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Les
gens
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| Agassiz
(Louis Jean Rodolphe), l'un des plus éminents naturalistes du XIXe
siècle, né à Mottier, dans le canton de Fribourg (Suisse),
le 28 mai 1807, mort à Cambridge Ce fut son premier ouvrage et, grâce
à lui et à quelques autres sur les poissons Europe, il eut
bientôt la réputation d'un ichtyologiste distingué.
Reçu docteur en philosophie en 1829, docteur en médecine
en 1830, il fit cette même année un voyage à Vienne,
puis, en 1831, un autre à Paris En 1832, Agassiz fut appelé à
occuper à Neufchâtel une chaire d'histoire naturelle créée
pour lui. Il resta là jusqu'en 1846 et pendant toute cette période
de sa vie déploya une prodigieuse activité. Il fonda un musée
à Neufchâtel, y créa une Société des
sciences naturelles, fit de nombreuses excursions avec Desor,
Studer, Karl Vogt, etc., pour étudier les
glaciers, voyagea en 1834 en Angleterre, en 1835 en Écosse et en
Irlande. Il était entouré d'élèves avides de
s'instruire, de savants qui participaient à ses travaux, de dessinateurs
et d'artistes chargés d'exécuter les magnifiques planches
qui accompagnent ses ouvrages et ses mémoires. C'est pendant son
séjour à Neufchâtel qu'il publia ses remarquables travaux
sur les échinodermes En automne 1846, Agassiz fut envoyé
en mission en Amérique du Nord par le roi de Prusse En 1859, il obtint le grand prix de l'Institut de France, la croix d'officier de la Légion d'honneur et l'offre d'une chaire à Paris. Il refusa. En 1865, il dirigea une grande expédition scientifique en Amérique du Sud, au Brésil, destinée surtout à explorer le cours de l'Amazone; un riche négociant, Nathaniel Thayer, avait fourni les subsides nécessaires. Il fit des leçons sur les résultats de son voyage à Rio de Janeiro, et en publia la relation sous le titre : A Journey in Brazil (Boston, 1866); cet ouvrage eut six éditions en deux ans. Le livre intitulé Scientific results of a Journey in Brazil (Boston, 1870), se rapporte au même voyage. Malgré une attaque au cerveau en 1869, Agassiz reprit sa vie active; en 1871, il entreprit avec plusieurs savants un grand voyage maritime pour explorer les grandes profondeurs de l'océan Atlantique austral et du Pacifique. Peu après son retour, J. Anderson lui fit cadeau de l'île de Penikese pour y fonder une école d'été d'histoire naturelle, avec une somme annuelle pour subvenir aux frais. Agassiz se tua de fatigue dans l'organisation de cette oeuvre. Cet éminent savant, qu'on a parfois surnommé le Humboldt de l'Amérique, a exercé une influence énorme sur le développement des études d'histoire naturelle dans cette contrée, par ses remarquables travaux et ses théories sur le développement des sciences naturelles en général. Il était à la fois philosophe et naturaliste, et professeur hors ligne. Son ouvrage le plus important est celui sur les poissons fossiles cité plus haut, et qui fut rédigé principalement sur des matériaux fournis à Agassiz par Cuvier; à côté de cet ouvrage, il convient de citer sa Monographie des Poissons fossiles du vieux grès rouge, ou système dévonien des îles Britanniques (Soleure, 1844-1845, 41 pl.), fruit de ses voyages en Angleterre. C'est à Agassiz que revient d'avoir distingué chez les poissons quatre types d'écailles : ganoïdes, placoïdes, cycloïdes et cténoïdes, caractère qui devint la base d'une nouvelle classification; il reconnut cependant plus tard l'insuffisance d'une classification reposant uniquement sur la forme des écailles; mais un grand progrès était réalisé, la distinction des ganoïdes des autres poissons; ajoutons à cela une série de lois importantes, susceptibles d'être étendues par généralisation à tout le monde organique, lois qu'il a su tirer des comparaisons qu'il fut amené à établir. Outre les poissons, Agassiz s'est beaucoup occupé des échinodermes; un premier mémoire, Ueber die Échinodermen, parut dans l'Isis en 1834; - en 1839, il publia un essai anatomique admirable sur l'Astrophyton; - de 1838 à 1842 sa Monographie d'Échinodermes vivants et fossiles (Neufchâtel); - puis en 1846 et 1847 diverses notes dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences de Paris; - enfin, avec Edouard Desor, Catalogue raisonné des familles, des genres et des espèces de la classe des Echinodermes dans les Annales des sciences naturelles, 3e sér., t. VI, 1846, et t. VII et VIII, 1847. Plus tard parurent encore de lui plusieurs mémoires sur ce type d'animaux dans les recueils périodiques. Les mollusques l'ont également occupé;
ses ouvrages les plus importants sur ce sujet sont : Études critiques
sur les Mollusques fossiles; Neufchâtel, 1840-1845, 4 fasc.,
115 pl.; - Iconographie des coquilles Nous devons encore, dans le domaine de la zoologie, mentionner les suivants : Introduction to the study of natural history; New-York, 1847; - Lectures on comparative embryology; Boston, 1849 ; - Avec Gould : Principles of zoology; Boston, 1846; - Contributions to the natural history of the United States. Cet ouvrage devait comprendre 10 volumes; il n'en a paru que quatre; - Embryology of the Turtle; Boston, 1857, 2 vol., et Acalephae; Boston, 1860-1862, 2 vol. ; - Methods of study in natural history; Boston, 1863; - The structure of animal life; New-York, 1866. - Agassiz rédigea à partir de 1863 le Bulletin et l'Illustrated Catalogue of the museum of comparative zoology et commença, avec vingt-deux collaboratours, le Nomenclator zoologicus, qui a été continué après lui, ainsi que sa Bibliographie générale d'histoire naturelle. Il nous reste à envisager Agassiz comme géologue. La présence, dans le Jura, de nombreux blocs erratiques attira de bonne heure son attention; Charpentier avait expliqué leur présence par l'extension des glaciers jusque dans ces régions à des époques antérieures. Agassiz comprit toute la justesse de cette manière de voir. C'est en 1837 qu'il formula ses idées pour la première fois, dans son Discours d'ouverture sur l'ancienne extension des glaciers, devant la Société helvétique des sciences naturelles réunie à Neufchâtel et dont il avait été élu président. C'était un coup de foudre dans un ciel serein; les vieux géologues bondirent; malgré la résistance désespérée de Léopold de Buch, Agassiz fit triompher ses vues. Il continua ses explorations pendant huit
années consécutives. En été 1840, il s'établit
avec ses compagnons sur la moraine médiane du glacier de l'Aar,
n'ayant pour tout abri, pendant la nuit, qu'un gros bloc de gneiss; il
y revint les années suivantes, et y construisit en 1842 une hutte
en bois Enfin, Agassiz est l'auteur d'un ouvrage général, le chef-d'œuvre de sa maturité; d'après l'expression de ses biographes, l'Essay of classification, paru d'abord en tête de son premier volume des Contributions... dont il a été question plus haut; puis réimprimé le Londres en 1859 et traduit en français sous le titre de l'Espèce et les Classifications; Paris, 1869, 1 vol. in-8 de la Biblioth. de philos. contemporaine. Cet ouvrage renferme des vues ingénieuses sur la classification des animaux, mais a certainement exercé sur le développement de la zoologie une influence bien moindre que les ouvrages sur les Poissons et même ceux sur les Echinodermes. Partisan de la méthode et des idées de Cuvier, inspiré d'Oken et de la philosophie de la nature, adversaire déclaré de la théorie de l'évolution de Darwin, il admet les créations successives, les centres de création distincts, même pour les types humains, et arrive ainsi à défendre des thèses qui peuvent plaire à des théologiens; mais qui dès son époque s'avèrent déjà assez opposées aux idées admises. Pour comprendre les dérives auxquelles donnaient lieu ses conceptions, il suffit de rappeler qu'Agassiz, cet esprit par ailleurs si éclairé, était arrivé, grâce à sa théorie de l'origine multiple des races humaines, considérées comme descendant d'autant de couples créés, à proclamer l'infériorité de la race noire et à se prononcer en faveur de l'esclavage. On trouvera un dernier mémoire d'Agassiz sur ces questions, sous le titre d'Evolution et permanence du type dans la Revue scientifique, 2e sér., t. Vl, p. 916, 28 mars 1874. (Dr. L. Hn). |
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