| . |
| |||||||
Samedi,
dans le Bréviaire : Sabbatum. Les Actes des apôtres« Que personne ne vous condamne au sujet du manger ou du boire, ou pour les distinctions de fête, de nouvelle lune ou de sabbat, car ces choses n'étaient que l'ombre de celles qui devaient venir »; et aux Galates (IV, 9-11) « Comment retournez-vous à ces faibles et misérables rudiments, auxquels vous voulez vous assujettir de nouveau? Vous observez les jours, les mois, les temps et les années. Je crains pour vous que je n'aie travaillé en vain à votre égard ».Mais les efforts de cet apôtre, pour supprimer les prescriptions et les conceptions provenant du judaïsme, et pour réduire la religion chrétienne aux seules inspirations de la foi, eurent peu de succès dans l'Église primitive. Lui-même se soumit plus d'une fois aux observances qu'il avait paru condamner d'une manière absolue. Et il ne faut pas oublier (ce qu'on fait trop souvent) que ses épîtres Un indice précis de la persistance
de la vénération du sabbat parmi
les chrétiens résulte des actes du concile de Laodicée Des indications plus formelles se trouvent dans les Constitutions apostoliques. La date et la composition de ces constitutions sont discutées; mais, dans leur ensemble, les documents qu'elles contiennent représentent les traditions de l'Église d'Orient au IIIe et au IVe siècle. On y lit : « Observez le sabbat et le jour du Seigneur comme des fêtes : l'un est consacré au souvenir de la Création; l'autre, au souvenir de la Résurrection (VII, 23, 2). »Dans le même ordre d'idées, les Canons des apôtres : « Si quelqu'un jeune le jour du sabbat ou le jour du Seigneur, excepté la veille de Pâque, qu'il soit déposé, s'il est clerc; qu'il soit excommunié, s'il est laïque (56e can.)-».Le jeûne exceptionnel, pratiqué a veille de Pâques dans l'Église grecque, était motivé par cette considération que Jésus était encore enseveli dans son sépulcre ce ,jour-là. Mais jeûner, faire maigre et s'agenouiller pour les prières, les autres samedis, était regardé comme une profanation du sabbat. Un écrit, attribué à saint Ignace, prétend même que jeûner ces samedis-là, c'est se faire meurtrier de Jésus. Le concile Quinisexte, tenu in Trullo, à Constantinople (685) cite le 56e canon des apôtres et le déclare obligatoire, même en Occident, où était établi un usage contraire. Mais quand deux fêtes se suivent ainsi sans intervalle chaque semaine, l'une d'elles doit amoindrir l'autre et finalement l'oblitérer. Peu à peu, le culte du samedi cessa d'être suivi par le peuple; il ne garda sa place que dans les cérémonies de l'Église d'Orient, où il resta consacré par des offices analogues aux offices du dimanche. Le peuple n'y assistait plus guère; mais le respect de l'ancienne coutume subsista chez lui, traduit par une haineuse réprobation de ceux qui la profanaient, par le jeûne, le maigre et les agenouillements. Ce sentiment fut une des principales causes du grand schisme d'Orient. A Rome, le samedi était devenu un jour de jeûne. Déjà au temps de Tertullien, il y avait des églises on l'on prolongeait parfois jusqu'au samedi le jeûne du vendredi. Ces jeûnes prolongés étaient fort en usage à la fin du IIIe siècle. On rattache ordinairement à cette prolongation le jeûne romain du samedi. Suivant l'abbé Duchesne (Origines du culte chrétien; Paris, 1889, in-8), le jeûne du vendredi aurait d'abord empiété sur le samedi. Puis, cette pratique ayant été trouvée trop rigoureuse, on l'aurait remplacée par un autre jeûne ou semi-jeûne, distinct de celui du vendredi. Quoi qu'il en soit, il est certain qu'à Rome on ne célébrait pas la liturgie eucharistique le samedi. Même en Occident, on ne parvint jamais
à introduire d'une manière générale le jeûne
ordinaire du samedi, institué à Rome.
A Milan,
on ajoutait simplement au jeûne de la veille de Pâques le jeûne
des samedis de carême. Dans les Gaules Vendredi chair ne mangeras
|
| . |
| ||||||||||||||||||||||||||||||||