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Mésopotamie > Religion assyro-babylonienne

Etana

Etana est un héros de la mythologie assyro-babylonienne. Au temps où il n'y avait pas encore de roi sur la terre, et où « le sceptre, le diadème, la couronne et le bâton de commandement, devant Anu dans les cieux étaient placés », les grands Anunnaki qui fixent le destin tinrent conseil au sujet de la terre. Les dieux, particulièrement Ishtar et Bêl, se mirent en quête d'un roi pour les humains, et firent, semble-t-il, choix d'Etana. Tout était bien. Mais, par la suite, Etana déplorait d'être sans postérité, et, s'adressant à Shamash, il lui disait :
O mon seigneur, que cela sorte de ta bouche :
Donne l'herbe d'enfantement,
Indique-moi l'herbe d'enfantement :
Écarte mon opprobre et fais-moi un fils.
Shamash, à qui avaient été agréables les libations et les moutons sauvages offerts par Etana, lui dit : « Va le chemin et gagne la montagne! »
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Etana.
L'enlèvement d'Etana. - Au coin, à droite, Etana s'élève dans les airs, porté par un aigle, 
et s'approche du séjour des dieux, qui sont représentés en train de festoyer. Au-dessous, 
deux bergers, accompagnés de leurs chiens, assistent à cette ascension. 
(Cylindre assyrien de Lagash; Louvre).

Or, cette montagne avait été naguère le théâtre d'un drame qui s'était joué entre un aigle et un serpent. Les deux bêtes vivaient côte à côte avec leur progéniture. Un jour, l'aigle conçut le criminel dessein de manger les petits du serpent, et accomplit son forfait, malgré les sages remontrances d'un de ses petits, « jeune, mais très intelligent-», qui lui faisait craindre la colère de Shamash :

Le filet, le charme de Shamash passeraient sur toi et te saisiraient;
Celui qui dépasse la frontière de Shamash, Shamash de sa main le met à mal.
De fait, le serpent s'alla plaindre au dieu de la justice, et celui-ci lui dit :
Va le chemin, gagne la montagne.
Je te retiendrai un buffle;
Ouvre son intérieur et perce son ventre !
Fais ton habitation en son ventre
Toute espèce d'oiseaux du ciel descendront,
L'aigle avec eux descendra.
Il cherchera l'accès de la chair.
Quand il entrera à l'intérieur, toi, saisis-le par son aile :
Tranche ses ailes, ses ailerons, ses griffes, 
Déchire-le et jette-le dans une fosse;
De la mort par la faim et par la soif qu'il meure!
Ainsi fut fait; trompé par la ruse du serpent, l'aigle tomba en son pouvoir et fut condamné à périr d'une mort lente dans la fosse où il était prisonnier.

Étant venu à la montagne, Etana trouva l'aigle dans sa prison, et, comme le lui avait conseillé Shamash, lui demanda l'herbe d'enfantement. L'aigle promit de la lui procurer quand il aurait retrouvé ses forces. Pendant huit mois Etana lui porta de la nourriture, et l'aigle fut enfin en état de reprendre son vol. Il offrit à Etana de le transporter jusqu'au ciel d'Anu :
Sur ma poitrine place ton dos,
Sur les plumes de mes ailes place tes mains,
Sur mes flancs place tes flancs, 
Je te porterai aux cieux d'Anu.
Soit par curiosité, soit pour conquérir les insignes du pouvoir, soit, plutôt, dans l'espoir d'atteindre l'herbe merveilleuse, Etana accepta, et les deux compagnons s'élevèrent dans les airs. Au bout de trois doubles-heures, la mer n'apparut plus à Etana que comme « une petite rigole de jardinier ». Sans encombre, les voyageurs atteignirent le ciel d'Anu et devant les dieux se prosternèrent. Mais l'aigle voulut aller plus loin encore, jusqu'auprès d'Ishtar. Pendant deux doubles-heures ils montèrent, et Etana s'émerveillait de voir la terre changée en jardin et la vaste mer semblable à une corbeille. Mais à la troisième double-heure, un vertige le saisit; en vain cria-t-il à l'aigle : « Mon ami, je ne puis monter au ciel! Arrête la marche! » Ce fut l'horrible chute : l'aigle tomba avec Etana, et les deux imprudents s'écrasèrent sur le sol. Désormais le trop ambitieux Etana demeura aux enfers, auprès du dieu Gira. (F. Guirand)).
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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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