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Lustrations
- Les anciens donnaient le nom de lustrations (lustratio, sacrificium
lustrale) à des cérémonies religieuses qui avaient
pour objet, soit de purifier les personnes ou les choses, soit d'appeler
sur elles la faveur et la protection divines. Dans le principe, ces lustrations
consistaient simplement en aspersions faites avec de l'eau, soit au moyen
d'une branche de laurier on d'olivier, soit au moyen d'un aspersoir; mais,
par la suite, on y ajouta des sacrifices et d'autres pratiques religieuses.
Dans l'ancienne Grèce,
on avait surtout recours aux lustrations pour purifier les individus qui
s'étaient souillés de quelque action criminelle. On purifiait
même des cités tout entières, pour expier le crime
ou les crimes commis par un de leurs membres. La plus célèbre
purification de ce genre est celle du peuple athéniens qui, après
le massacre de Cylon,
se fit purifier par Epiménide de Crète .
Les Grecs avaient également recours aux lustrations pour purifier
les lieux sacrés qui avaient subi quelque profanation, lorsque,
par exemple, on y avait enterré des morts.
Les Romains paraissent
avoir fait quelquefois le même usage des lustrations dans les cas
d'épidémie, de guerre civile ou de quelque autre fléau
public; mais, en général, ils les employaient moins comme
cérémonies expiatoires que comme un moyen propre à
attirer la protection de la divinité sur les personnes ou sur les
choses. Ainsi, ils faisaient des lustrations dans les champs après
les semailles et avant la moisson, pour obtenir d'abondantes récoltes.
Aux fêtes de Palès (palilia),
les bergers faisaient des aspersions d'eau sur leurs troupeaux, afin de
les préserver des maladies. Les armées, avant leur entrée
en campagne, et les flottes, avant de partir pour une expédition,
étaient soumises à des lustrations solennelles. Cette cérémonie
donnait lieu à une revue générale des troupes : de
là le fréquent emploi dans les auteurs latins du mot lustratio
pour désigner l'inspection générale d'une armée.
La fondation d'une nouvelle colonie était toujours précédée
d'une lustration et de sacrifices publics. Enfin, tous les cinq ans, lorsque
le censeur avait achevé le cens, et avant de résigner son
office, il offrait, en présence du peuple tout entier réuni
au Champ de Mars, un sacrifice solennel qu'on désignait sous les
noms de lustratio et de lustrum, parce qu'il avait tour objet
de purifier la ville et tous les membres de la cité.
Les Romains appelaient
aussi lustration, une cérémonie qui consistait à asperger
un enfant nouveau-né avec de l'eau lustrale, c.-à-d. avec
de l'eau ordinaire dans laquelle on avait plongé un tison ardent,
pris au foyer des sacrifices. Le jour où avait lieu cette cérémonie
était le 9e après la naissance
pour les garçons, et le 8e pour
les filles. On l'appelait dies lustricus, c.-à-d. Jour
lustral, ou bien encore dies nominum ou nominalia, parce
que c'était ce jour-là que l'enfant recevait le prénom
(praenomen) qui devait désormais servir à le distinguer
des autres membres de la famille. (A19). |
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