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Dêvî
(déesse en sanscrit), un des noms de l'épouse de Shiva
( Hindouisme)
considérée comme une divinité à part, appelée
aussi Dourgâ (de difficile abord), Tchandikâ (furieuse ou victorieuse
de Tchanda), Kâli (noire). Elle est, pour
ses dévots, la divinité toute-puissante qui crée,
conserve et détruit, détruit surtout, mais ne détruit
que les monstres et les fléaux. Elle peut, à son gré,
se renforcer en absorbant en elle l'énergie des autres dieux ou
se multiplier en faisant émerger d'elle-même des divinités
auxiliaires. Plusieurs écrits shivaïtes, consacrés à
la glorification de cette déesse, portent le nom de Dêvîmâhâtmyam
(= grandeur de Dêvî). Le plus important se trouve dans le Mârkandeya-purâna .
Il attribue à Dêvî une part dans la victoire de Vishnu
sur les géants Madhou et Kaitabhou.
C'est elle aussi qui, à l'appel
de Vishnu imploré par les dieux, défit leur oppresseur Mahicha
et le tua, malgré les formes diverses qu'il savait prendre comme
Protée.
Plus tard, le démon Soumbha, qui lui avait
fait faire des propositions de mariage après l'avoir vue terrasser
successivement les alliés qu'il avait lancés contre elle,
Dhoumralotchana, Tchanda et Mounda, Raktavidja (dont chaque goutte de sang,
en tombant à terre, faisait naître un nouveau démon,
tellement que Dêvî ne put en avoir raison qu'en ordonnant à
Kâli
de recevoir dans sa bouche le sang qui coulait des blessures du monstre),
enfin son frère Nisoumbha, tomba à son tour sous les coups
de Dêvi. Une si puissante divinité était bien en mesure
de promettre de magnifiques récompenses à ceux qui célébreraient
fidèlement son culte.
La représentation la plus simple
de Dêvî est une femme à quatre bras, à la longue
chevelure et au corps bleuâtre, tenant sous ses pieds un ennemi terrassé
et porteuse d'armes diverses, entre autres du trident de Shiva.
Mais il en existe des représentations plus complexes.
(L. Feer). |
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