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Jours fastes et jours néfastes
Les Romains nommaient Jours Fastes  (dies fasti) les jours où il était permis de vaquer aux affaires publiques, notamment de tenir les tribunaux et les assemblées politiques; on les opposait aux jours néfastes ou de chômage. Le motif de ces distinctions était religieux. Le collège des pontifes fut chargé de dresser la liste des jours qualifiés de l'une ou l'autre manière, réservés aux fêtes religieuses, laissés aux affaires, etc. Ce catalogue avait une grande importance puisqu'il réglait la vie de la cité. Les pontifes établirent des catégories précises, distinguant les féeries statives, fêtes revenant chaque année à la même date; les féeries indictives ou mobiles, dont chaque fois un magistrat revêtu de l'imperium déterminait la date; celles-ci étaient usuelles (conceptivae) ou exceptionnelles (imperativae).

Tous les jours fériés étaient néfastes; la justice ne fonctionnait pas. On distinguait plusieurs catégories de jours néfastes, selon qu'il y avait ou non des fêtes et réjouissances publiques. De plus, certains jours étaient regardés comme funestes, les jours des morts (dies religiosi), les anniversaires factieux, etc. Le public considérait comme tels plusieurs jours dont la qualification n'était pas imposée par le calendrier officiel. De même, on distinguait parmi les jours fastes (dies profasti) : les jours comitiaux (comitiales), où les magistrats pouvaient tenir leur tribunal et convoquer les assemblées politiques; les jours fastes ordinaires où l'on ne pouvait qu'ouvrir les tribunaux; les jours scindés (scissi), fériés le matin seulement, fastes le reste du temps; les jours entrecoupés (endotercisi), néfastes le matin et le soir, mais fastes dans l'intervalle. Enfin les Nundines étaient dans une situation mal définie.

Le nom de fastes fut étendu au catalogue des jours fastes et néfastes, c.-à-d. au calendrier. Pour le désigner, fasti était le nom officiel; celui de calendarium, qui prévalut dans l'usage, vint de ce que le programme de chaque mois était annoncé aux calendes. Le calendrier pontifical indiquait les dates des fêtes, jeux, sacrifices, foires périodiques, anniversaires, etc.; il se grossit de notices relatives à ces événements, aux faits historiques, naissances, décès, au cours des astres, etc. En particulier, on y joignit naturellement l'indication des magistrats éponymes, lesquels à Rome étaient les consuls, puis on appliqua le nom de fastes aux listes des magistrats ayant successivement revêtu les magistratures, consuls, censeurs, dictateurs, prêtres.

Le second sens du mot, calendrier religieux, est celui où le prend Ovide, dont le poème des Fastes est une description poétique de la première moitié de l'année, avec détails sur le cours des astres, le caractère de chaque jour, l'origine et la nature des fêtes. Plusieurs fastes ou calendriers gravés dans les pierres ou le marbre nous ont été conservés. Ils sont imprimés au, t. 1 du Corpus inscriptionum latinarum (Berlin, 1863); les autres sont le Calendarium Prœnestinum de Verrius Flaccus (janvier, avril et décembre), trouvé en 1770 à Preneste, publié par Foggini en 1779; Calendarium Vaticanum (mars, avril, août), Farnesianum (février et mars), Venusinurn (mai, juin), Esquilinum (mai et juin), etc., sans parler des calendriers administratifs, etc. (A-M. B).

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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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