| Dictionnaire | |
| Illuminisme,
sorte de mysticisme, dont le caractère
essentiel est, chez les adeptes, la prétention de s'élever
à la connaissance du surnaturel, surtout en matière religieuse.
D'après son principe, énoncé par Swendenborg, que
l'entendement est le réceptacle de la lumière, l'illuminisme
doit mettre l'humain en communication avec le monde spirituel, en commerce
avec les esprits, et lui découvrir les mystères
les plus obscurs. C'est moins une doctrine qu'un état de l'âme
contagieux et susceptible de revêtir des formes différentes.
Il tient à la théurgie chez les
derniers Alexandrins En Allemagne, les Beggards donnent au joachimisme teinte métaphysique qui annonce l'illuminisme de Jacob Boehme. Celui-ci devint un des plus célèbres représentants de la secte : son ignorance le rendait plus propre à recevoir la lumière d'en haut, et ce ne fut qu'après trois visions qu'il prit la plume. Avec lui l'illuminisme devint un obscur système de métaphysique et de panthéisme. La secte des Rose-Croix le plaça sur le terrain de la chimie, ou plutôt de l'alchimie, en prétendant découvrir les mystères de la nature. Dans les nombreux
écrits du suédois Swedenborg,
l'illuminisme embrasse l'univers entier, le ciel; la terre et même
l'enfer ( Saint-Martin, initié par Martinez, renonça à cette voie pour s'enfermer dans la théosophie pure. L'illuminisme de Saint-Martin se montra chez quelques personnages de la Révolution, et ce philosophe inconnu fut enveloppé dans les poursuites dirigées contre Catherine Théot, Dom Gerle et plusieurs autres. Mais le véritable illuminisme politique, au XVIIIe siècle, remonte au Bavarois Weishaupt, qui le répandit par toute l'Allemagne et même en France; il ne se proposait rien moins que l'abolition de la propriété, de l'autorité sociale et de la nationalité; il aspirait à faire du genre humain que seule et heureuse famille, arrivant ainsi aux rêveries d'un utopisme exacerbé. (R.). |
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