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Jacques.
- Ce nom, qui est la transcription assez vicieuse de celui de Jacob, est
porté par plusieurs personnages de la primitive Eglise
chrétienne, notamment par saint Jacques le Majeur, et saint Jacques
le Mineur, l'un et l'autre apôtres. Il
est aussi question d'un Jacques, frère de Jésus,
qui aurait joué un rôle considérable à Jérusalem
et d'un quatrième Jacques; mais on a proposé d'identifier
ces deux derniers avec l'apôtre nommé en second lieu.
Saint Jacques, dit le Majeur,
apôtre. Il est fils d'un pécheur du lac de Génésareth
nommé Zébédée et frère de Jean;
également apôtre; Jacques et Jean sont désignés
volontiers sous l'appellation générique « fils de Zébédée
». Jacques est un des premiers disciples que s'attache Jésus;
il fait partie avec Pierre et Jean du groupe plus étroit des trois
apôtres,
que Jésus associe à ses plus intimes pensées et qui
sont seuls témoins de la scène de la transfiguration. Il
fût mis à mort en l'an 44, sur l'ordre d'Hérode
Agrippa Ier,
sans qu'on motive autrement cette exécution que par le désir
du prince de se rendre « agréable aux Juifs
». Son souvenir s'efface de bonne heure; plus tard seulement, quand
les diverses Eglises nationales revendiquant à l'envi les unes des
autres une origine apostolique, se distribuèrent les douze, l'Espagne
mit la main sur Jacques le Majeur, et cette prétention s'appuya
de son cortège habituel de légendes et de miracles.
Saint Jacques serait venu prêcher I'Evangile
en Espagne avant de succomber sous Hérode; ses merveilleuses apparitions
assistent les Espagnols dans leurs longues luttes contre les infidèles
et leur assurent la victoire définitive. On retrouve en Galice les
ossements du saint; le roi de Castille ,
Alphonse
X, recouvre le tombeau de l'apôtre, merveilleusement exhumé,
d'une splendide église, et ainsi naît
la fortune toujours grandissante de la ville et du
pèlerinage
de Saint-Jacques de Compostelle.
Saint Jacques, dit le Mineur, apôtre.
Celui-là est fils d'Alphée; son rôle est insignifiant,
à moins qu'on ne veuille l'identifier avec Jacques, « frère
du Seigneur », comme on l'a proposé de différents côtés.
Jacques, frère de Jésus,
ou Jacques le Juste. On objecte, à la fusion de de personnage
avec Jacques le Mineur, cette circonstance que la famille de Jésus
nous est représentée comme ayant refusé d'accepter
le caractère divin de sa mission jusqu'au moment de son supplice;
cet argument n'est pas décisif, étant donné le caractère
légendaire d'un grand nombre des assertions de l'histoire évangélique.
Quoi qu'il en soit, quelques années après la mort de Jésus
sur la croix, on voit figurer à la tête de l'église
de Jérusalem un certain Jacques, qui est le chef reconnu de la fraction
rigoriste et antilibétale du christianisme
naissant et se met ainsi en opposition plus ou moins directe avec l'apôtre
Paul. Il nous est représenté comme une sorte d'ascète
se condamnant à des pénitences et à des macérations
qui lui valent le surnom de Juste. Un écrivain ecclésiastique,
Hégesippe, nous en donne le portrait suivant :
«
Saint dès le ventre de sa mère, il ne but jamais ni vin,
ni liqueur fermentée et ne mangea durant toute sa vie que des légumes.
Jamais le rasoir ne passa sur sa tête; il ne s'oignait point d'huile
et ne se baignait jamais. A lui seul il était permis d'entrer dans
le lieu saint; il était vêtu de lin. On le rencontrait seul
dans le temple à genoux, priant Dieu pour les péchés
du peuple. Il restait si longtemps à genoux priant bien pour salut
des siens, que ses genoux étaient devenus calleux et bossus comme
ceux des chameaux. Sa sainteté extraordinaire l'avait fait nommer
le juste. »
Jacques succomba à la lapidation en
62 de notre ère, dans l'interrègne des gouvernements de Festus
et d'Albinus. On dit que les pharisiens le regrettèrent autant que
les chrétiens eux-mêmes et dénoncèrent le grand
prêtre Hannah aux Romains pour usurpation
et excès de pouvoir.
(M. V.).
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