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| La religion phénicienne |
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| Le
culte
Les temples.
Une colonne de pierre était la plus
ancienne idole d'un dieu. Une colonne de bois (aschera) représentait
une déesse. Les colonnes de pierre portent le nom de matsébot
dans l'Ancien Testament Les sacrifices.
« Les ÉgyptiensOn n'immolait pas non plus de veaux; cependant on en amputait les parties génitales pour les offrir à Astarté. Les sacrifices de boucs étaient fort estimés : on donnait un bouc aux « femmes sacrées », khetochot, comme prix de leur prostitution. Parmi les oiseaux on donnait la préférence à ceux qui semblent avoir l'instinct de la génération le plus marqué, tels que les pigeons, les poules, les perdrix, les cailles; ces dernières composaient le sacrifice favori de Baal-Melqarth. Les supposés sacrifices humains étaient, si l'on en croit les Romains, offerts aux dieux vengeurs, particulièrement à Baal-Samin, à Astarté, à Melqarth et à la déesse que l'on ne connaît que par le nom égyptien de Mout. Comme les victimes devaient être pures et sans tache, on choisissait pour cela des enfants mâles, plus souvent des vierges. En même temps on désignait l'objet le plus cher, le premier-né ou le fils unique des plus nobles familles de l'État. Le fils aîné du roi était la plus belle victime. Ces sacrifices étaient anciennement en usage non seulement chez les Phéniciens et les Carthaginois, mais chez presque tous les peuples sémitiques, les Assyriens, les Cananéens, les Hébreux et les Arabes. On les offrait d'abord annuellement pour la grande fête de la purification, puis à l'occasion d'une grande entreprise, comme la fondation d'une colonie, d'une ville, ou d'une expédition. Les Phéniciens, dit Porphyre, sacrifiaient la personne la plus chère à l'occasion d'une grande calamité, telle qu'une guerre, la famine, une épidémie. Selon Eusèbe, on se proposait, par la mort d'un seul offerte en expiation aux divinités vengeresses, de prévenir la perte de tous. Parmi ces divinités Moloch occupait le premier rang. On lit dans l'Ancien Testament « Des recherches établirent, continue Diodore, que plusieurs de ces enfants sacrifiés étaient des enfants supposés. En considérant toutes ces choses, et en voyant, de plus en plus, les ennemis campés sous les murs de leur ville, ils furent saisis d'une crainte superstitieuse, et ils se reprochèrent d'avoir négligé les coutumes de leurs pères à l'égard du culte des dieux. Ils décrétèrent donc une grande solennité, dans laquelle devaient être sacrifiés deux cents enfants, choisis dans les familles les plus illustres; quelques citoyens, en butte à des accusations, offrirent volontairement leurs propres enfants, qui n'étaient pas moins de trois cents. Voici quelques détails concernant ce sacrifice. Il y avait une statue d'airain représentant Cronos, les mains étendues et inclinées vers la terre, de manière que l'enfant qui y était place roulait et allait tomber dans un gouffre rempli de feu. »Hamilcar, voyant ses troupes en Sicile ravagées par une épidémie, ordonna, nous dit-on, de sacrifier un enfant à Moloch, et de plonger dans la mer une foule de victimes en l'honneur du dieu de la Mer. Pendant ces sacrifices cruels, il était interdit aux parents de manifester le moindre signe de douleur, et le cri des infortunés était couvert par le bruit d'instruments retentissants. A la chute de la victime dans le gouffre embrasé, les prêtres observaient avec anxiété les traits du visage et les convulsions du corps et des membres, pour en tirer un bon ou un mauvais augure. Dans certaines solennités, on sacrifiait (peut-être) non seulement des enfants, mais des adultes et surtout des centaines de prisonniers de guerre. Les victimes étaient désignées au sort. Prostitution,
circoncision.
![]() On trouve des figures semblables sur des
monuments phéniciens ou libyques, sur des médailles, des
animaux, des
abraxas, etc. Tanit, la déesse
carthaginoise, si proche d'Astarté, a été représentée
ainsi. La déesse de Paphos paraît avoir être représentée
également par une image du même genre. Ces prostitutions se
faisaient pendant des pèlerinages Leur beauté passait pour un don
de la déesse à laquelle elles sacrifiaient. Peu à
peu ces sacrifices tombèrent en désuétude, et furent
remplacés par la coutume imposée aux femmes de se couper
les cheveux tous les ans à la fête d'Adonis;
celles qui ne voulaient pas s'y soumettre étaient livrées
aux étrangers. Le prix de la prostitution était dépensé
en offrandes pour la déesse. Les prêtresses des temples d'Aphaka,
de Tyr, de Sicca Venerea, près de Carthage La circoncision
avait dans le sens religieux la même signification que la prostitution.
c'était l'offrande des prémices de l'innocence; c'était
un sacrifice d'initiation à la vie humaine : on la faisait en honneur
d'El, du dieu de Béryte Les fêtes.
La fête de l'Autocombustion était célébrée en l'honneur du Melqart de Gadès, qui s'était lui-même consumé dans le feu. Elle avait de l'analogie avec la fête sacéenne, qu'on célébrait dans l'Asie Mineure à l'époque du lever de Sirius; la solennité se terminait par la combustion d'un homme sur un bûcher. Une fête quinquennale était célébrée, en l'honneur de Melqart de Tyr, par des jeux semblables aux jeux olympiques. L'époque des vendanges était aussi l'occasion d'une fête, en souvenir deu supposé équivalent phénicien de Dionysos, qui passait pour avoir inventé le vin à Tyr. La fête de la Fuite ou de la Disparition était une fête lunaire, en l'honneur d'Astarté, confondue, dans les mythes grecs, avec Io, Europe, Hélène, Harmonie. Lucien nous donne les détails suivants sur les Adonies, ou fêtes d'Adonis. « A Byblos, dit-il, j'ai vu un temple de Vénus byblienne, où l'on célèbre des mystères en l'honneur d'Adonis; je m'y suis fait aussi initier. Les habitants prétendent que l'histoire d'Adonis s'est passée dans leur pays; c'est pourquoi ils ont institué ces orgies, en célébrant la mort d'Adonis par un deuil public. Après s'être déchiré le sein et pleuré suffisamment, ils offrent au mort un sacrifice funèbre; puis le lendemain ils le proclament ressuscité et monté au ciel. Ils se coupent aussi les cheveux, comme les Égyptiens à la mort de leur Apis. Les femmes trop coquettes pour sacrifier leur belle chevelure sont condamnées pendant un jour à se livrer au premier venu. Cependant la place où cette prostitution a lieu n'est ouverte qu'aux étrangers. C'est avec ce gain qu'on fait à Vénus [Astarté] un sacrifice. »Quelque temps avant les Adonies on promenait publiquement des corbeilles de fleurs, ou des pots dans lesquels on avait semé des plantes; c'est ce qu'on appelait des jardins d'Adonis. La fête elle-même durait deux jours; le premier jour ou célébrait avec pompe les funérailles d'Adonis, le second jour était consacré à des réjouissances. Cette fête était répandue dans une grande partie de l'Ancien Monde; on en retrouve des traces en Babylonie (Baruch Nous devons mentionner une fête également très répandue, et dont on retrouve encore des vestiges chez les habitants de la Syrie. C'était la fête des fiançailles de l'eau douce avec l'eau de mer. Près de l'emplacement de l'ancienne Tyr est une tour ruinée, dans laquelle est un puits où les femmes viennent chercher l'eau. Ce puits a quinze ou seize pieds de profondeur; mais l'eau n'en a pas plus de deux ou trois; on n'en boit pas de meilleure sur toute la côte. Par un phénomène d'origine géophysique, elle se trouble en septembre, et devient pendant quelque temps pleine d'une argile rougeâtre. C'est l'occasion d'une grande fête pour les habitants, ils viennent alors en troupe à ce puits, et ils y versent un seau d'eau de mer, qui selon eux a la vertu de rendre la limpidité à l'eau de la source. Ici la mer passait pour le principe mâle,
qui s'alliait à l'eau de source, représentant le principe
femelle; ailleurs c'était l'inverse, comme dans l'union des fleuves
d'Adonis et d'Aziz (dieu associé à
Mars), personnifiés avec la mer. A Hiéropolis on portait
deux fois par an de l'eau de mer dans le temple; on accourait de fort loin
pour participer à cette fête. On y versait l'eau dans une
crevasse qui figurait une vulve Dans ces fêtes les arts et l'industrie
déployaient toute leur puissance. Les Éthiopiens |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.