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Le siècle des anniversaires
Le XIXe siècle a instauré une culture de la commémoration qui a des causes diverses selon les pays, et qui en France, plonge ses racines dans la Révolution de 1789. Dès la révolution, d'ailleurs, la célébration des anniversaires a pris l'allure d'une religion et la complication d'un culte. L'élan est donné de telle façon, les moeurs sont tellement pénétrées de l'idée nouvelle, que les fêtes se prolongent rnême hors de la période républicaine; sous l'Empire la Révolution est encore officiellement honorée par le pouvoir qui se croyait forcé de rendre, sur les pièces de monnaie, un hommage double, à la personne impériale et au mot de République. Mais les premières manifestations furent les plus éclatantes et les plus mouvementées. Ordinairement préparées par le génie pompeux et le goût romain de David, elles se déployaient librement sur les places publiques, se localisaient dans les sections, étaient enregistrées dans les assemblées délibérantes. Un tel désir de joie triomphale, un tel besoin d'affirmation, s'emparèrent du peuple d'alors que bientôt les dates initiales ne suffirent plus, les événements moindres furent recherchés, les anniversaires foisonnèrent, se multiplièrent à l'infini. Il est nécessaire de les classer et de les énumérer complètement et rapidement. 

Le 14 juillet 1789 est la date célébrée le plus régulièrement. On sait la grandeur et l'éclat de la première manifestation, dite fête de la Fédération, qui eut lieu le 14 juillet 1790. Les gravures et les écrits du temps ont transmis l'aspect et l'écho de ce grand mouvement populaire. L'anniversaire ne fut pas seulement célébré à Paris; les archives provinciales racontent le même enthousiasme; des brochures relatent ce qui s'est passé à Montauban, à Négrepelisse, à Melun. Il y eut même un lendemain et des surlendemains. Le 15 juillet, une fête eut lieu autour de la statue de Henri IV, un Te deum fut chanté place Dauphine, un bouquet fut offert au roi Henri IV par La Fayette, au nom des gardes nationales, il y eut des illuminations. Le 17 juillet, on se réunit de nouveau sur les débris de la Bastille, puis au Champ-de-Mars, puis au «-Réverbère régénérateur » de la place de la Grève, où un corbillard en forme de tombeau devait porter « les cendres de tous les aristocrates », destinées à être recouverts d'un marbre noir portant ces mots  : « Ci-gisent à la fois tous les maux de la France, clergé, judicature, noblesse et finance ». Des comédies furent jouées, parmi lesquelles on peut citer : « La famille patriote, ou la Fédération, pièce nationale en deux actes et en prose, suivie d'un divertissement, représentée à Paris, sur le théâtre de Monsieur, le 17 juillet 1790, par M. Collot d'Herbois ». En 1791, une messe est dite pour l'anniversaire de la Confédération; le latin de la religion associe, dans la même prière, le roi et l'assemblée. Le 14 juillet 1792, le roi prête serment à la nation sur un autel du Champ-de-Mars; avant la fête, le matin, on a posé, sur l'emplacement de la Bastille, la première pierre d'une colonne de la Liberté, dont le plan a été fourni par le patriote Palloy; tous les matériaux, tous les outils, proviennent des débris, des ferrures, des chaînes, des arbres de l'ancienne forteresse; des titres féodaux sont brûlés et leurs cendres mêlées au ciment; Talleyrand, Fauchet, font partie de la députation de l'Assemblée qui assiste à la cérémonie; le roi, invité, n'étant pas venu, on efface de l'inscription ces mots : En présence de Louis XVI. La date est aussi fêtée à Bourg-la-Reine. Les années qui suivent, l'ordonnance des cortèges et le progamme des réjouissances changent peu; il y a des salves, des évolutions militaires, des départs de ballon, des choeurs du Conservatoire, des illuminations ; quelques détails seulement sont à noter. Le 14 juillet 1794, apparition d'un chant républicain de Lebrun, musique de Catel : La bataille de Fleuras. Le 14 juillet 1798, discours de M. -J. Chénier, président du conseil des Cinq-Cents, et de Marbot (de la Corrèze), président du conseil des Anciens. Le 14 juillet 1799, discours de Genissieu, président du conseil des Cinq-Cents, et de Baudin, président du conseil des Anciens. Le 14 juillet 1800, c'est Bonaparte qui pose la première pierre d'une colonne commémorative, et c'est M. J. Chenier qui rime un hymne : Le Chant du 14 juillet. Le 14 juillet 1803, un arc triomphal est bâti sur un rocher de la Renommée, haut de trente pieds. Le 14 juillet 1804, le nouvel empereur honore l'événement révolutionnaire en recevante serment des grands officiers de la Légion d'honneur, en nommant les grands officiers du palais, l'intendant général, le premier chambellan, les neutres de cérémonie, le premier médecin.

Le 10 août 1792 est encore un anniversaire très solennisé par la Révolution. Le 10 août 1793, la constitution de la République est inaugurée; un cortège, conçu par David, fait station à la Bastille, sous un arc élevé boulevard Poissonnière, place de la Révolution, esplanade des Invalides, au Champ-de-Mars; le président de la Convention, Hérault-Séchelles, prononce jusqu'à six discours; une pantomime est représentée qui raconte aux yeux le bombardement de Lille; place de la Bastille est dressée la fontaine monumentale de la Régénération, où vont boire des vieillards qui représentent des départements. Le 10 août 1793, fête remarquée à Aubignan (Vaucluse). Le 10 août 1793, discours de Daunou, président de la Convention nationale. Le 10 août 1798, discours de Laveaux, président du conseil des Anciens, et de Lecomte-Puyraveau, président du conseil des Cinq-Cents; à Nantes, discours du citoyen Peccot, commissaire du pouvoir exécutif. Le 10 août 1799, discours de Quirot, président du conseil des Cinq-Cents, et de Dubois-Dubais, président du conseil des Anciens.

Le 22 septembre 1792 reste longtemps aussi dans les souvenirs populaires et dans les habitudes officielles. Le 22 septembre 1796, le Directoire donne une fête mythologique et astronomique; au milieu du cirque du Champ-de-Mars est élevé un segment du Zodiaque, surmonté du signe de la balance, correspondant au mois de septembre; Apollon défie, entouré des Heures, suivi des Saisons; les Directeurs président des courses de chars, des courses à cheval, des courses à pied ; le soir, est tiré un feu d'artifice. Le 22 septembre 1797, la fête a surtout lieu aux Invalides; il y a un discours de Lamarque, président du conseil des Cinq-Cents, et de Laloi, président du conseil des Anciens. Le 22 septembre 1798, foire au Champ-de-Mars, joutes sur l'eau, luttes, ballons, courses, danses, fusées, discours de Daunou, président du conseil des Cinq-Cents. Le 23 septembre 1799, discours de Boulay (de la Meurthe), président du conseil des Cinq-Cents, et de Cornet, président du conseil des Anciens. Le 23 septembre 1800, discours de Lucien Bonaparte, ministre de l'intérieur. En 1801 et en 1802, cérémonies ordinaires.

Le 21 janvier 1793 est rappelé tous les ans par des discours apologétiques et par des réjouissances publiques. Le 21 janvier 1794, une représentation gratuite est donnée à l'Opéra-National « en réjouissance de la mort du tyran », disent les affiches; on joue Miltiade à Marathon, le Siège de Thionville, l'Offrande à la Liberté. Le 21 janvier 1796, une figure colossale de la Liberté, assise sur un cube, emblème de la nature, est érigée au champ de la Fédération; quatorze écussons portent les noms des quatorze armées de la République victorieuse; quatorze cassolettes fument; partout, des cornes d'abondance, des candélabres, des feux; le président du Directoire prononce un discours; le Conservatoire entonne des chants civiques. Le 21 janvier 1797, discours de Riou (du Finistère), président du conseil des Cinq-Cents. Le 21 janvier 1798, discours de Rousseau, président du conseil des Anciens; à Bordeaux, discours de Duplantier, président de l'administration centrale du département de la Gironde. Le 21 janvier 1799, à Bordeaux, discours de Lahary, commissaire du pouvoir exécutif; discours dans le temple décadaire de la commune de Maestricht par le citoyen L. S. Chenard, président de l'administration centrale du département de la Meuse-Inférieure. Il faut encore citer pour mémoire que l'encombrant patriote Palloy invite, une année, les membres du Directoire et les ministres à manger solennellement une tête de cochon farcie. 

L'anniversaire de la mort de Louis XVI fut aussi célébré par les royalistes. En janvier 1886, l'office habituel eut encore lieu à la Chapelle-Expiatoire.

Le neuf thermidor fut honoré comme le 21 janvier. Le 27 juillet 1797 (9 thermidor an V), discours de Dumolard, président du conseil des Anciens. Le 28 juillet 1798 (10 thermidor an VI), une marche triomphale va du Jardin des Plantes au Champ-de-Mars; des « animaux rares » prennent place dans le cortège, des lions, des ours, des dromadaires; des tableaux et des statues entrent aussi dans cette figuration invraisemblable: on peut voir, sur des chars, la Transfiguration de Raphaël et l'Apollon du Belvédère. Le 27 juillet 1799 (9 thermidor an VII), discours de Quirot, président du conseil des Cinq-Cents; à Nantes, discours du citoyen Gainche, orateur désigné par le jury des fêtes nationales. Le 27 juillet 1810, c'est le citoyen Guinche fils qui parle à son tour. Le 18 fructidor est glorifié, le 4 septembre 1798, à Paris, par une exposition des tentures des Gobelins dans le Champ-de-Mars et par un discours de Daunou, président du conseil des Cinq-Cents; à Lille, par un discours du citoyen Drapiez, président de l'administration municipale. 

D'autres dates encore ont laissé des traces.  Le 4 août 1790, un an après la fameuse séance d'abandon des privilèges, dans chaque ville est élevé un temple avec une statue à Louis XVI; vingt tableaux représentent les douze cents députés coopérateurs; les enfants reçoivent le baptême patriotique; cent jeunes filles sont mariées. Le 4 août 1810, on continuait à se réjouir dans une fête nationale. L'anniversaire du serment du Jeu de Paume est marqué civiquement, le 20 juin 1790, par une fête au bois de Boulogne, organisée par la Société du serment du Jeu de Paume. 

On trouve aussi des fêtes, joyeuses ou funèbres, le 3 mai 1791, en mémoire de l'incendie des barrières de Paris (3 mai 1789), - le 4 février 1799, en mémoire de l'affranchissement des Noirs, - en mémoire de la journée du 31 mai 1793, - en mémoire de l'évacuation entière du territoire de la République, 3 et 7 vendémiaire an III (24 et 28 septembre 1794), - en mémoire des ministres français assassinés à Rastadt le 28 avril 1799, - et même le 20 nivôse an VI (9 janvier 1798), voici qu'il est question d'une fête annuelle de la Théophilanthropie, avec discours dans plusieurs temples du département de la Seine par J. F. Dubroca.

On a vu que, sous le premier empire, nombre de fêtes révolutionnaires s'étaient maintenues. Il reste à relater la fête dite fête de l'Empereur, qui avait lieu, tous les ans, le 15 août, jour anniversaire de la naissance de Bonaparte, et qui fut conservée par le gouvernement de Napoléon III. On a souvent remarqué que Napoléon Ier avait célébré l'anniversaire de son couronnement par le gain de la bataille d'Austerlitz. Et depuis, tout le long du XIXe siècle, ces coutumes commémoratives ont subsisté, quoiqu'on n'ait guère revu les régulières assemblées des temps révolutionnaires. Les citations des dates caractéristiques achèveront cette revue des célébrations d'anniversaires historiques, politiques, philosophiques, littéraires et artistiques. 

Les journées de juillet sont rappelées pendant le règne de Louis-Philippe; le 29 juillet 1810, une grande fête funèbre est donnée en l'honneur des morts de 1830; le cortège salue la colonne nouvellement érigée sur la place de la Bastille : Berlioz, chargé de l'organisation musicale, fait exécuter sa Symphonie funèbre et triomphale par un orchestre d'instruments à vent, deux cents musiciens militaires dirigés par le compositeur. En 1844, à la même date, autre festival : Berlioz, dans la salle de l'Exposition de l'industrie, fait exécuter par neuf cent cinquante musiciens l'Hymne à la France; illumination des Champs-Elysées, églises en deuil, distribution d'aumônes; une catastrophe est à déplorer place de la Concorde où une poussée de la foule occasionne des morts et des blessures. Les réjouissances oficielles de juillet sont supprimées en 1842 et en 1843, à cause de la mort récente du duc d'Orléans. La République de 1848 fait aussi célébrer un service funèbre pour les combattants de 1830, le 28 juillet 1848; il y a des illuminations aux Champs-Elysées. 

La délivrance d'Orléans par Jeanne d'Arc est célébrée en 1843, le 8 mai, par l'inauguration de la statue du sculpteur Gois, sur la place du Martroi, et en 1855, par l'inauguration de la statue du sculpteur Foyatier et un discours de l'évêque Dupanloup. Il est intéressant de rappeler que cette fête de la Pucelle avait été rétablie le 8 mai 1803, par Bonaparte, sur un rapport de Chaptal, ministre de intérieur; le premier consul avait ainsi apostillé la délibération du conseil municipal d'Orléans : 

« Ecrire au maire d'Orléans, M. Crignon-Desormeaux, que cette délibération m'est très agréable. L'illustre Jeanne d'Arc a prouvé qu'il n'est pas de miracle que le génie français ne puisse produire, dans les circonstances où l'indépendance française est menacée. Unie, la nation française n'a jamais été vaincue ; mais nos voisins, plus calculateurs et plus adroits, abusant de la franchise et de la loyauté de notre caractère, semèrent constamment parmi nous ces dissensions d'où naquirent les calamités de cette époque et tous les désastres que rappelle notre histoire. » 
La mort du duc d'Orléans est l'objet de vers d'Alfred de Musset, datés du 13 juillet 1843; des offices sont célébrés dans la chapelle sépulcrale du château de Dreux, où s'élève un cénotaphe dessiné par Ary Scheffer, et dans la chapelle de Sablonville. - Le souvenir d'Armand Carrel rassemble ses amis, les 24 juillet, dans le cimetière de Saint-Mandé. - En 1847, le 2 mai, à Madrid, une députation politique des députés progressistes espagnols fait revivre le souvenir de la première insurrection, du 2 mai 1808, contre l'armée française; un banquet patriotique est présidé par Olozaga. - En novembre 1848, deuxième anniversaire séculaire de la réunion de l'Alsace à la France par le traité de Munster, fête commémorative à Colmar, Mulhouse, Strasbourg; pose de la première pierre d'un monument conçu par Klotz, Weyer et Fries, architectes. - En février 1849, célébration à Paris de l'anniversaire de la révolution de 1848, cénotaphe et office à la Madeleine, où se rendent l'assemblée et le président de la République; après 1870, l'anniversaire de la révolution da 24 février 1848 fut régulièrement marqué par des banquets. 

Le 4 mai 1849, célébration du premier anniversaire de la fondation de la nouvelle République par l'Assemblée nationale; illuminations, revues de gardes nationales à Paris, à Marseille. Le 4 mai 1850, même fête, décoration égyptienne de l'obélisque, cariatides et sphinx, inscriptions à la gloire de l'armée d'Egypte, de l'armée d'Italie, de l'armée du Rhin, des armées impériales, de la jeune armée d'Afrique; arcs de triomphe aux quatre angles de la place de la Concorde. Le 4 mai 1851, salves, régates, groupe allégorique sur un rocher supporté par l'arche du pont de la Concorde. - Les 21 et 22 juin 1853, fête séculaire à Berneen commémoration de l'entrée de Berne dans la Confédération suisse.

En 1858, premier anniversaire de la mort de Daniel Manin, fête à Milan, Tarin, Florence, Parme, Modène, Bergame; service dans la cathédrale de Milan; Henri Martin et Ernest Legouvé représentent la France. - Le 14 mai 1860, anniversaire de l'établissement de l'indépendance lombarde, fête populaire à Milan. - Le 30 juin 1861, la ville de Thann fête le sept centième anniversaire de sa fondation. - Le 16 décembre 1862, millénaire de la Dame blanche, représentation spéciale à l'Opéra-Comique; on joue Jean de Paris et la Dame blanche; les choristes, portant des bannières où sont inscrits les titres des ouvrages de Boieldieu, entourent le buste du musicien; le chanteur Léon Achard dit des stances de Méry où Scribe est ainsi associé au triomphe du compositeur :

C'est que Scribe a donné tout ce que le poète
Peut inventer de mieux pour la lyre interprète.
On trouvera la pièce complète dans le numéro du Ménestrel du 16 décembre1862. - Le 7/19 septembre 1862, millénaire de la fondation de l'empire russe, fête à Novgorod et à Saint-Pétersbourg. - Le 15 mars, sous le second empire, célébration de l'anniversaire de la naissance du prince impérial; le 15 mars 1863, revue des cadets de la garde dans la cour du Carrousel, représentation de la Bataille de Marengo au Châtelet. - Les 26 et 28 juin 1863, troisième anniversaire séculaire, à Trente, du dix-neuvième concile oecuménique. - En 1864, troisième anniversaire séculaire de la naissance de Galilée à Pise. - Les 14 et 15 mai 1865, fête séculaire du Dante à Florence, jubilé dantesque, statue monumentale sculptée par Enrico Pazzi; le 24 juin de la même année, fêtes dantesques à Ravenne. - Le 19 novembre 1865, anniversaire de la mort du Poussin, aux Andelys. - Les 14, 15, 16, 17 juillet 1866, fête séculaire de la réunion à la France de la Lorraine et du Barrois. - En 1866, anniversaire à Bahia (San-Salvador) du fait d'armes qui consolida en 1823 l'émancipation de la province et l'indépendance du Brésil. - Le 24 juin 1868, centenaire du général Hoche célébré à Versailles sans aucune solennité; fête recommencée sous la République, depuis 1870; Gambetta prononce plusieurs dis cours dans des banquets tenus à cette occasion. - Le 2 décembre 1868, l'anniversaire de la mort du député Baudin, tué sur la barricade du faubourg Saint-Antoine, donne lieu à la manifestation du cimetière Montmartre, dispersée par ordre de Pinard, ministre de l'intérieur, puis à la souscription Baudin, puis au procès dans lequel Léon Gambetta se révéla orateur et adversaire de l'empire. 

Le 14 septembre 1869, centenaire de Humboldt, à Berlin. - Le 21 septembre 1869, cinquantième anniversaire de la réunion du canton de Genève à la Suisse. - Le 15 août 1869, centenaire de Napoléon ler, amnistie politique. - Le 6 septembre 1869, cinquième centenaire de Jean Huss, fêté à Prague et à Hussiners, petit village où naquit Jean Huss. - Le 4 janvier 1872, service anniversaire de la mort du maréchal Prim, dans l'église d'Atocha, à Madrid. - Le 1er avril 1872, en Hollande, troisième anniversaire séculaire de la défaite du duc d'Albe par les Gueux. - Le 8 octobre 1873, anniversaire du siège d'Alkmaar, soutenu pendant la guerre de l'indépendance des Pays-Bas. - Le 29 mars 1874, fête anniversaire, à Milan, de la retraite des troupes autrichiennes, accomplie du 18 au 29 mars 1848. - 18 juillet 1874, centenaire de Pétrarque, à Avignon, à Padoue, à Arqua. - Le 3 octobre 1874, anniversaire de la délivrance de Leyde. - En 1875, centenaire de Michel-Ange, dans toute l'Italie. - Le 24 mai 1875, quatrième centenaire de l'Arioste, à Ferrare. - Le 5 août 1875, anniversaire de la mort de O'Connell, à Dublin. - Le 29 mai 1876, centenaire de la bataille de Legnano, fêtes durant plusieurs jours à Milan. - Le 4 juillet 1876, centenaire de l'indépendance des Etats-Unis. - Le 20 août 1876, centenaire du général O'Higgins, à Santiago (Chili). - Le 22 novembre 1876, troisième centenaire de la pacification des Provinces-Unies, cavalcade historique à Gand. - Le 14 août 1876, centenaire de Rameau à Dijon. - En 1876, à la Haye, soixantième anniversaire de la grande maîtrise maçonnique du prince Frédéric. - Le 22 juin 1876, quatrième centenaire de la victoire de Morat. - En 1877, aux Etats-Unis, anniversaire de l'émancipation des Noirs. - Le 21 février 1877, centenaire de Spinoza à la Haye, discours d'Ernest Renan. - Du 19 au 27 août 1877, troisième centenaire de Rubens à Anvers.

En 1877, quatrième anniversaire de la fondation de l'université d'Upsala, en Suède. - Le 14 juin 1878, cinquantenaire de la fondation de l'école nationale d'agriculture de Grignon. - Le 3 septembre 1878, service anniversaire, à Notre-Dame, de la mort de Thiers. - En 1878, centenaire de Voltaire et centenaire de Rousseau; discours de Victor Hugo, pour Voltaire, au théâtre de la Gaîté; exposition iconographique, pour Rousseau, au pavillon de la Ville de Paris. - En 1879, dix-huitième centenaire de la destruction de Pompéi. - Le 14 juillet 1879, reprise de la célébration de la prise de la Bastille, au Palais-Bourbon, par Gambetta, président de la Chambre. Depuis 1880, le 14 juillet est devenu le jour de la fête nationale de la troisième République. - Le 5 octobre 1879, anniversaire de la mort de Florian, à Sceaux, fête de félibres. - Le 17 avril 1879, centenaire de lord Brougham, à Cannes. - Le 7 avril 1880, centenaire de la fondation du grand théâtre de Bordeaux.

- Le 9 juin 1880, troisième centenaire de Camoëns. - En juin 1880, cinquantième anniversaire de la prise d'Alger. - Le 8 août 1880, centenaire de la fondation des écoles d'arts et métiers. - Le 26 février 1881, fête anniversaire de la naissance de Victor Hugo, défilé d'une grande partie de la population sous les fenêtres du poète, compliments en vers, remises de bouquets, fête poétique et musicale au Trocadéro; les trois années suivantes, des réceptions, ont également lieu, mais leur caractère est plus intime. - Le 19 octobre 1881, centenaire de la capitulation d'York-Town. - Le 28 mars 1883, centenaire de Raphaël à Urbino, fêtes internationales. - En 1884, célébration du centenaire de Diderot devant la statue du philosophe, du sculpteur Gautherin, érigée place Saint-Germain-des-Prés ; comme pour Voltaire, édition spéciale d'oeuvres choisies. - En 1884, bi-centenaire de Watteau, à Valenciennes, érection d'une statue, oeuvre de Carpeaux. - Le 9 août 1885, anniversaire de la mort d'Auguste Blanqui, inauguration du bronze de Dalou. - Le 14 février 1886, premier anniversaire de la mort de Jules Vallès, au cimetière du Père-Lachaise. - Le 28 février 1886, centenaire de la naissance de François Arago, à Perpignan; le conseil municipal de Paris refuse sa participation à la fête, pour la raison que l'astronome n'était pas « assez républicain ». 

La révolution du 4 septembre 1870 a été longtemps rappelée par de nombreuses réunions républicaines. Les événements insurrectionnels de 1871 ont également donné lieu à des célébrations d'anniversaires : d'abord, le 3 avril 1880, sur la tombe de Gustave Flourens; Blanqui prononce un discours; un autre rendez-vous, proposé par un récent amnistié, L. Barrois, est accepté, et, le 23 mai 1880, les survivants de la Commune se réunissaient au cimetière du Père-Lachaise, près du mur d'enceinte où furent fusillés les derniers combattants fédérés ; il y eut dispersion, rixes, échauffourée place de la Bastille, où fut mêlé le fils de Henri Rochefort. Par la suite, des manifestations semblables eurent lieu chaque année au mois de mai, tantôt calmes, tantôt troublées. L'anniversaire de la mort de Ferré réunissait aussi quelques partisans du mouvement communaliste au cimetière de Levallois-Perret.

Parmi les anniversaires littéraires, ceux qui sont ordirement célébrés au Théâtre-Français et à l'Odéon sont ceux de Molière (15 janvier), de Corneille (6 juin), de Racine (21 décembre) ; il y a représentation des oeuvres des écrivains et à-propos ou pièces de circonstance. Le centenaire de Corneille a été marqué, en 1884, par des fêtes à Rouen. Le centenaire de Molière a été, en dehors des théâtres subventionnés, célébré par  Hilarion Ballande, le promoteur des matinées théâtrales accompagnées de conférences. La Fontaine a été l'objet de manifestations à Château-Thierry. Le centenaire du Mariage de Figaro a été solennisé à la Comédie-Française. Le 26 février 1886, pour l'anniversaire de la naissance de Victor Hugo, il y a eu représentation au Théâtre-Français d'un dialogue des morts, intitulé : 1802, écrit par Ernest Renan. (Gustave Geoffroy).

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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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