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Les éléphants, mythes et symboles

Le trait le plus curieux, dans l'histoire de l'Éléphant, est sans contredit son intelligence si vantée. Ce colosse, grave, lent et puissant, inspire l'idée d'une sagesse supérieure; l'aspect de son front large et fortement bombé lui en donne presque le signe extérieur.  Les Anciens ont vanté  la douceur des éléphants, la facilité avec laquelle on les apprivoise, l'attachement qu'ils ont pour leur maître et leur ressentiment pour les injures; toutes qualités que les éléphants possèdent en effet. Mais ils ont notablement exagéré leur intelligence et souvent ils leur ont prêté les raisonnements les plus subtils et jusqu'à des sentiments religieux, un culte des offrandes à la Lune, l'adoration du Soleil et des prières à la Terre pendant leurs maladies. Et l'on connaît aussi le mythe du cimetière des éléphants, un lieu secret au coeur de la jungle où les éléphants étaient censés se rendre à l'approche de leur mort. Surtout un Eldorado pour les trafiquants d'ivoire...

Les anciens auteurs ont aussi supposé aux éléphants une fidélité conjugale inaltérable, de la pudeur et une résistance invincible à se faire les ministres de l'injustice. Ces exagérations; accréditées par Pline, se retrouvent en Asie. En Malaisie, on désigne les éléphants par un nom qui leur est commun avec l'humain et qui implique l'idée d'un être raisonnable. On trouve chez les Indiens la croyance dans la possibilité de gouverner les éléphants en agissant sur leurs passions comme on agit sur celles des humains, et il n'est pas jusqu'à la coquetterie et à l'amour de la louange auxquels on ne les aient crus sensibles. On comprend dès lors que l'Éléphant joue un rôle considérable dans les légendes religieuses de l'Inde et, sur les monuments, les dieux et les héros sont souvent représentés avec une tête d'Éléphant.

Dans la mythologie de l'hindouisme, l'éléphant est la monture d'lndra et il est l'emblème de la sagesse et de la vertu forte. Ganesa (Ganesha), dieu de l'armée, du succès et de toute sagesse, en général, est représenté avec une tête d'éléphant. Des représentations hindoues nous montrent huit éléphants portant la Terre, ou bien Indra assis sur un éléphant à trois trompes appelé Iravat. On sait les hommages qu'aujourd'hui encore les Hindous rendent à certains éléphants que des signes particuliers de leur peau ou de leurs défenses désignent comme sacrés. On pense que dans ces éléphants a passé l'âme de quelque grand prince trépassé

Au Siam (auj. Thaïlande), la variété blanche, résultat d'un albinisme assez rare, était considérée comme sacrée; un de ces éléphants était attaché au temple principal, où on le nourrissait sans exiger de lui aucun travail. La rareté des éléphants blancs les faisait regarder comme renfermant l'âme d'un grand roi. 

"Le roi de Siam, dit Dumont d'Urville en 1830 (Voyage pittoresque autour du monde), était alors possesseur de six éléphants blancs, nombre mous dans les annales de la contrée et regardé comme d'un favorable augure pour la prospérité de son règne. Nous en vîmes quatre, les dent autres étant de trop capricieuse nature pour être visités sans péril. Ces animaux avaient la robe vraiment blanche, sauf quelques places couleur de chair dans les endroits où le poil était tombé. Nul indice ne témoignait que cette blancheur fût une maladie; leur taille variait de 6 à 9 pieds (2 à 3 mètres). Leur généalogie, soigneusement constatée, les faisait originaires du royaume de Laos. Chacun de ces éléphants a une étable séparée, avec dix gardiens pour son service, Les défenses des mâles sont garnies de clochettes d'or, une chaîne à mailles d'or leur couvre aussi le sommet de la tête, et un petit coussin de velours brodé est fixé sur leur dos."
Selon Aristote, l'éléphant était consacré au Soleil, et regardé comme celui qui vivait le plus longtemps. A cause de cette longévité, il désigne l'éternité sur quelques médailles des empereurs romains Philippe, Dioclétien et Maximien.


Quelques monuments le représentent dans des processions de Dionysos, pour rappeler l'expédition de ce dieu dans les Indes. Sur un grand nombre de médailles romaines, il est le symbole de l'Afrique, ou bien il rappelle des jeux donnés au peuple et dans lesquels figurèrent des éléphants.
Ordre de l'Eléphant. - Cet ordre, considéré comme un des plus importants de l'Europe, existait, dit-on, déjà au XIe siècle et on  en attribue la fondation à Canut (Knut) IV, mais officiellement on lui assigne comme date de création l'année 1478 et pour fondateur le roi de Danemark Christian Ier, qui l'institua à l'occasion du mariage de son fils Jean et le plaça sous la protection de la Vierge

Le temps a respecté l'ordre de l'Éléphant qui s'est continué jusqu'à l'époque contemporaine, sinon avec son organisation primitive, du moins avec toute sa splendeur. Christian V en modifia les statuts le 1er décembre 1693 et, bien qu'ils eussent été renouvelés en 1808, ils sont encore à peu près les mêmes. 


Insigne de l'ordre
de l'Eléphant du Danemark.

Les conditions d'admission sont : d'être luthérien, d'être âgé d'au moins trente ans; à l'exception des princes de la famille royale; et d'avoir été, au moins huit jours, chevalier de l'ordre du Danebrog. Les souverains étrangers sont dispensés de remplir ces conditions. La devise de cet ordre est Magni animi pretium. La décoration de I'Eléphant exclut toutes les autres; sa fête se célèbre au 1er janvier. Les membres sont tous chevaliers et portent un costume spécial. Le ruban de l'ordre est bleu. L'ordre tient le premier rang parmi ceux du Danemark. 

Ordre de l'Eléphant blanc. - Ce fut en 1861 que le roi de Siam Chow Yu Hua institua une plaque d'or gravée pour être offerte aux souverains et aux princes avec lesquels il était en relation. En 1869, son fils et successeur transforma cette plaque en un ordre de chevalerie avec statuts, règlement, etc: Il le divisa en cinq classes de membres; la première correspondait à celle de grand-croix, comptait vingt-trois membres et ne pouvait être conférée qu'aux souverains, princes ou personnages de marque; la seconde comprenait cinquante grands officiers, la troisième cent commandeurs, la quatrième deux cents officiers, et la cinquième un nombre illimité de chevaliers qui devaient être des personnes notables et de moeurs irréprochables. Le ruban de l'ordre était rouge bordé de vert; les deux couleurs séparées par une raie bleue et une jaune. (G. G.).
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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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