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| Vaughan
(Diana), personnage mythique, héroïne d'une mystification célèbre.
Lorsque Léo Taxil, après avoir dirigé une librairie
anticléricale, feignit de se convertir pour exploiter le champ plus
fructueux de la crédulité catholique, l'encyclique Humanum
genus contre la franc-maçonnerie Sur ce thème, Taxil broda ce qui suit le Palladium avait été fondé le ,jour où les troupes italiennes entrèrent à Rome et mirent fin au pouvoir temporel de la papauté (20 septembre 1870); c'était là que Satan, le Dieu des maçons, s'exhibait sans voiles aux chefs de la secte ; un des principaux palladistes, nommé Vaughan, qui descendait d'un certain Thomas Vaughan, chef des Rose-Croix, et de Vénus-Astarté, avait initié sa fille, miss Diana, aux secrets du palladisme; le jour de ses vingt-cinq ans, le 8 avril 1889, cette fille s'était fiancée au puissant démon-Asmodée, qui avait ordonné de la sacrer grande prêtresse: mais il y avait déjà une autre grande prêtresse, Sophia Walder, dont l'arrière-petite-fille doit, d'après les Maçons, donner le jour à l'Antéchrist en 1962; une rivalité ayant éclaté entre Sophia et Diana, celle-ci fut vaincue, parce qu'elle refusa de cracher sur une hostie et de la percer avec un poignard; elle organisa alors une secte dissidente, dite le « palladium régénéré ». Le 21 mars 1895, Taxil lança le premier numéro d'un périodique, intitulé le Palladium régénéré et libre. Directrice, Miss Diana Vaughan, qui contenait l'exposé du culte de Lucifer, de soi-disant révélations mystérieuses, et des blasphèmes sur la sainte Vierge et sur Jésus, de nature à exciter l'horreur des fidèles catholiques. Puis, le publie ainsi alléché, en juin, le journal cessa de paraître et fut remplacé par un autre : Miss Diana Vaughan. Mémoires d'une ex-palladiste. Miss Diana y annonçait sa conversion au catholicisme et (comme jadis Taxil lui-même) son intention de consacrer sa vie à la réparation de ses erreurs. Sa conversion avait été hâtée, disait-elle, par le fait suivant : un jour (le 6 juin) que Diana conversait avec Belzébuth, Astaroth, Moloch et Asmodée, elle les avait mis en fureur en refusant d'insulter la Vierge Marie ; pour se défendre contre eux, elle avait invoqué le secours de Jeanne d'Arc, et les démons, prenant une forme hideuse, s'étaient enfuis. Miss Diana, menacée par les palladistes que sa conduite avait exaspérés, était obligée de se condamner pour le moment à une réclusion rioureuse, dans un endroit connu seulement de quelques amis, mais elle publierait néanmoins tous les mois, par tranches, son autobiographie. Les Mémoires parurent, en effet, pendant plusieurs mois et furent accueillis avec enthousiasme dans toute la catholicité; on les traduisit aussitôt en plusieurs langues. Les imaginations les plus fantastiques et les plus burlesques, que Taxil et ses collaborateurs y accumulèrent avec une impudence extraordinaire, ne se trouvèrent pas assez fortes pour éveiller le sens critique du public spécial auquel ils s'adressaient le cardinal-vicaire Parocchi écrivit à Diana pour la féliciter de sa conversion, « triomphe magnifique de la Grâce », et de l'intérêt que présentent ses Mémoires; Mgr Vicenzo Sardi, secrétaire apostolique, écrivait que si la Providence avait permis que Diana fit partie de la secte infâme, n'était visiblement pour lui donner les moyens de l'écraser; en septembre1896, la Civittà cattolica, organe des Jésuites romains, parla de miss Diana Vaughan, "appelée des ténèbres à la lumière de Dieu, employant son expérience au service de l'Église, infatigable dans ses précieuses publications que rien n'égale en exactitude et en utilité".Cependant, le bruit commençait à courir que miss Diana Vaughan n'existait pas. Le congrès anti-maçonnique international de Trente, où siégèrent trente-six évêques et les délégués de cinquante autres, béni par Léon XIII, se divisa sur cette question ; l'immense majorité acclama Taxil, mais quelques membres (Allemands) demandèrent des détails sur Diana : «les noms de son parrain, sa marraine et de l'évêque qui avait autorisé sa première communion»; une commission d'enquête fut nommée. La plaisanterie touchait à sa fin. Cependant des paladins se présentaient encore pour défendre Diana contre l'incrédulité montante : le 16 octobre 1896, un des secrétaires du cardinal Parocchi écrivit à l'illustre jeune fille « pour la fortifier contre la tempête de calomniés qui ne craignaient pas de mettre en doute jusqu'à son existence »;l'évêque de Grenoble Pendant quelque temps, un certain nombre de personnes ne voulurent pas consentir à s'avouer mystifiées, et prétendirent que Taxil avait vendu Diana aux palladistes, pour une somme colossale; mais cette hypothèse ne trouva pas de créance. (L.).
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