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Le sikhisme
Les Sikhs
Le Sikhisme ou religion des Sikhs a été fondé par le gourou Nanak ou Nanek Shah (né en 1469). Le sikhisme, qui comprendrait aujourd'hui autour de 23 millions d'adeptes,  croit en un Dieu créateur non-anthropomorphe, suprême et éternel. Une vie de dévotion envers Dieu est considérée comme le moyen d'échapper au cycle des renaissances. 

Les Sikhs suivent les enseignements de Nanak et de neuf gourous ultérieurs. Leurs textes, les Guru Granth Sahib - aussi connus sous le nom d'Adi Granth - sont considérés comme des guides; ils sont l'autorité finale de la foi sikh et sa théologie

Le Sikhisme souligne l'égalité de l'humanité et condamne les discriminations liées à la caste, à la classe, ou  fondée sur le sexe.

L'histoire des Sikhs.
Les Sikhs sont ainsi nommés du mot sanscrit- sikhya, qui signifie disciple. C'est une agrégation d'unitaires qui reconnaissent pour fondateur Nanak-Shah réformateur du XVe siècle; ils se sont formés en corps de nation et se sont rendus redoutables aux Musulmans puis aux Anglais, à l'époque de l'Empire des Indes.

Nanak-Schah, né dans le voisinage de Lahore, en 1469, voulant mettre un terme aux guerres sanglantes que les Musulmans livraient sans cesse à ses compatriotes, entreprit de réconcilier les Védas et le Coran, en montrant que sa nation ne reconnaissait qu'un Dieu unique, et en engageant les Hindous à renoncer à l'idolâtrie qui s'était introduite parmi eux, et à retourner au culte plus pur de leurs ancêtres. L'événement toutefois ne répondit pas à ses vues; car, loin de rapprocher les deux partis, il contribua à en constituer un troisième, que la persécution et le fanatisme conduisirent à se faire lui-même agresseur.

La doctrine de Nanak est fondée sur le déisme pur. Il enseignait qu'il n'y avait qu'un seul Dieu, invisible, infini, tout-puissant et souverainement bon, acceptant les hommages des humains, sous quelque forme qu'ils lui fussent offerts; et, par une conséquence naturelle, il prescrivait la tolérance pour toutes les religions. Les cérémonies du culte établies par lui étaient de la plus grande simplicité; et il plaçait l'exercice de la morale au-dessus de l'observation des pratiques pieuses. 

« Celui-là seul, disait-il, est bon sectateur de Brahmâ ou de Mahomet, qui observe la justice, et dont la vie est irréprochable. » 
Il se constitua grand pontife de la nouvelle religion, et mourut à Kirthipour-Dehra, village situé sur les bords du Ravi, et qui est devenu fort célèbre par le grand nombre de pèlerins qui viennent honorer ses reliques.

Bien qu'il eût deux enfants, il les jugea indignes de continuer sa mission, et il désigna, Pour la continuer, Gourou Angad, Kshatriya, initié dans les mystères de sa doctrine; celui-ci ne se borna pas à prêcher les maximes de son prédécesseur, il en remplit quelques lacunes par de nouveaux chapitres qu'il écrivit sur l'Adi-Granth, livre sacré des Sikhs, composé par Nanak; il mourut en 1552. Après lui, Améra-Das, autre Kshatriya, eut le pouvoir temporel; mais une partie des Sikhs se séparèrent de lui et s'attachèrent à Dharmatchand, petit-fils-de Nanek; ce sont ceux qu'on appelle. Oudasis, c'est-à-dire étrangers aux soucis temporels, et Nirmalas, gens qui ont renoncé au sol et au péché. Le quatrième gourou fut Ram-Das; fils d'Améra-Das; il s'appliqua à étendre et à embellir Tchak, sa capitale, et fit construire auprès du principal temple un immense réservoir, qu'il appela Amrit-sir (ou Amritsar), fontaine d'ambroisie ou d'immortalité; c'est sous ce vocable qu'est maintenant connue la ville de Tchak. Ram-Das mourut en 1581 ; il fut remplacé par son fils Ardjoun-Mal (Arjan, né en 1563 ) qui se rendit fameux par la construction du Temple d'Or (Harmandir Sahib) et  la compilation de l'Adi-Granth, qui jusqu'alors était sans doute resté incomplet et sans ordre; par là il donna à la religion des Sikhs une forme plus positive. Il mourut en 1606. 
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Temple d'Or d'Amritsar
Le Temple d'or d'Amritsar.

Vint ensuite Har-Govind, le premier gourou guerrier; il passe pour avoir le premier permis aux Sikhs de manger de la chair des animaux, à l'exception de celle de vache. Il mourut en 1644. Har-Raé, Har Krishna et Tegh-Behadar lui succédèrent; enfin Gourou-Govind (Govinda) hérita de la suprême puissance. Celui-ci donna une nouvelle forme au gouvernement des Sikhs, et en fit une bande de féroces soldats; il changea leur nom en celui de Singh, qui signifie lion. Il voulut que ses soldats fussent constamment bardés de fer, qu'ils laissassent croître leurs cheveux et leur barbe, et qu'ils s'abstinssent de l'usage du tabac, qui enivre et qui énerve. Il abolit toutes les distinctions de castes, et proclama l'égalité des droits civils. Il défendit aux femmes de se brûler sur le bûcher de leurs maris, et introduisit dans le dogme et dans les pratiques de la secte d'autres innovations encore, qu'il consigna dans un second livre sacré, intitulé : Dasama Padscha ka Granth, le livre du dixième Gourou. Enfin il institua l'ordre des Akalis - ou immortels, corps nombreux de guerriers religieux chargés de tout ce qui concerne le culte. Après plusieurs escarmouches avec les Musulmans, sous le règne d'Aureng-Zeb, Gourou-Govind. fut chassé de Lahore, et l'on croit qu'il mourut en 1708, à Naded, dans le Deccan. Les Sikhs considèrent Nanek comme le fondateur de leur religion, mais ils révèrent Gourou-Govind comme l'auteur de leur grandeur temporelle et de leur indépendance politique.  Il fut le dernier gourou ou directeur religieux reconnu par les Sikhs.

Depuis sa mort, la lutte entre les Sikhs et les Musulmans prit un caractère encore plus cruel et plus fanatique. Les combats que se livraient les deux partis étaient de véritables massacres; et lorsqu'ils cessaient enfin, il ne restait sur le champ de bataille que les vainqueurs et les cadavres des vaincus.  Longtemps l'avantage demeura aux Musulmans; et les débris des Sikhs furent soumis au joug d'une affreuse tyrannie. Employés aux plus rudes travaux, en butte à tous les outrages, ils avaient encore à subir d'horribles tortures, qui leur étaient infligées pour les déterminer à abjurer leur croyances et à embrasser l'Islam. Une telle oppression était insupportable; les Sikhs firent, pour s'y soustraire, une tentative désespérée. 

A la voix d'un des leurs; appelé Ardjan, ils levèrent l'étendard de la révolte. Fait prisonnier dans une rencontre par le soubab de Lahore, Ardjan périt dans les supplices en 1806. Mais cet événement, loin d'abattre le courage des Sikhs, lui imprima au contraire une plus grande énergie. Animés par le désir de la vengeance, les révoltés redoublèrent d'efforts, s'emparèrent du Lahore, et conquirent une indépendance réelle. Les Musulmans, à leur tour, eurent à supporter de terribles représailles, et, de maîtres qu'ils étaient, sont devenus esclaves. Les Sikhs formèrent alors une république fédérative, dont chaque district était soumis à l'autorité d'un Akali. Dans certaines occasions, ces religieux guerriers convoquaient une assemblée nationale pour délibérer sur les intérêts communs. La confédération comprenait le Lahore, le Cachemire, l'Afghanistan, le Multan; mais Ranjit Singh (1780-1839), chef de la confédération, réussit à ranger tous ces chefs turbulents sous ses ordres; il s'entoura d'officiers français pour former ses troupes à la manière européenne, et il prit le titre de Maha-Radja ( = roi suprême). 

L'Etat sikh, tombé dans l'anarchie après la mort de Ranjit Singh, fut finalement annexé par les Britanniques en 1849. Au moment de l'indépendance de l'Inde, en 1947, les Sikhs se voient refuser la possibilité de former un Etat propre, parmi les autres Etats de l'Union Indienne. Il s'ensuivra diverses formes d'opposition, les unes non-violentes telles que celle de Jarnail Singh Bhindranwale, à la tête du mouvement indépendantiste Bhindran-Mehta Jatha (deven en 1977 le Damdami Taksal), les autres prônant la lutte armée, surtout après que  le premier ministre indien Indira Gandhi, en Juin 1984, ait ordonné à l'armée indienne pour lancer l'opération Blue Star afin d'évacuer les Sikhs des temples qu'ils occupaient. Bhindranwale, et un grand nombre de pèlerins innocents furent tués pendant les opérations de l'armée. En représailles, Indira Gandhi fut assassinée par deux de ses gardes du corps sikhs, au mois d'octobre suivant. Un assassinat qui provoqua des émeutes anti-Sikhs donnant lieu à des massacres au Pendjab.

Après les élections indiennes de 2004, le Dr Manmohan Singh est devenu le premier Sikh à occuper le poste de premier ministre de l'Inde.

Le Sikhisme.
Les Sikhs, comme nous l'avons dit, professent l'unité de Dieu; et, en conséquence, ils n'adorent pas les images; cependant ils admettent l'existence de Brahma, de Vishnou et de Shiva, et les mythes relatifs à ces personnifications de la divinité, principalement celles qui ont Vishnou pour objet, constituent leur littérature favorite. Les Govind-Sinhis, disciples particuliers de Gourou-Govind, ajoutent foi à la mythologie hindoue; ils admettent comme  vraies les légendes des Puranas, et ils semblent préférer celles de la secte de Shiva, parce qu'elles sont plus en harmonie avec leur culture fière et martiale par les valeurs qu'elle promeut. On dit même que Gourou-Govind reçut de la déesse Bhavani, dont il était un adorateur assidu, l'ordre de délier ses cheveux et de tirer le glaive.

Les pratiques religieuses des Sikhs sont fort simples; ils se bornent habituellement à réciter de courtes prières, et, dans quelques rares occasions, ils mangent en commun un gâteau bénit. Contrairement à l'usage des Hindous, ils cherchent à faire des prosélytes. Ils ont une espèce d'initiation à laquelle ils soumettent les adultes et tout individu qui embrasse leur religion. Cette cérémonie s'appelle Pahal; elle se fait de la manière suivante : on recommande d'abord au prosélyte de laisser croître ses cheveux et sa barbe, puis on lui fait mettre un vêtement bleu; on lui présente un sabre, un fusil, un arc, une flèche et une lance; celui qui l'initie prononce alors ces mots : 

« Le Gourou est ton maître, et tu es son disciple. »
 Ensuite on remplit une coupe d'eau, on y met du sucre, en remuant Ie boisson avec un poignard, et en récitant cinq versets du code sacré, dont voici le premier :
« J'ai bien voyagé, j'ai vu bien des dévots, des Yogis et des Kotis, hommes saints et livrés aux austérités, hommes ravis, en contemplation de la divinité par leurs pratiques et leurs pieuses coutumes; chaque contre, je l'ai traversée, mais je n'ai vu nulle part la vérité divine; sans la grâce de Dieu, ami, le sort de l'homme n'a pas le moindre prix. » 
Les autres versets expriment la même idée; entre chacun d'eux on répète la formule :
« Succès au Gourou! victoire au Gourou! » et l'initiateur s'écrie « Cette boisson est le nectar, c'est l'eau de la vie, bois-la. » 
Le disciple vide la coupe, et se laisse asperger par la boisson préparée de la même manière; enfin on demande à l'initié s'il veut faire partie de la communauté sikhe, veiller constamment à la prospérité de l'Etat, supporter pour lui tous les sacrifices, contribuer à la grandeur de la ville d'Amritsar, et lire tous les jours dans le code sacré de Nanek et de Govind. Pour naturaliser un prosélyte, il faut cinq Sikhs; car Gourou-Govind a dit que son esprit sera présent partout où seront réunis cinq Sikhs.

Le voyageur anglais Burnes, lors de son passage à Amritsar, eut l'occasion de visiter le temple Temple d'Or (Harmandir Sahib) et d'assister à la célébration des cérémonies religieuses des Sikhs. Il y avait dans ce temple, qui était de grande proportion et revêtu d'or, une sorte d'autel décoré d'un morceau d'étoffe. Près de là se tenait un Akali coiffé d'un turban bleu terminé en pointe; autour de cette pointe étaient des cercles de fer, dont les prêtres sikhs se servent au besoin en guise de projectiles, et qu'ils lancent comme des disques. Devant lui, l'officiant avait l'Adi-Granth, qu'il éventait avec un tchaunri, ou queue de vache du Tibet, pour en écarter toute impureté et pour lui rendre honneur. Bientôt il l'ouvrit en poussant le cri de guerre des Sikhs : Wah Gourou-ka fateh = victoire au Gourou! Ensuite il le toucha du front, et tous les fidèles se prosternèrent. Ce préliminaire accompli, un Sikh se leva et s'adressa à l'assemblée. ll invoqua d'abord Gourou-Govind-Singh, et chacun joignit les mains; puis, après avoir proclamé que tous les biens dont les Sikhs jouissent sur la terre, ils les doivent â la bonté de Govind, il annonça que les étrangers avaient offert à Dieu, c'est-à-dire aux prêtres, 250 roupies. L'argent fut alors placé sur le Granth, et ce cri :  « Puisse la religion des Sikhs prospérer! » poussé par tous les assistants, suivit le discours de l'orateur. L'Akali lut, en terminant, quelques passages du livre sacré, et en expliqua le sens. Il dit, entre autres choses :

« Vous avez tous péché, cherchez donc à vous purifier tous; craignez, si vous négligez cette utile précaution, que le mauvais génie ne fasse de vous sa proie. » 
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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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