 |
Sabbat,
mot biblique ;
de l'hébreu schabbat = repos. - La prescription du repos
sabbatique fait l'objet du deuxième commandement du Décalogue
:
Tu
travailleras durant six jours et tu y feras toutes tes oeuvres, mais le
septième jour est le repos du Seigneur ton Dieu.
Tu ne feras en ce jour aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille,
ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l'étranger
qui est dans l'intérieur de tes portes. (Exode, XX, 9, 10).
Le texte biblique donne pour raison de cette
défense le souvenir du repos de Dieu après la création,
et la nécessité pour l'humain de reprendre des forces après
six jours de travail. La défense visait toute oeuvre servile, c'est-à-dire
tout travail où le corps a plus de part que l'esprit. La violation
du sabbat était punie de mort ( Samedi).
Après le retour de la captivité,
les Juifs s'appliquèrent à l'observation
de ce précepte avec une fidélité parfois excessive.
Ainsi, deux mille d'entre eux, au temps de Matathias, ayant été
attaqués un jour de sabbat par les soldats du roi Antiochus,
aimèrent mieux se laisser égorger que de violer le repos
sacré en se défendant. Les pharisiens imaginèrent
de dresser une liste de prohibitions, dites des Pères; celles-ci
enfantèrent un nombre infini d'autres défenses, dites des
Descendants.
Dans de nombreux passages des Evangiles ,
on voit Jésus s'élever contre ce
formalisme. Après la résurrection de leur maître, les
apôtres
firent du dimanche, jour de cette résurrection, le jour du Seigneur
et y transférèrent les obligations propres au sabbat mosaïque.
L'Eglise a conservé l'institution apostolique
et mis le repos dominical au nombre des principaux
devoirs du chrétien. |
|
 |
Sabbat. -
On appelait sabbat, au Moyen âge ,
une assemblée nocturne que les sorciers
étaient accusés de tenir sous la présidence de Satan,
et dans laquelle ils accomplissaient, en même temps que des conjurations
criminelles, les actes les plus immondes. La croyance populaire ajoutait
que les réprouvés sortaient de leur tombeau pour se mêler
à l'orgie qui se prolongeait jusqu'au chant du coq.
On se rendait à cette réunion en chevauchant sur un bouc,
un âne ou un manche à balai. La nuit de Walpurgis
(1er mai) est l'assemblée sabbatique
que le Diable, d'après les légendes
allemandes, tenait sur une haute montagne pour célébrer le
retour du printemps.
Le sabbat était bien, en effet,
un prétexte d'orgies et de débauches; mais c'était
aussi une coalition de conjurations et de maléfices. C'est dans
ces réunions que sorciers et sorcières pratiquaient leurs
envoûtements, jetaient des sorts, etc. La peine de mort, précédée
des plus horribles tortures, fut décrétée contre ceux
qui étaient soupçonnés ou qui s'accusaient eux-mêmes
de se rendre au sabbat, car des fanatiques,
des femmes surtout, s'en glorifiaient et bravaient les supplices. Les sorcières
prétendaient que, dans la nuit du vendredi
au samedi, après s'être oint le
corps d'une huile magique, laissant leur fenêtre ouverte, elles étaient
enlevées par le Diable, qui les transportait
au sabbat, et elles racontaient tout ce qu'elles avaient vu dans le cauchemar
de leur imagination en délire.
-
Départ
pour le Sabbat, par Albrecht Altdorfer (1506).
|