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Le Saint-Suaire. - Dans le sens très spécial qu'il a reçu en l'histoire de l'imagerie' catholique, ce nom désigne un linge portant l'empreinte de la figure de Jésus-Christ. Suivant le mythe le plus répandu et la plus vénéré sur l'origine de cette empreinte, une pieuse femme de Jérusalem, nommée Véronique, détacha le linge qui enveloppait sa tête et l'offrit à Jésus, que l'on conduisait à Golgotha. Jésus s'en servit, pour essuyer la sueur et le sang dont son visage était couvert. Lorsqu'il le rendit, l'image de sa face, son véritable portrait, y était imprimé. Tibère, devenu lépreux, ayant entendu parler des miracles opéré par la relique, fit appeler Véronique à Rome. Guéri par elle, il lui accorda la destitution et l'exil de Ponce Pilate. Ensuite, la sainte se retira dans la Gaule, on elle vécut comme une carmélite et mourut en l'an 75. Diverses églises, à Rome, à Milan, à Jaen en Espagne, et dans d'autres lieux, possèdent, en tissus fort différents, un linge présenté comme celui dont il est question ici. Pour le distinguer des autres suaires, on lui donne parfois le nom de sainte face. Le premier document où il en est parlé est un cérémonial dressé en 1143, par Benoît, chanoine de Saint-Pierre de Rome. Mabillon l'a publié dans son Musaeum Italicum, t. II, p. 122.

D'autres saints suaires proviennent de la multiplication du suaire qui couvrait la tête de Jésus en son sépulcre (Saint Jean, XX. 7), et qui avait reçu l'empreinte de son visage après l'ensevelissement. On en trouve en plusieurs églises : à Cologne, à Besançon, à Turin, à Brioude, etc. Le bénédictin Longelli a fait l'Histoire du Saint-Suaire de Compiègne (Paris, 1684, in-12), donné à l'abbaye de Saint-Corneille par Charles le Chauve. Papebroch et Mabillon font dériver le nom de Véronique de la combinaison d'un mot latin et d'un mot grec verum Eikôn, véritable image, véritable icône.
Ce nom (et celui de Bérénice) fut aussi donné par la légende à la femme affligée d'une perte de sang, qui fut guérie en touchant les vêtements de Jésus (Saint Matth., IX, 20; cf. Eusèbe, Hist. ecclés., VII, 18), Elle devint une sainte, dont la fête est célébrée le 12 juillet. Il y a dans cette légende une image; mais cette image est une statue de bronze représentant Jésus-Christ. (E.-H. Vollet).

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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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