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Aldrovandi

Ulissi Aldrovandi est un médecin et célèbre naturaliste né à Bologne le 11 septembre 1522, mort le 10 novembre 1607. Il perdit son père de bonne heure, fut à six ans page dans la famille d'un riche évêque et à douze ans entra en apprentissage chez un marchand de Brescia. Mais ses aspirations étaient plus élevées; il accompagna un Sicilien à Saint-Jacques-de-Compostelle, visita une partie de l'Espagne et à son retour à Bologne commença l'étude du droit, qu'il continua à Padoue. Dans cette dernière université, il suivit en même temps les cours de médecine.
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Aldrovandi.
Ulissi Adrovandi (1522-1607).

Il revint à Bologne en 1549, où peu après il fut arrêté pour cause de religion; il réussit à se disculper à Rome, revint à Bologne et se livra à l'étude de la botanique sous Lucas Ghino; de là, il passa de nouveau à Padoue, où il eut pour maître le célèbre Fallope. Il entreprit alors une excursion botanique à Ancône et revint à Bologne en passant par Rome. C'est pendant l'un de ses séjours à Rome qu'il fit la connaissance de Rondelet et recueillit les éléments d'un ouvrage qui fut mis au jour par Lucio Mauro : Le antichità della città di Roma (Venise, 1556, 1558, 1562, in-12). 

En 1553, Aldrovandi se fit recevoir docteur en médecine à Bologne. En 1560, il obtint la chaire de botanique à l'université, après avoir enseigné, paraît-il, la logique et la philosophie. D'après ses biographes, il conserva ces deux chaires jusqu'en 1600. En 1568, il créa, avec l'assentiment du Sénat de Bologne, le jardin botanique de cette ville et en obtint la direction, en même temps qu'il fut chargé de l'inspection des drogues et des pharmacies. 

Dans cette situation, il se fit beaucoup d'ennemis; les apothicaires se liguèrent contre lui avec plusieurs membres du collège de médecine, l'accusant de cultiver à leur détriment, dans son jardin, les plantes destinées à la confection de la thériaque. Aldrovandi eut recours au pape Grégoire XIII qui, par une lettre en date de 1576, loua sa conduite et le confirma dans ses fonctions d'inspecteur. C'est vers cette époque qu'il écrivit son Antidotarii Bononiensis epitome (Bologne, 1574, in-8), qui a servi de modèle à toutes les pharmacopées publiées par la suite. 

Aldrovandi éprouvait une véritable passion pour l'histoire naturelle; il lui consacra son temps, son talent et sa fortune, fit de nombreux voyages, amassa de riches collections, qui formèrent la base du cabinet d'histoire naturelle de Bologne; son herbier comprend 60 gros volumes. Pendant 30 ans, il entretint à ses frais plusieurs peintres et graveurs, et mérita le titre d'illustrator de la nature, qu'il se plaisait à se donner. On l'a fait mourir à l'hospice; il n'en est rien. Fantuzzi nous apprend que le Sénat de Bologne doubla son traitement de professeur et vota à plusieurs reprises des indemnités considérables pour lui permettre de continuer ses travaux. Il  jouissait de l'amitié de Fallope, de Lucas Ghino, de Pinelli, de Campegio et de Matthiole, et de la faveur de Grégoire XIII, de Sixte-Quint, du cardinal Montalto et de Ferdinand ler. D'après Alidosi, il fut enterré avec beaucoup de pompe dans la basilique de Saint-Etienne à Bologne. Il était aveugle depuis trois ans lorsqu'il mourut.

Outre une foule de manuscrits, sur toutes les branches des connaissances humaines, qui n'ont jamais vu le jour, Aldrovandi a produit quatorze volumes in-folio, importants, constituant par leur ensemble une histoire naturelle complète; il n'en a publié lui-même que quatre, les trois premiers traitant de l'ornithologie (Ornithologia, sive de avibus historiae libri duodecim, etc., Bologne, 15991603, 3 vol.; Francfort, 1610-1630; Bologne, 1646, 1652, 1681), et le quatrième traitant des insectes (De animalibus insectis libri septem, etc., Bologne, 1602, 1620,1628; Francfort, 1618, 1623). 

Sa veuve publia en 1606 le cinquième volume (De reliquis animantibus exsanguibus, nempe de mollibus, crustaceis, testaceis et zoophytis libri IV, etc., Bologne, 1606, 1620,1637, 1642, 1654; Francfort, 1618, 1623). De belles figures accompagnent cet ouvrage.  Corneille Uterveer, de Delft, en Hollande, rédigea sur ses manuscrits le volume des solipèdes (équidés) et ceux des poissons et des cétacés : De piscibus libri V, et De cetis liber unus, etc., Bologne, 1613,1635,1638, 1644, 1661; Venise, 1616 ; Francfort, 1623, 1629, 1640, 1647; De quadrupedibus solidipedibus volumen integrum, Bologne, 1616, 1639; Francfort, 1623, et autres éditions.  Demster fit paraître le volume des animaux à pieds fourchus : Quadrupedum omnium bisulcorum historia, etc., Bologne, 1624,1642, 1653; Francfort, 1647.

B. Ambrosinus publia les volumes des quadrupèdes digités, des serpents, des monstres et des minéraux : De quadrupedibus digitatis viviparis libri III, et De quadrupedibus digitatis oviparis libri II, Bologne,1621, 1637, 1642, 1645, 1665;  Historiae serpentum et draconum libri duo, Bologne, 1640, 1642; Monstrorum historia cum paralipomenis historiae omnium animalium, Bologne, 1642, 1646. Ovidio Montalbano a été l'éditeur du : Dendrologia naturalis, scilicet arborum historiae libri Il, Bologne, 1668; Francfort, 1671, 1690. Montalbano se proposait de publier encore deux livres de ce traité; la mort l'en a empêché.  L'ouvrage le plus rare d'Aldrovandi, c'est son Musaeum metallicum in libros IV distributum, Bologne, 1648, rédigé par Ambrosinus et publié par Bernia. D. Kellner en a donné un abrégé à Leipzig, 1701, in-12. On y trouve représentées quelques pétrifications curieuses. D'une manière générale, les éditions de Francfort sont bien inférieures à celles de Bologne. 

L'oeuvre d'Aldrovandi constitue une véritable encyclopédie d'histoire naturelle, conçue d'après le même plan que celle de Conrad Gessner, dont elle est en quelque sorte une imitation; Aldrovandi y a fait preuve de moins de jugement et de critique que son illustre prédécesseur; des compilations ajoutées par les éditeurs ont du reste défiguré l'original. Il règne peu de méthode dans cette élucubration gigantesque, dont le style monotone rend la lecture pénible; les figures, souvent bonnes, rachètent en partie ces défauts. Les ouvrages de Gessner et d'Aldrovandi ont du reste constitué le seul corps de doctrine sur l'histoire naturelle des animaux jusqu'à Buffon; ils servirent de base à tous les travaux sur l'histoire naturelle jusqu'à la fin du XVIIe siècle. (Dr L. Hn).

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Dictionnaire biographique
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