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L'Eldorado

L'Eldorado (El-Dorado ou Dorado) est un pays imaginaire de l'Amérique du Sud que l'on supposait situé en Amazonie, quelque part entre l'Orénoque et l'Amazone (le fleuve des Amazones). En toute rigueur ce nom s'applique moins à la contrée qu'à son roi, le Doré (el Dorado) ou le Roi doré (el Rey dorado), que l'on désignait ainsi parce que, disait-on, il se couvrait le corps de poudre d'or.
"Jusqu'à la moitié du XVIIIe siècle, tout le vaste terrain compris entre les montagnes de la Guyane française et les forêts du Haut-Orénoque, entre les sources du Rio Caroni et la rivière des Amazones, était si peu connu que les géographes pouvaient, à leur gré, y placer des lacs, y créer des communications de rivières, y figurer des chaînes de montagnes plus ou moins élevées. Ils ont pleinement usé de cette liberté; et la position des lacs comme le cours et les embranchements des fleuves ont été variés de tant de manières qu'il ne serait pas surprenant que, parmi le grand nombre des cartes, il s'en trouvât quelques-unes qui retraçassent le véritable état des choses. " (A. de Humboldt, Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau continant, t. 8).

L'Eladorado avant l'Eldorado

Des Indiens prisonniers avaient raconté à G. Pizarro, frère du conquérant du Pérou, qu'au centre de la région boisée nommée Ouiana existait un pays dont la capitale, Manoa, située sur les bords du lac Parima, avait des palais d'or; le lac lui-même roulait ses eaux sur un lit de pierres précieuses. Le souverain de ce pays, que les Espagnols appelèrent l'homme d'or, El Dorado, était couvert de paillettes du précieux métal fixées au moyen d'une résine odorante. 

Un Espagnol, nommé Martinez, qui prétendait l'avoir découvert lui avait donné le nom d'Eldorado à cause de l'immense quantité d'or et de métaux précieux qu'il disait avoir vus dans Manoa. Cette légende fut surtout accréditée par Orellana, compagnon de Pizarro

De nombreux aventuriers se mirent à la recherche du merveilleux royaume, que l'on disait situé près de la jonction du Camopi et de l'Oyapock : Walter Raleigh , Laurent Keymis, d'Harcourt, etc., entreprirent des expéditions dans le même but. Enfin, en 1720, Orvillers, alors gouverneur de la Guyane, fit entreprendre un voyage à la recherche de l'El Dorado. 

Quand on songe aux incroyables progrès de cette fable d'Eldorado, on ne peut s'empêcher d'admirer la crédulité de quelques aventuriers et l'audace de certains autres. L'expédition de sir Walter Raleigh fut, sans contredit, la plus importante qui ait jamais été faite, et elle eut au moins, ainsi que nous l'avons dit plus haut, le résultat heureux d'arrêter des efforts combinés qui n'auraient pu manquer d'avoir l'issue la plus déplorable. Il est certain que Raleigh lui-même a été grossièrement trompé, et qu'il essaya ensuite de faire partager à ses contemporains la mystification dont il avait été victime. La la fraude employée par lui vis-le-vis de ses compagnons d'aventure suffit à diminuer considérablement l'intérêt qu'inspirent les derniers actes de sa vie. 

Mais, tout en déplorant que tant d'intelligence, de travail et d'argent ait été dépensé en pure perte, que tant d'existences humaines aient été sacrifiées à une chimère, il faut reconnaître que tous ces voyages à la recherche du mystérieux Eldorado ont eu pour conséquence quelques découvertes sérieuses. Ces voyages eurent du moins pour résultat de faire connaître les richesses forestières de la Guyane. En tout cas, l'histoire des voyages entrepris pendant plus de deux siècles à la rechercehe de ce pays où l'or se trouverait partout, est un des plus curieux épisodes de la découverte du Nouveau monde. 

Le rêve doré des Conquistadors

Une fièvre ardente s'était emparée, d'abord des Espagnols et des Portugais, puis de l'Europe tout entière, aux récits merveilleux des premiers navigateurs. Bientôt les conquêtes certaines et les richesses véritables ne suffisent plus; l'imagination dépasse la réalité, déjà pourtant si surprenante, et l'on rêve de pays plus riches encore que le Mexique et le Pérou, de pays où l'or serait aussi commun qu'en Europe la pierre.

Une page du lieutenant de Pizarro, Orellana, concernant une région qu'il disait avoir entrevue entre l'Amazone et l'Orénoque, donne bientôt un corps à ce rêve. Mais en passant de bouche en bouche la rumeur se grossit et s'altère; tantôt, aux indications topographiques, on croit qu'il s'agit de la Guyane, alors si imparfaitement connue, tantôt de la Nouvelle-Grenade, aussi ignorée. Plus les aventuriers avançaient, plus l'Eldorado reculait devant eux; ceux qui avaient fouillé tout le Pérou affirmaient que la terre rêvée devait être le Nuevo Regno, ceux qui revenaient du Nuevo Regno affirmaient qu'on ne la trouverait qu'au Pérou. Par un effet singulier, à mesure que les chercheurs d'Eldorado tombaient de déception en déception, la description du pays se précisait; on en faisait la topographie, avec des bois, des lacs, des montagnes, des rivières; on énumérait les villes, on racontait les moeurs des habitants, on écrivait toute l'histoire de la contrée.

On tombe enfin d'accord : c'est dans la Guyane que se trouve l'Eldorado. Après la chute des Incas, un jeune frère d'Atahualpa, recueillant tous les trésors sur lesquels il put mettre la main, s'était retiré dans l'intérieur des terres et avait fondé un empire immense. On désignait indistinctement ce roi de fantaisie, sous les noms de grand Paytité, de grand Moxo, d'Enim ou de grand Paru. 

Poussés par des motifs d'intérêt personnel ou public, des hommes d'intelligence jouissant d'une grande notoriété ne craignirent pas de confirmer cette fable et de l'appuyer de leur autorité. C'est ainsi que sir Walter Raleigh, sachant les avantages qui résulteraient de la colonisation de la Guyane, y poussa ses aventuriers en leur décrivant sous les plus attrayantes couleurs, le monarque Doré et ses domaines. Il n'hésita même pas à présenter à la reine Elisabeth, comme des faits avérés, les fictions dont on repaissait l'imagination avide de la foule.

L'Espagnol Martinez alla plus loin; il affirma avoir résidé pendant sept mois à Manoce, la capitale du royaume imaginaire, et donna même le chiffre des ouvriers employés seulement dans la rue des Orfèvres; ils étaient plus de trois mille. Le voyageur possédait les détails les plus précis; il montrait la carte qui il avait dressée, et sur laquelle était indiqué l'emplacement de trois montagnes, une d'or, une d'argent et une de sel. Le somptueux palais de l'empereur était supporté par de magnifiques colonnes de porphyre et d'albâtre, symétriquement alignées, et entouré de galeries construites de bois d'ébène et de cèdre incrustés de pierreries. Situé au centre d'une île verdoyante, et se réfléchissant dans un lac d'une transparence indescriptible, ce palais était construit en marbre d'une blancheur éclatante. Deux tours en gardaient l'entrée, appuyées chacune contre une colonne de vingt-cinq pieds de hauteur, dont les chapiteaux supportaient d'immenses lunes d'argent; deux lions vivants étaient attachés aux fûts par des chalînes d'or massif. On pénétrait de là dans une grande cour quadrangulaire ornée de riches fontaines avec des vasques d'argent d'où l'eau jaillissait par quatre tuyaux d'or. Une petite porte de cuivre incrustée dans le roc cachait l'intérieur du palais, dont la richesse défiait toute description. Un vaste autel d'argent supportait un immense soleil d'or devant lequel quatre lampes brûlaient perpétuellement.

Le maître de toutes ces magnificences était appelé Eldorado, littéralement le Doré, à cause de la splendeur inouïe de son costume. Son corps nu était, chaque matin, oint d'une gomme précieuse, puis enduit de poussière d'or jusqu'à ce qu'il présentât l'apparence d'une statue d'or. Ainsi que le fait sagement observer Oviedo, « comme cette sorte de vêtement doit lui être fort incommode pour dormir, le prince se lave le soir, et se fait redorer le matin, ce qui prouve que l'empire d'Eldorado est infiniment riche en mines d'or. »

II est possible, a-t-on parfois dit, que cette fable ait tiré son origine des rites particuliers du culte de Bochica, le grand-prêtre de cette secte ayant l'habitude de se graisser les mains et de les saupoudrer ensuite de poussière d'or; ou bien encore d'une autre coutume, relatée par Humboldt. Cet illustre voyageur rapporte que, dans les parties les plus habitants de la Guyane, où la pratique de la peinture est substituée à celle du tatouage, les Indiens oignent leurs corps de graisse de tortue, puis le couvrent de morceaux de mica, dont l'éclat métallique, d'un blanc aussi brillant que celui de l'argent et d'un rouge aussi vif que celui du cuivre, semble les habiller d'un vêtement brodé d'or et d'argent.

Bien que fertiles en déboires et en malheurs de toute sorte, les expéditions entreprises à la recherche de l'Eldorado ont rendu à la cause de la science des services considérables; c'est ainsi que les alchimistes, en cherchant la pierre philosophale, ont été mis sur la trace de découvertes importantes. Quelques-unes de ces expéditions méritent seules une place dans l'histoire et peuvent être considérées comme des entreprises. La dernière, si incroyable que cela puisse paraître, fut organisée en l'année 1775, ce qui montre combien était robuste la foi dans l'existence de cette contrée imaginaire.

Les premières de ces expéditions cherchèrent l'empire du grand Moxo quelque part dans la direction du versant oriental des Andes, dans la Nouvelle-Grenade. En 1535, Sébastien de Belalcazar envoya les capitaines Anasco et Ampadia à la découverte de la vallée de Dorado, en conséquence des récits hyperboliques faits par un Indien de Tacumga sur la richesse et la splendeur du Zaque ou roi de Cundinamarca. En 1536, Diaz de Pineda fit courir le bruit qu'il y avait, à l'est des Nevadas de Tunguragua, Cayambe et Popayan, d'immenses plaines où les métaux précieux se trouvaient en grande quantité, et où l'or, en particulier, était d'une telle abondance, que les habitants en fabriquaient des armures.

Enflammé par le récit de toutes ces merveilles, Gonzalo Pizarro se mit à leur recherche, en 1539, et le hasard lui fit découvrir le cannellier américain. Francisco de Orellana, un de ses lieutenants, essaya d'atteindre l'Amazone par le Napo.

D'autres expéditions furent simultanément organisées au Venezuela, à la Nouvelle-Grenade, à Quito, au Pérou, au Brésil et au Rio de la Plata; toutes avaient pour unique objet la conquête d'Eldorado. Il fut affirmé que les incursions faites au sud de Guaviare, du Rio Fragua et du Caqueta, fournissaient la preuve, non seulement de l'existence de la cité d'EIdorado, mais encore des immenses richesses des Manoas, des Omaguas et des Guaypos.

Les relations des voyages effectues par Orellana, George von Specier, Herman Perez de Quesada et Philippe von Hutten (connu aussi sous les non de Felipe de Urre ou F. de Utre), en 1536, 1542 et 1545, témoignent d'une science profonde et de soigneuses études, bien qu'elles ne soient pas non plus exemptes d'exagération et de fictions.

Ceux qui cherchaient la ville du monarque Doré se dirigeaient vers deux points situés au nord-est et au sud-ouest du Rio Negro, c'est-à-dire, vers Parima, l'ancienne résidence des Manoas, qui habitaient les deux rives du Jurubesh. Il n'y a plus actuellement aucun doute que toute la région comprise entre l'Amazone et l'Orénoque était designée sous le nom général de provinces da roi Doré.

Les voyages de Raleigh

C'est en 1595 que sir Walter Raleigh entreprit soit premier voyage. Ce personnage, aussi entreprenant que romanesque, tenu en grande estime par la reine Elisabeth Ire, était fatigué des réalités moroses du vieux monde. Il embrassa avec ardeur l'idée d'un Eldorado comme offrant un but digne de son attention, et entrepris, comme le rappelle Humboldt, de fixer l'attention de la reine  sur le grand Empire de la Guyane dont il proposait la conquête à son gouvernement. Il donna la description du lever de ce roi doré (el dorado) auquel ses chambellans , armés de longues sarbacanes, soufflaient tous les matins de la poudre d'or, sur le corps, après l'avoir couvert d'huiles aromatiques.

Il est vrai qu'il n'avait aucune notion bien définie sur le situation du fabuleux royaume; mais il se lança dans l'aventure avec l'enthousiasme qui formait le côté saillant de son caractère. Son désappointement, comme on le pense, fut grand, lorsqu'il s'aperçut que toute l'affaire, roi Doré, édifices, villes, palais, lions, montagnes d'or et le reste n'étaient qu'une grandiose hâblerie.

Sir Walter Raleigh, homme de cour dans toute l'acception du terme, ne voulut pas subir la mortification d'avouer à son retour l'insuccès de son expédition, et faire voir qu'il s'était laissé mystifier. Il résolut de sacrifier la vérité à son amour-propre, et, comme il avait conçu dès longtemps le projet de coloniser le Guyane, il crut ne pouvoir mieux atteindre ce résultat qu'en laissant intact aux yeux de ceux qui l'accompagnaient le prisme de l'Eldorado.

Après avoir recueilli d'Antonio de Berrio, qu'il fit prisonnier dans son incursion sur l'île de la Trinité, en 1595, et de quelques autres, la somme de connaissances qu'on possédait à cette époque sur la Guyane et les contrées adjacentes, sir Walter Raleigh poursuivit son expédition.

Deux points pour lui étaient hors de doute: l'existence des deux grands lacs et celle du royaume de l'Inca que l'on supposait avoir été fondé près des sources de la rivière Essequibo. Après avoir franchi la rivière Guarapo et les plaines de Chaymas, Raleigh s'arrêta à Morequito, où il apprit d'un vieillard que des peuples étrangers étaient certainement entrés dans la Guyane. Son voyage s'arrêta aux cataractes du Carony, rivière que l'on supposait être la voie la plus courte pour atteindre Maucreguari et Manoa, villes situées sur les bords des lacs Cassipa et Rupunuwini ou Dorado.

Il est permis de révoquer en doute presque toutes les assertions avancées par Raleigh quant aux résultats de son voyage. Il avait résolu que son expédition ne tomberait pas dans le ridicule; aussi sa description de Manoa est-elle des plus grandioses. Il compare les lacs intérieurs, dont il a seulement entendu porter, à la mer Caspienne, et n'appelle jamais Manoa que « la cité impériale et dorée ». Le souverain de ce magnifique pays devient, sous sa plume, « l'empereur lnga de Guyane »; il a, dit-il, élevé des palais qui dépassent en somptuosité les superbes résidences de ses ancêtres péruviens. Dans ses efforts pour gagner les bonnes grâces de la reine, Raleigh ne négligea ni l'art de la flatterie ni les embellissements de la fiction. Il lui raconta qu'à toutes les nations barbares qu'il rencontrait, il montrait le portrait d'Elisabeth, à la vue duquel elles laissaient éclater « des transports de joie ».

Il affirme qu'on lui a dit qu'au temps de la conquête du Pérou on découvrit, dans les principaux temples, "des prophéties annonçant que les Ingas (Incas) perdraient leur empire et qu'il leur serait rendu par les Anglais. Il assure à Sa Majesté que l'Inca consentirait à payer annuellement à l'Angleterre une somme de 300,000 livres sterling, si elle consentait à placer dans les villes de l'empire des garnisons de 3000 à 4000 Anglais, sous prétexte de le défendre contre ses ennemis.

"Il me semble, ajoute-t-il, que cet empire de la Guyane est réservé à la nation anglaise."
De 1595 à 1617, Raleigh fit quatre voyages successifs dans le bas Orénoque. Ces tentatives échouèrent toutes, ce qui refroidit singulièrement l'ardeur des aventuriers qui avaient formé le projet de conquérir l'Eldorado.

A partir de cette époque, on ne voit plus naître ces vastes combinaisons ni se lancer à l'aventure les grandes expéditions qui devaient leur origine à des idées chimériques. Mais la soif de l'or avait été trop surexcitée pour s'éteindre complètement, et des entreprises isolées fureur, de temps en temps, organisées avec l'assentiment de divers gouvernements coloniaux.

En 1637 et 1638, le père Acana et le père Fritz se rendirent, chacun de leur côté, aux terres des Manoas, que l'on supposait couvertes d'or, et les récits merveilleux qu'ils mirent en circulation rallumèrenti l'imagination des aventuriers. Tout récemment ou croyait encore que les plaines de Macas, à l'est des Cordillères, contenaient les ruines de Logroño, ville située dans une région d'or d'une richesse prodigieuse. 

L'Eldorado au XVIIIe siècle

En 1740, on était persuadé qu'en remontant la rivière Essequibo on pourrait atteindre Eldorado par la Guyanne hollandaise.

Enflammé par les fables relatives au splendide lac de Manoa, don Manuel Centurion, gouverneur de Saint-Thomas d'Angostura, résolut d'entreprendre de sérieuses recherches, et employa tous les moyens pour éveiller chez les colons une ardeur égale à la sienne. Un Indien Ipurucota, nommé Arimuicaipi, descendit le Rio Caroni, et persuada les Espagnols que les contes sur Eldorado rendaient à peine justice aux splendeurs du grand Moxo. Il déclara que la lueur blanchâtre des nuages du détroit de Magellan n'était que la réflexion des rocs d'argent baignés par les eaux du lac Parima. Un chef indien mieux intentionné, nommé vulgairement le capitaine Surado, essaya vainement de détromper le gouverneur Centurion : l'expédition eut lieu; mais elle ne rencontra que des souffrances épouvantables; il y périt plusieurs centaines de marins.

En 1775-1780, Nicolas Rodriguez et Antonio Santos, hardis marins, renommés par leur esprit d'aventure, furent chargés par le gouvernement espagnol de chercher l'Eldorado. Après des dangers sans nombre, ils atteignirent l'Uraricuera et le Rio Branco; mais le but auquel ils tendaient leur échappa naturellement. L'abondance du mica, en Guyane contribua à confirmer l'opinion de ceux qui croyaient aux richesses aurifères de ce pays; et, comme dans beaucoup d'autres circonstances, le manque de connaissances scientifiques conduisit aux idées les plus absurdes et aux plus déplorables résultats.

Le pic Calitamini, quand il est frappé obliquement par les rayons du soleil couchant, brille comme s'il était incrusté d'or ou couronné de diamants. D'après les indiens, les îlots d'ardoise micacée du lac Amuca augmentent, grâce à leur réflexion puissante, la teinte argentée des nuages du ciel méridional. Raleigh dit que toutes les montagnes, toutes les pierres des forêts de l'Orénoque avaient l'éclat resplendissant des métaux précieux.

Les voyageurs qui ont donné, sur les richesses de la Guyane et d'Eldorado, les descriptions les plus hyperboliques, sont ceux -là mêmes qui, sur d'autres sujets, n'ont pas craint de violer la vérité, afin de rehausser l'effet de leurs relations. Diego de Ordaz, le fa meux conquistador du Mexique, qui se vantait orgueilleusement d'avoir recueilli du soufre dans le cratère du Popocatepetl, et que l'empereur Charles-Quint avait autorisé à ajouter à ses armes un volcan enflammé, entreprit, en 1531, un voyage de découvertes le long de I'Orénoque. Ayant obtenu une commission qui lui donnait le gouvernement de tous les pays qu'il pourrait conquérir entre le Brésil et la
côte de Vénézuéla, il se mit en route par l'embouchure du Marañon. Là, les indiens présentèrent, dit-il, à ses regards émerveillés "des émeraudes aussi grosses que le poing". Ce n'était sans doute pas autre chose que des morceaux d'un feldspath compacte que l'on trouve en abondance à l'embouchure de la rivière Topagas. Des indiens l'ayant informé qu'en naviguant à l'ouest il trouverait une montagne d'émeraudes, il se dirigea aussitôt vers cette merveille. Malheureusement, un naufrage vint détruire toutes ses espérances. ( PL / G. H.). 

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