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Vendredi.
- Les Anciens ne furent pas seuls à distinguer des jours
néfastes; la superstition qui,
sans doute en souvenir de la Passion, attribue à notre vendredi
une influence funeste, n'est pas à la veille de disparaître.
Tel qui se pique de n'être pas croyant n'a pas su pourtant se dégager
de ce préjugé sous l'empire duquel, qu'il s'en défende
ou non, il remet volontiers au samedi ce qu'il devait faire la veille.
Si le vendredi, par surcroît, tombe un treize du mois ce vendredi
treize passe à double titre pour un jour à redouter.
Nous n'allons pas, sans doute, comme les
Romains, jusqu'à la fermeture des tribunaux et à la suspension
officielle des affaires, mais on notait encore au début du XXe
siècle que celles-ci baissaient sensiblement le vendredi; il est
connu, par exemple, que la recette des omnibus de Paris
diminuait d'un quart les vendredis ordinaires, et de près de moitié
les vendredis treize. Au début du XXIe siècle, il n'y a plus
d'omnibus, mais on joue volontiers divers jeux de hasard...
Ce préjugé n'a pas été
sans influence sur quelques événements historiques; les Grandes
Chroniques de Saint-Denis
nous apprennent qu'en 1339 une bataille fut ajournée au lendemain,
parce que les Français refusèrent d'engager un vendredi la
lutte avec les Anglais, et, d'après l'ancienne coutume de Normandie,
il était interdit de soumettre ce jour-là les accusés
au duel judiciaire ou aux épreuves de l'eau et du feu. |
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