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Akakia

Akakia est le nom ou surnom grécisé  d'une famille dont les érudits ont discuté longtemps, sans réussir à se mettre d'accord, si le vrai nom était Malice ou Sans Malice. On trouvera, dans l'article Akakia du Dictionnaire de Bayle, un résumé de cette savante discussion. 

Le premier des Akakia que l'on connaisse est Martin, docteur de la faculté de Paris, lecteur, c.-à-d. professeur au Collège de France, né à Châlons, mort en 1551, médecin de François Ier, et, par occasion, de Marot qui l'a niché dans un coin de ses vers :

De trois jours l'un viennent tâter mon pouls 
Messieurs Braillon, Le Coq, Akakia 
Pour me garder d'aller jusqu'à quia.
Ce Martin est l'auteur d'un certain nombre de traductions de Galien : De ratione curandi, 1538; Ars medica, 1548, et, toujours d'après Galien, de ce que l'on appellera plus tard un Traité des drogues simples, 1555. 

Son fils ou l'un de ses fils, nommé Martin, comme lui, médecin, comme lui, fut aussi professeur, comme lui. Les bibliographes citent son traité : De morbis muliebribus, et ses Consilia medica.

Un troisième et un quatrième Akakia, tous les deux fils du précédent, Martin et Jean, furent également docteurs, et le dernier des deux, qui mourut en 1630, médecin de Louis XIII. Il laissait plusieurs enfants, qu'il faut numéroter si l'on veut s'y reconnaître : 

1° Martin Akakia, professeur en chirurgie, le quatrième de la dynastie;

2° Roger Akakia, qui fut mêlé à d'importantes affaires politiques, et notamment, comme secrétaire de l'ambassade de France en Pologne, aux négociations qui précédèrent le traité d'Oliva, 1660;

3° Charles Akakia, dit Akakia du Mont, l'un des confesseurs de Port-Royal;

4°, 5°, 6°, 7° quatre autres frères, Akakia du Plessis, Akakia de Vaux, Akakia du Lac, et Akakia du Lis, tous les quatre de Port-Royal, à titre de «-solitaires » et dont les deux premiers s'occupèrent surtout des intérêts temporels de la célèbre communauté. 

En l'absence des actes authentiques, c'est une question de savoir si sous l'un de ces quatre derniers noms ne se dissimulerait pas Roger Akakia. « Le roi a fait mettre à la Bastille le frère de M. Akakia, notre collègue», écrivait Guy Patin, le 22 juillet 1664, et il l'entendait du diplomate. Sainte-Beuve, dans son Port-Royal, d'après dom Clémencet, l'a entendu d'Akakia du Plessis. Etait-ce le même, et sur quelle autorité Bayle, d'autre part, a-t-il fait mourir Roger Akakia en Pologne? 

On trouvera dans le Dictionnaire critique de Jal un certain nombre de pièces, extraits de baptême ou de mariage, se rapportant à la famille ou plutôt à la tribu des Akakia. Ils avaient fait quelque bruit dans le monde, comme on voit, avant que Voltaire s'emparât de leur nom pour l'immortaliser en le ridiculisant dans un de ses pamphlets les plus comiques (Diatribe du docteur Akakia). Il désignait sous ce nom burlesque le président de l'Académie de Berlin, Maupertuis. (F. Bunetière).

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