| Dictionnaire | |
| Salâm.
- Mot arabe fort voisin, comme sens, du mot français salut
et qui a eu une fortune sensiblement analogue. Entrant dans les formules
de politesse usitées par les musulmans,
soit lorsqu'ils se rencontrent, soit lorsqu'ils s'écrivent, ce mot
a fini par désigner dans leur langue courante l'acte de politesse
lui-même : un verbe dénominatif sallama provenant du
mot salâm correspond exactement au verbe français saluer.
La formule par laquelle les croyants s'abordent est ainsi conçue
: Es-salâm aleïkoum, « que le salut (la paix divine)
soit sur vous ». Dans la réponse, il convient de renverser
l'ordre des mots, et l'on réplique en ces termes : Wa aleïkoum
es-salâm, « et que sur vous aussi soit le salut ».
La formule Es-sâlam aleïk, « que le salut soit
sur toi », avec emploi du singulier, est moins correcte, mais néanmoins
fort usitée : c'est d'elle que provient le mot français salamalec.
Le Coran Le mot salâm est également
l'eulogie dont on doit faire suivre les noms venant à être
cités, des prophètes prédécesseurs de Mohammed,
Noé,
Abraham,
Joseph,
David,
Salomon,
Jésus.
Le Coran Mentionnons encore qu'un salâm, adressé à la généralité des assistants, termine chacune des cinq prières canoniques des musulmans. De ce fait, cette partie finale de la prière a pris elle-même le nom de Salâm. Enfin, Salâm est un des quatre-vingt-dix-neuf
noms de Dieu : Allah est en lui-même la paix
et le salut. Le Coran le dit formellement (s. LIX, 23) et un célèbre
hadits est dans le même sens; les compagnons du Prophète ayant
ajouté à la fin de leur prière les mots es-salâm
ala Allah, « que le salut soit sur Dieu », Mohammed leur
interdit dans l'avenir cette pratique en leur faisant remarquer que Dieu
était lui-même le Salut. C'est avec ce sens que le mot Salâm
entre dans la composition d'un nom propre fort répandu parmi les
musulmans, Abd es-salâm, « serviteur du salut ».
(W
Marçais).
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