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Aimoin

Aimoin, moine de Saint-Germain-des-Prés, mort le 9 juin 889. Il a écrit un ouvrage en deux livres intitulé : De miraculis sancti Germani, où l'on trouve de précieux renseignements pour l'histoire du IXe siècle. (M. P.).
Aimoin, moine et chroniqueur né à Villefranche de Lonchapt, en Périgord, vers 960, mort après 1010. Aimoin, qu'il ne faut pas confondre avec le précédent, appartenait à une famille considérable alliée aux seigneurs d'Aubeterre en Saintonge. Il fit de bonne heure profession de la vie monastique au monastère de Fleury, aujourd'hui Saint-Benoît-sur-Loire. II y eut pour maître, Abbon, qui devint abbé de Fleury en 985, et pour condisciple, Gozlin, fils naturel de Hugues Capet. En 1004, Aimoin accompagna Abbon dans un voyage que celui-ci fit à la Réole et où il fut tué dans une émeute qu'il voulait réprimer. Abbon eut pour successeur sur le siège abbatial de Fleury le condisciple d'Aimoin, Gozlin. Aimoin passa probablement le reste de sa vie au monastère de Fleury-sur-Loire. 

Le principal ouvrage d'Aimoin est la compilation historique intitulée : Historia Francorum ou Libri IV de gestis Francorum, dont du Breul a voulu autrefois, à tort, faire l'oeuvre d'Aimoin, moine de Saint-Germain des Prés. Elle a été composée avant 1004, date de la mort de l'abbé Abbon, auquel elle est dédiée. Elle comprend quatre livres et embrasse l'histoire de France depuis les origines jusqu'en 654. Elle est formée d'une série d'extraits de César, d'Orose, de Grégoire de Tours, de Frédégaire, de Paul Diacre, des Gesta Francorum, des Gesta Dagoberti, de différentes Vies de saints, etc. Le seul travail original d'Aimoin a consisté à corriger la latinité des textes qu'il transcrivait: il écrit, en effet, dans un style relativement pur pour son époque. Quoique la réunion d'éléments aussi disparates que ceux qui composent l'ouvrage d'Aimoin y rende nombreuses les contradictions et les erreurs, cette compilation a joui d'une grande vogue au Moyen âge. Elle a servi de base aux Grandes chroniques de France ou de Saint-Denis

La compilation d'Aimoin a subi, peu de temps après avoir été faite, des vicissitudes singulières, mais explicables par le rôle que jouèrent les monastères au XIe siècle. Elle reçut une première continuation, allant de 654 à 1015, qui a probablement été composée au monastère de Saint-Pierre-Ie-Vif de Sens, mais par un religieux du monastère de Fleury-sur-Loire, appelé à Sens, avec d'autres religieux de différents monastères, par l'archevêque de cette ville, Sévin. La compilation d'Aimoin, avec sa continuation, serait ensuite allée au monastère de Saint-Germain des Prés, à Paris,  grâce à la réunion de ce monastère et de celui de Saint-Pierre-le-Vif de Sens sous le même abbé, Ingon. 

C'est à Saint-Germain des Prés qu'elle aurait subi, vers la fin du XIe siècle, un remaniement, peu important d'ailleurs, qui consiste dans l'intercalation de diverses mentions relatives à ce monastère. Enfin une dernière continuation, assez courte, a été donnée à l'œuvre d'Aimoin pour le XIIe siècle entre 1169 et 1174. La compilation d'Aimoin, avec les continuations, a été éditée par Jacques du Breul, Aimoini Historia Francorum; Paris, 1603, in-fol. Les additions propres à Aimoin ont été publiées dans le recueil des Historiens des Gaules et de la France, t. III,-XI et XII. 

Aimoin est également l'auteur d'une Vie d'Abbon, abbé de Fleury, assassiné à la Réole en 1004. Cette vie a été écrite au plus tard en 1005. Elle terminait une histoire des abbés de Fleury, aujourd'hui perdue. Une édition complète de la Vie d'Abbon a été donnée par Mabillon, Acta sanctorum ordinis sancti Benedicti, siècle VI, première partie, et une édition partielle dans le recueil des Historiens de France, t. X. 

Aimoin a encore composé les livres II et III des Miracula Sancti Benedicti, dont le livre premier avait été écrit au IXe siècle par Adrevald, moine de Fleury. Les livres II et III sont dédiés à Gozlin, qui devint abbé de Fleury en 1004. Ils comprennent le récit des miracles opérés de 887 à 1003, sur les reliques de Saint-Benoît transférées à Fleury. Les Miracles de saint Benoît ont été édités par Mabillon, Acta Sanctorum ordinis sancti Benedicti, siècle IV, deuxième partie; dans les Historiens de France, t. IX et X; dans les Monumenta Germaniae, Scriptores, lX (fragments). (E.-D. Grand).

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