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Aèdes,
c.-à-d. chantres (du grec aoidoi, de aeidein = chanter).
- Nom donné par les anciens Grecs
à leurs poètes de l'époque primitive, qui, dans les
grandes solennités, chantaient des hymnes,
des poésies mystiques, des cosmogonies,
des théogonies, composées par eux-mêmes. C'étaient
habituellement des prêtres, des prophètes, des chefs de cité,
des législateurs, des hommes en tout cas qui exerçaient sur
leurs contemporains une haute influence politique, morale et religieuse.
Les premiers aèdes, selon les traditions reçues en Grèce,
sortirent de la Piérie, de la Thessalie ,
de la Béotie
et de l'Attique .
Parmi eux, on cite la prophétesse Phémonoé, Olen,
qui passait pour être l'inventeur de l'hymne, Eumolpe, Philammon,
Thamyris, Linus, le prophète Mélampe, Pamphos d'Athènes ,
Amphion de Thèbes ,
et surtout les légendaires Orphée
et Musée.
Peu à peu les aèdes formèrent
une classe spéciale, qui offre quelques analogies avec nos poètes
errants du Moyen âge
: ils parcouraient les villes, les bourgades, les maisons des rois et des
principaux personnages, chantant des morceaux poétiques sur les
dieux,
sur les héros, sur les grands événements
politiques ou militaires; partout ils étaient reçus avec
bienveillance et même avec vénération. Les chantres
les plus célèbres de cette nouvelle période sont Démodocus
et Phémius, dont
Homère, qui fut
lui-même le plus sublime de tous ces chantres, parle avec éloges
dans l'Odyssée .
II est probable que les chants des anciens
aèdes furent les premiers rudiments de l'épopée héroïque,
qui, vers le IXe ou le Xe
siècle av. J.-C., offrit deux modèles parfaits dans, les
deux grandes compositions d'Homère.
A mesure que le nombre des aèdes
s'accroissait, des écoles de chant, c.-a-d. de poésie, se
formaient, principalement en Ionie ;
et c'est de leur sein que durent sortir et Homère
et les poètes cycliques, et les
chantres restés célèbres sous le nom de rapsodes :
ceux-ci finirent par chanter les oeuvres d'autrui plutôt que leurs
propres compositions, et c'est à eux que l'on est redevable de la
conservation des poèmes homériques. |
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