lion se brouilla avec Barberousse à propos de l'héritage de son oncle Welf VI. Il abandonna l'empereur en Italie et causa sa défaite à Legnano (1176). Frédéric Ier se vengea en le dépouillant de ses duchés : la Saxe fut donnée aux princes ascaniens, la Bavière aux Wittelsbach (1180). L'ancien duché de Saxe était brisé, mais l'antagonisme de la Saxe contre les Hohenstaufen persista. Vaincu en Italie par les villes lombardes et le pape Alexandre III, Frédéric Barberousse avait traité à Venise (1177). Mais il préparait une revanche en mariant son fils à l'héritière du royaume de Naples. Quoiqu'il ait échoué dans sa grande entreprise de restauration de l'empire, Frédéric Barberousse, par ses qualités militaires et chevaleresques et sa puissante personnalité, resta le héros légendaire de l'Allemagne du Moyen âge. 

Elle était d'ailleurs à son apogée, non seulement de puissance militaire, mais de richesse commerciale et de développement intellectuel. Henri VI (1190-1197) fut autant un roi de Naples qu'un empereur d'Allemagne; il rêvait de faire de celle-ci un royaume héréditaire comme l'autre et de réunir l'empire d'Orient au Saint-Empire. Ses plans grandioses font un étrange contraste avec les événements qui suivirent sa mort prématurée. Son fils était mineur, son frère Philippe de Souabe ne fut reconnu que par une partie de l'Allemagne; l'autre lui opposa Otton de Brunswick, fils d'Henri le Lion. Cette rivalité des Guelfes et des Gibelins, exploitée par un pape comme Innocent III, porta un coup mortel à la puissance impériale en Allemagne. Après l'assassinat de Philippe (1208), Otton IV se brouilla avec le pape; vaincu à Bouvines par Philippe-Auguste (1214), il fut remplacé par le fils d'Henri VI, Frédéric Il (1212 ou 1218-1250). Le nouvel empereur abandonna l'Allemagne à elle-même; ce fut un prince italien. Le pape souleva contre lui en Allemagne son fils Henri, puis lui suscita des compétiteurs, le landgrave de Thuringe (1246), l'année suivante le comte Guillaume de Hollande (1247-1256).

Le grand interrègne.
On date de la mort de Frédéric II le commencement du grand interrègne (1250-1273). Aucun des prétendants à l'empire ne parvint à se faire reconnaître : ce furent, outre Guillaume de Hollande déjà cité, Conrad IV fils de Frédéric (1250-1254), Alphonse X de Castille (1257-1272) et Richard de Cornouailles. Vaincu dans sa lutte contre la papauté et contre l'aristocratie allemande, le Saint-Empire romain germanique était désemparé pour jamais; l'aristocratie avait vaincu la monarchie; l'unification de l'Allemagne ne peut plus être l'oeuvre d'un pouvoir suprême comprimant les résistances locales dans toute l'étendue de l'empire, elle sera faite par l'une des puissances territoriales particularistes qui s'y élèvent; une puissance qui par des annexions successives aura réuni sous son gouvernement direct une étendue de territoires allemands suffisante pour être plus forte à elle seule que toutes les autres ensemble. Mais il faudra pour en arriver là traverser cinq siècles d'anarchie, pendant lesquels l'Allemagne divisée sera ravagée par des guerres civiles et servira de champ de bataille à l'Europe.

Il ne faudrait pas croire d'ailleurs que le grand interrègne, où l'anarchie fut plus apparente par suite de la vacance de l'Empire, soit le moment où l'Allemagne fut le plus faible. Loin de là; elle n'était pas tombée si vite du haut degré de force où nous l'avons vue sous Frédéric Barberousse, et à la fin du XIIIe siècle fut pour elle un moment de grande expansion. La chevalerie perdit beaucoup, sans doute, à la défaite de l'Empire et ce n'est pas le brigandage auquel elle se livra au détriment des villes et des princes qui pouvait la relever. Mais c'est à la fin du XIIIe siècle que s'achèvent les conquêtes des Chevaliers teutoniques qui s'emparèrent de la Prusse à partir de 1230, tandis que les Porte Glaives s'établissaient en Livonie

Ces conquêtes qui coupèrent la Pologne de la Baltique ont eu des conséquences incalculables. Le grand interrègne ne les a pas arrêtées. Il força les villes devenues très importantes, dans l'Allemagne occidentale surtout, à resserrer les liens qui les unissaient. La ligue des villes du Rhin et surtout la Hanse ont joué un grand rôle à partir de cette époque. On sait que la Hanse a dominé la mer du Nord et la Baltique et monopolisé le commerce de ces régions pendant des siècles; son centre était à Lübeck. Quelle que fût l'importance des villes, elles ne pouvaient pas rivaliser avec les princes laïques et ecclésiastiques. Les princes de l'Eglise, malgré le concordat de Worms qui réservait à l'empereur l'investiture des fiefs d'empire joints à la dignité ecclésiastique, étaient devenus presque indépendants. Frédéric II leur avait concédé en même temps qu'aux laïques (1220, 1232) la souveraineté avec presque tous les droits régaliens, ce qu'on appelait la supériorité territoriale (dominium terrae). Il ne faisait que reconnaître et confirmer l'état de choses existant. 

Les guerres civiles des deux derniers siècles et surtout la rivalité des Welfs et des Hohenstaufen avaient aussi bien ruiné l'autorité ducale que l'autorité royale; dès la fin du Xe siècle les vassaux de second ordre tendent à l'hérédité; à la fin du XIe siècle ils prennent le titre de leur fief, comté, landgraviat ou margraviat; les prélats favorisés par les rois saxons et franconiens ont acquis dans leurs villes, dans des comtés entiers, tous les droits de juridiction. Comme les prélats n'étaient pas héréditaires, les empereurs avaient tout intérêt à grandir leur pouvoir en face de l'aristocratie laïque. Mais lorsque la querelle des investitures eut rendu les grands ecclésiastiques aussi indépendants que les grands laïques, il se trouva que le souverain avait travaillé à s'affaiblir en les fortifiant. 

Les divisions de l'Allemagne au XIIIe siècle.
Nous avons déjà dit qu'à côté des archevêques, évêques, abbés, ducs, comtes, margraves, chevaliers, les villes s'étaient émancipées et formaient de véritables républiques municipales.

Voici quels étaient à peu près au XIIIe siècle les principales puissances territoriales de l'Allemagne : 
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• Dans la Haute-Lorraine, le duc lui-même et les évêques de Metz, Toul et Verdun; dans la Basse-Lorraine, le duc de Brabant, l'archevêque de Trêves, l'archevêque et la ville de Cologne, les évêques de Liège et d'Utrecht; le pays Frison avait conservé la libre organisation des temps primitifs. 

• En Souabe les Zaehringen, autour de Fribourg, tenaient le premier rang après les Hohenstaufen dont les biens immédiats étaient très étendus; les villes libres et impériales de Bâle et Strasbourg venaient ensuite. 

• En Franconie, l'archevêché de Mayence, les évêchés de Wurzbourg et de Bamberg, l'abbaye de Fulda, les villes de Worms, Spire, Francfort occupaient une notable partie du sol. 

En Souabe comme en Franconie, les biens de la petite noblesse immédiate, c.-à-d. relevant directement de l'empereur, étaient très nombreux. Ce n'était pas un avantage, loin de là; on sait quelle sinistre réputation ont gardé les burgraves des bords du Rhin. 

• En Bavière, les Wittelsbach avaient reçu avec le duché les terres qui restaient attachées à la dignité ducale; à côté d'eux l'archevêque de Salzbourg, les évêques de Trente, de Passau, de Freisingen possédaient des territoires étendus. Citons encore les villes d'Augsbourg, de Ratisbonne et de Nuremberg. 

• Tout le pays à l'Est de la Bavière avait passé sous la domination du roi de Bohême Ottokar qui possédait non seulement la Moravie, mais l'Autriche, la Styrie, la Carinthie et la Carniole. Il devait sa force à la conservation de toute 
l'autorité dont jouissaient primitivement les ducs. 

• Si nous remontons au Nord, nous rencontrons les vastes domaines du landgrave de Thuringe, puis, dans l'ancienne Saxe, le duché de Saxe réduit aux environs de Wittemberg, les débris de la principauté des Welfs qui s'étendaient au Sud de l'Elbe, de Lauenbourg à Goettingen par Lunebourg et Brunswick; à l'Ouest la Westphalie presque entière est terre ecclésiastique, répartie entre l'archevêque de Cologne qui s'intitule duc de Westphalie, l'archevêché de Brême, les évêchés de Munster, Osnabruck, Minden, Paderborn, Hildesheim, Verden; plus à l'Est l'évêché d'Halberstadt et l'archevêché de Magdebourg. 

Mais de ce côté les puissants margraves de Brandebourg, de Lusace et de Misnie se partagent le pays de l'Elbe et de la Saale à l'Oder. Les margraves sont maintenant les princes les plus puissants de l'Allemagne; ils ont pu s'étendre librement par la conquête, ils sont plus maîtres chez eux et règnent sur de plus vastes territoires; c'est à eux qu'appartient l'avenir. 

• La marche de l'Est deviendra l'Autriche; la marche du Nord, devenue le Brandebourg, est depuis la prise de Brandebourg par Albert l'Ours (1157) la seconde, depuis la ruine d'Henri le Lion (1183) et jusqu'à l'extinction de la dynastie ascanienne (1320), la première principauté de l'Allemagne du Nord. 

• Le Mecklembourg et la Poméranie étaient gouvernés par des dysnasties d'origine slave. 

• Enfin, au-delà de la Vistule, l'ordre Teutonique achevait lentement la conquête du pays prussien entre la Vistule et le Niémen.

L'Allemagne de 1273 à 1378. La Bulle d'Or.
En 1273 l'élection à l'Empire de Rodolphe de Habsbourg (1273-1291) mit fin au grand interrègne. Il ne pouvait plus être question de restaurer l'autorité impériale; le nouvel empereur se contenta de l'exploiter au profit de sa famille, tout en s'efforçant de maintenir tant bien que mal la paix et l'ordre régulier dans l'Empire. Vainqueur d'Ottokar II, roi de Bohème (1276-1278), il adjugea à sa maison les dépouilles du vaincu, l'Autriche, la Styrie, la Carinthie et la Carniole. Trouvant les Habsbourg trop puissants, les princes élurent à l'Empire Adolphe de Nassau (1292-1298). On revint pourtant au fils de Rodolphe qui régna ensuite sous le nom d'Albert Ier (1298-1308). Il garda son duché d'Autriche, désormais le point d'appui de sa maison. Il fut assassiné au moment où il marchait contre les trois cantons suisses soulevés pour conserver les libertés qu'il voulait arracher. Léopold d'Autriche ayant voulu reprendre la tentative fut défait à Morgarten (1315). Cependant la couronne impériale passait à Henri VII de Luxembourg (1308-1313) qui, suivant l'exemple des Habsbourg, établissait son fils en le mariant à l'héritière de la Bohême. 

Après la mort d'Henri VII, son successeur, Louis IV de Bavière, (1313-1347) eut successivement à combattre le fils d'Albert d'Autriche, Frédéric le Beau, qu'il vainquit avec l'aide des villes (1322), le pape Jean XXII qui l'excommunia à l'instigation du roi de France, enfin Charles de Moravie (Charles IV), petit-fils d'Henri VII, qui fut élu empereur en 1346 et que la mort de Louis IV (1347) et la défaite de Günther de Schwarzbourg (1349) laissèrent maître de l'Empire. 

Charles I (1347-1378) s'occupa surtout de ses Etats héréditaires. A son royaume de Bohème il réunit outra la Moravie qui. en dépendait, et la Silésie et la Haute-Lusace, déjà acquises par son père Jean l'Aveugle, le Haut-Palatinat, sur la frontière occidentale (1353), la Basse-Lusace (1370), enfin l'électorat da Brandebourg (1373). Son frère Wenceslas avait réuni au Luxembourg le duché de Brabant

Excellent roi de Bohème, Charles IV (1316-1378) fut un détestable empereur. Il a pourtant attaché son nom à un acte fondamental dans la constitution allemande, la Bulle d'or (1356). Cet acte fameux régla définitivement la procédure des élections à l'empire. La constitution de l'Allemagne était essentiellement aristocratique;

« l'empereur était primé par l'empire et cet empire se composait avant tout des princes ecclésiastiques et laïques. Aux diètes qui le représentaient, les villes ne furent admises que comme un collège inférieur; la noblesse immédiate d'empire et les quelques cantons de paysans libres qui avaient résisté à l'absorption princière n'y pénétrèrent même jamais. Par contre, dans le sein de cette aristocratie princière se développa, comme collège particulier à la diète et comme conseil forcé du souverain, une espèce de directoire oligarchique qui, de son droit exclusif à élire l'empereur, prit le nom de collège électoral. Dès les premières élections royales en Germanie, les principaux dignitaires de l'Eglise nationale, les ducs et les plus puissants parmi les feudataires laïques, avaient exercé un certain droit de prétaxation ou désignation préalable; puis dans la première moitié du XIIIe siècle, sous l'influence probablement du Saint-Siège, l'élection définitive fut dévolue à ces électeurs privilégiés et leur nombre fixé au chiffre sacramentel de sept qui est énoncé pour la première fois dans le Sachsenspiegel ou droit coutumier saxon et que, lors de l'élection de Rodolphe de Habsbourg en 1273, on admettait déjà comme un axiome de droit public.-» (Himly). 
Le droit des trois archevêques rhénans ne fut jamais contesté, mais les quatre voix attribuées aux princes laïques furent disputées avec acharnement pendant le XIIIe et le XIVe siècle. La Bulle d'or trancha ces difficultés, les ducs de Bavière furent décidément exclus du collège électoral composé des archevêques de Mayence, de Trèves et de Cologne, du roi de Bohème, du comte palatin du Rhin, du duc de Saxe et du margrave de Brandebourg. La voix électorale fut fixée sur un territoire déterminé, indivisible et transmise suivant l'ordre de primogéniture. Chacun de ces sept électeurs reçut un des sept grands offices de la couronne; ils furent : archichanceliers de Germanie, d'Arles, d'Italie, échanson, écuyer-tranchant, maréchal, chambellan de l'Empire. Leur consentement fut nécessaire pour tous les actes essentiels de l'empereur. Dès 1338 les électeurs réunis à Rense avaient déclaré solennellement que l'empereur élu par eux ne tenait son autorité que de Dieu et pouvait se passer de la reconnaissance par le pape. Ainsi le Saint-Empire devenait tout à fait germanique.

La poursuite de la décomposition de l'Allemagne.
La décomposition de l'Allemagne continuait : Wenceslas (1378-1419), fils et successeur de Charles IV, se retire tout à fait en Bohême. 

Les villes des ligues de Souabe et du Rhin s'efforçaient d'acquérir une indépendance semblable à celle que les Suisses consolidaient par les victoires de Sempach et de Naefels (1386 et 1388). Mais les princes l'emportèrent sur les villes et leur victoire à Doeffingen (1388) arrêta le morcellement de l'Allemagne du Sud.

Au Nord la Hanse se développait plus librement et accroissait sa puissance d'une manière continue. Impliqué dans la crise religieuse, Wenceslas fut déposé; on lui opposa Robert comte palatin (1400-1410). Après la mort de Robert il y eut trois empereurs, Wenceslas, lasse de Moravie, Sigismond, frère de Wenceslas, qui finit par l'emporter.

Sigismond (1410-1437) présida le concile de Constance qui mit fin au grand schisme d'Occident, mais provoqua en Bohème la formidable insurrection des Hussites et y ruina le pouvoir royal. Il est bon d'ajouter que les conciles de Constance (1414-1418) et de Bâle (à partir de 1431) furent marqués pour les Allemands par l'échec complet des projets de réforme dont ils étaient les champions et qu'ils avaient consignés dans les Avisamenta nationis Germaniae. Enfin Sigismond toujours besogneux battait monnaie avec ses droits et vendait à un Hohenzollern le margraviat de Brandebourg (1417).

Les débuts de l'empire des Habsbourg.
La couronne impériale revint après la mort  de Sigismond à la maison de Habsbourg qui la conserva presque sans interruption jusqu'à la fin du Saint-Empire romain germanique. 

Albert II (1438-1439) mourut avant d'avoir réalisé la réforme ecclésiastique qu'il voulait et que Frédéric Ill (1440-1493) abandonna par le concordat d'Aschaffenbourg (1448). la chambre impériale, un pouvoir exécutif représentant permanent de la diète, la régence d'empire; on décida que la diète siégerait chaque année pendant un mois; on donna au nouveau régime des ressources par le denier commun, impôt universel, et une organisation territoriale pour la division de l'empire en cercles. L'autorité territoriale des princes était trop grande et trop ancienne pour qu'ils pussent se résigner à subir la loi d'un organisme central même créé par eux. La régence d'empire, qui eût supprimé ce qui restait de pouvoir à l'empereur, ne fonctionna jamais; le denier commun ne fut pas payé, la chambre impériale et la paix perpétuelle n'eurent d'action efficace que sur les personnages trop faibles pour résister.

Dans le long règne de Frédéric III il n'y a rien signaler, il fut surtout préoccupé d'assurer sa couronne à son fils Maximilien, en le faisant élire de son vivant roi des Romains, c.-à-d. héritier présomptif de l'Empire. A partir de la désignation de Maximilien (1486) les diètes se préoccupent d'un projet de réformes politiques que la faiblesse croissante du gouvernement impérial et de l'Allemagne en Europe faisait réclamer de toutes parts. Après l'avènement de Maximilien Ier (1493-1519), héritier de la maison de Bourgogne par sa femme, on reprit l'oeuvre réformatrice sous la direction de l'archevêque de Mayence. Frédéric Ill n'avait jamais voulu transiger sur le principe monarchique, cependant ruiné en fait. Son fils se résigna et prêta la main aux réformes. Les principales furent votées par les diètes de Worms (1495) et d'Augsbourg (1500). Il s'agissait de donner à l'Allemagne une constitution aristocratique et fédérative répondant à l'état de choses existant  depuis deux siècles. On proclama d'abord la paix perpétuelle, impliquant la suppression du droit de guerre privée et du brigandage; on créa un organe judiciaire commun, 

« Les intérêts politiques, financiers, bientôt aussi religieux, de la communauté continuèrent à être débattus, soit en diète, soit par la diplomatie et les armes, entre les princes prépondérants, autour desquels se groupèrent les Etats moins puissants. »
Il s'ensuit que la division en cercles ne fit que se superposer aux autres, sans les dominer. Au début l'empereur et les électeurs les plus puissants n'avaient pas fait entrer leurs terres dans la division. Il n'y avait en 1500 que six cercles, Bavière, Franconie, Basse-Saxe, Haut-Rhin, Souabe et Westphalie; la diète de Cologne (1519) en ajouta quatre autres : Autriche, Bourgogne, Rhin électorat ou Bas-Rhin et Saxe électorale ou Haute-Saxe. Les diètes de Worms (1521) et de Nuremberg (1522) consacrèrent cette division. 

Non seulement la Lorraine, qui vivait à part depuis longtemps, l'ordre teutonique, démembré et réduit à la vassalité par les Polonais (1466), mais aussi l'ensemble des territoires de la noblesse immédiate, qui tenait à dépendre de l'empereur seul, restaient en dehors des cercles. Ils n'avaient même pas l'avantage d'être une division claire, car ils étaient enchevêtrés les uns dans les autres, surtout ceux de la région rhénane et de l'Allemagne méridionale. L'effort tenté pour donner à l'Allemagne une constitution et y rétablir un gouvernement commun avait échoué. La Réforme allait la diviser et les guerres qui suivirent l'abaisser plus qu'elle ne l'avait jamais été. (GE).

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