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Les Pauliciens

Les Pauliciens. étaient des sectaires dualistes très répandus en Asie Mineure entre le VIe siècle et le XIIe. L'opinion catholique du IXe siècle en fait remonter l'origine à une famille manichéenne du IVe, siècle. C'est une légende. Le fondateur historique de ce parti est un certain Constantin, membre d'une communauté dualiste à Mananale, près de Samosate. Vivement impressionné par la lecture d'un Nouveau Testament qui tomba entre ses mains, il résolut de pratiquer le christianisme tel que l'apôtre Paul l'avait enseigné. De là le nom de pauliciens que reçurent ses adhérents. Ils se nommaient eux-mémes chrétiens et appelaient les orthodoxes des romains. Constantin prit le nom de Silas, compagnon de Paul, et organisa la première communauté à Kibossa, en Arménie, vers 660. Vingt-cinq ans plus tard, il fut lapidé sur l'ordre de Constantin IV Pogonat. La persécution des pauliciens dura jusqu'à la fin du siècle. Mais Léon l'Isaurien (717-741) essaya de la douceur. Sa politique iconoclaste cherchait un appui en Asie. Des divisions intestines affaiblirent alors rapidement la secte. L'un des chefs de parti, Baanès, vers 775, préchait l'immoralité; il est connu sous le surnom du « sale » .

On peut considérer Serge, qui prit le nom paulicien de Tychique, comme le réformateur des pauliciens au commencement du IXe siècle. Ses succès provoquèrent de nouvelles persécutions. Serge se réfugia dans l'Arménie musulmane, ou l'émir lui assigna Argaum comme résidence. De là, et malgré Serge, les pauliciens faisaient des razzias sur le territoire de l'empire. Leurs frères, demeurés dans les limites de l'empire, furent d'autant plus cruellement persécutés. A partir de 812, Théodora en fit massacrer des milliers. Il se trouva, au milieu du IXe siècle, un chef Karbéas pour organiser la résistance. Depuis lors, les paulicien deviennent des insurgés politiques. On leur fait une guerre régulière, et la victoire ne reste pas toujours aux troupes impériales.

 En 868, Basile Ie Macédonien entra en pourparlers avec eux; il leur envoya comme ambassadeur le moine Pierre de Sicile, qui passa neuf mois au milieu d'eux et les décrivit ensuite, dans son Histoire de la vaine et vide secte des manichéens, appelés pauliciens (texte grec, publié d'abord par Radier à Ingolstadt, 1604, in-4; à Göttingen par Gieseler en 1846; 2e éd. avec un appendice, en 1849, in-4). Leur présomption les perdit. En deux campagnes, Basile abattit leur puissance politique (871). Un siècle plus tard, Jean Zimiscès leur confia la garde de la frontière septentrionale de l'empire et leur assura la liberté religieuse. 

Vers la fin du XIe siècle, les pauliciens secondèrent Alexis Comnène contre les Normands de Robert Guiscard. Après la victoire, l'empereur en amena, par toutes sortes de privilèges, un grand nombre à se rallier à lui définitivement. Après 1115, on n'entend plus guère parler de pauliciens. Leurs restes se confondirent sans doute avec les euchites et les bogomiles. Les croisés les mentionnent encore sous le nom de «-poblicans » (Villehardouin).

La doctrine des pauliciens était un singulier mélange de dualisme et de mysticisme chrétien. Leurs moeurs étaient austères. Ils rejetaient le jeûne et ne s'opposaient pas au mariage. Leur attachement aux écrits de l'apôtre saint Paul explique la simplicité de leur organisation ecclésiastique et de leur culte, et leur horreur de la hiérarchie cléricale, des images saintes, des cérémonies et des pompes orthodoxes. Leur histoire est un phénomène des plus intéressants; c'est une protestation de l'Asie Mineure, plus cultivée alors que la partie européenne de l'empire byzantin, contre le monachisme obscurantiste, le cléricalisme et les superstitions officielles. (F.-H. K.).

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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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