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Mésopotamie > Religion assyro-babylonienne
 
La religion assyro-babylonienne
La théogonie et la cosmogonie
L'origine du monde et des dieux en Mésopotamie
La religion de l'Assyrie et de Babylone était, dans ses principes essentiels et dans l'esprit général qui présidait à ses conceptions, une religion de même nature que celle de l'Égypte, et qu'en général toutes les religions du paganisme antique. Elle était double, et il faut savoir distinguer, en l'étudiant, sa forme extérieure et vulgaire, des doctrines ésotériques exclusivement réservées aux adeptes de la science, c'est-à-dire à la caste sacerdotale. Le divin y apparaît à la fois un et multiple : un parce que tout ce qui existe émane de lui et qu'il est le grand tout dans lequel toutes choses se confondent et s'absorbent; multiple, parce que tous ses attributs sont considérés comme  autant de divinités personnelles qui agissent individuellement chacune pour son compte. Ces perfections du grand tout sont échelonnées dans un ordre d'émanation qui correspond à leur ordre d'importance, et forment tout un peuple de dieux secondaires, tirés de sa substance. C'est dans ces personnages divins et dans leur nature réciproque que se marquent surtout les différences entre les diverses religions polythéistes, dont le principe primordial est toujours le même. L'imagination des Égyptiens avait été surtout frappée par les péripéties successives de la course journalière et annuelle du soleil; ils y avaient vu la manifestation la plus imposante de la divinité, celle qui révélait le mieux les lois de l'ordre du monde, et ils y avaient cherché leurs personnifications divines. Les Assyro-Babyloniens, au contraire, adonnés d'une manière toute spéciale à l'astronomie, lurent dans l'ensemble du système sidéral, et surtout planétaire, l'expression du divin (L'astrologie mésopotamienne). Ils considérèrent les astres comme ses vraies manifestations extérieures, et ils en firent, dans leur système religieux, l'apparence visible des hypostases divines. Aussi, la religion assyro-babylonienne est, avant tout, une religion sidérale.

Les Anciens eux-mêmes s'étaient bien rendu compte de ce caractère particulier de la religion assyro-babylonienne. Après avoir parlé de l'habileté des prêtres de Babylone à construire des thèmes généthliaques, le philosophe Philon, ajoute : 

« En rattachant ainsi les choses terrestres aux choses d'en haut, et le ciel au monde inférieur, ils ont montré dans cette sympathie mutuelle des parties de l'univers, séparées quant aux lieux mais non pas en elles-mêmes, l'harmonie qui les unit par une sorte d'accord musical. » 
Cherchant à résumer le firmament et la régularité éternelle des mouvements dont il est le théâtre, dans une conception philosophique, et une formule synthétique, les Mésopotamiens conclurent logiquement à l'existence d'une intelligence ordonnatrice du monde et des mouvements célestes, d'une force suprême et unique qui réglait la marche invariable des planètes et des étoiles. 
« Ils attribuent, raconte Diodore de Sicile, l'ordre et la beauté qui règnent dans l'univers, à une providence divine, et ils prétendent que, pendant l'âge actuel, les phénomènes, quels qu'ils soient, qui se passent aux cieux, s'accomplissent, non pas au hasard ni spontanément, mais en vertu d'une décision des dieux, fixée d'avance et fermement arrêtée. » 
Cette loi universelle, c'était ce que toute l'antiquité appelait la destinée, l'inéluctable fatalité, gouvernant les dieux eux-mêmes, impuissants comme les humains, à se soustraire à sa dévorante action.

Tel fut donc le résultat général de la science astronomique des Assyro-Babyloniens : elle les conduisit à croire qu'il y avait un dieu supérieur à tous les dieux de leur panthéon. Aussi, la donnée essentielle des spéculations théogoniques des savants mésopotamiens peut-elle se résumer de la manière suivante  : un premier principe immatériel, encore confus, d'où dérivent tous les autres dieux; c'est Ilu, dont le nom signifie « le dieu » par excellence, « ce qui est divin ». Sa conception était trop compréhensive, trop vaste, pour recevoir une forme extérieure bien déterminée et, par conséquent; les adorations habituelles du peuple; à ce point de vue les Grecs lui trouvaient une certaine analogie avec leur Cronos. A une époque assez tardive, on le confondit avec ses principales émanations : à Ninive, on finit par l'identifier avec le dieu Assur, et à Babylone avec Bel-Marduk. Alors et à ce titre seulement, on l'invoque et on sculpte son symbole formé d'un disque ailé, ou son image composée ordinairement d'un buste humain coiffé de la tiare royale, émergeant d'un cercle porté sur deux grandes ailes d'aigle et la queue du même oiseau. C'est le El sémitique, assimilé au dieu protecteur national de Ninive ou de Babylone, de même que pour les Juifs, il devient identique à Yahveh.
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Divinité luttant contre un dragon.

Divinité poursuivant un dragon
On a voulu voir dans cette scène un épisode de la lutte de Marduk contre Tiamat.
(Bas-relief de Nimrud; IXe s. av. J.-C.; British Museum).

De ce premier principe dont l'essence est indéterminée et dont les théologiens ne parlent presque pas, émanent un principe mâle, l'Abîme (Apsu) et un principe femelle qui en est la forme passive et le reflet, c'est la mer chaotique (Mummu Tiamat). Ce couple engendre une autre dualité de mâle et de femelle, La'hamu et Lu'hmu, les deux formes active et passive de la substance, qui elles-mêmes produisent Sar ou Assur et Kisar ou Seruya. Enfin, au moment où l'univers se détermine sous sa forme ordonnée, sort une triade de dieux cosmiques, Anu, Bel et Êa. Voici comment s'exprime la narration cosmogonique appelée Poème de la Création (ou Enuma Elish, suivant ses premiers mots) trouvée dans les ruines du palais d'Assurbanipal :

Du temps où, en haut, le ciel n'était pas encore nommé et, en bas, la terre restait sans nom, l'Abîme (Apsu) sans limites fut leur générateur
et la mer chaotique (Mummu Tiamat) celle qui enfanta leur ensemble. Leurs eaux confluaient en un,
aucune troupe d'animaux n'était encore rassemblée, aucune plante n'avait poussé.
Du temps où aucun des dieux n'avait encore été produit, où ils n'étaient pas désignés par un nom, où aucun destin n'était encore fixé,
les grands dieux furent ensuite formés.
Lu'hmu et La'hamu furent produits les premiers, et ils grandirent dans la solitude. Sar (Assur) et Kîsar (Seruya) furent produits ensuite.
Puis il s'écoula une longue suite de jours
et Anu, Bel et Êa
naquirent d'Assur et de Seruya.
Chose bien singulière, Damascius a conservé intact et sans altération le dépôt de cet enseignement religieux retrouvés bien plus tard par les archéologues dans les documents cunéiformes et qui remonte à l'époque proto-babylonienne. On dirait presque que l'auteur grec a traduit le document même que nous venons de rapporter : 
« Parmi les barbares, dit-il, les Babyloniens paraissent passer sous silence le premier de tous les principes, et ils en imaginent ensuite deux, Taothé (Tiamat) et Apasôn (Apsu), faisant d'Apasôn l'époux de Taothé, qu'ils appellent la mère des dieux. Ils font naître de leur union un fils unique, Moymis (Mummu) qui me paraît être le monde intelligible, issu des deux premiers principes. Des mêmes, sort ensuite une autre génération, Doché et Dachos (corrigez Lachmê et Lachmos = La'hamu et Lu'hmu). Succède une troisième, (les mêmes parents, Kissarê (Kî-Sar) et Assôros (Assur = Sar), de qui naissent trois dieux : Anos (Ana = Anu), lllinos (corrigez : Illimos, Elim = Bel) et Aos (Ea); enfin le fils d'Aos (Êa) et de Daokê (Daokina) est Bêlos (Bel-Marduk), qu'ils disent avoir été le démiurge. »
Les trois dieux de la triade suprême reçoivent, en suméro-akkadien, les appellations caractéristiques qui suivent : E-Sar ou « demeure du firmament »; E-Kur ou « demeure de la terre »; enfin E-a « demeure des eaux ». Ces dieux représentent donc les trois grandes zones cosmiques qu'avaient imaginées les savants mésopotamiens : le ciel, la terre et I'océan.

Le dieu Bêl auquel une tablette mythologique donne, sous forme d'invocation ou de litanie, jusqu'à trente et un titres différents, est généralement qualifié de « fondateur, seigneur du monde, seigneur de toutes les contrées, roi des esprits. Sous sa forme suprême, c'est-à-dire quand il est appelé simplement Bêl, sans aucun surnom, il est représenté assis sur un trône, avec une figure entièrement humaine, en costume de roi, la tiare munie de cornes de taureau, symbole de puissance. Bel se confond plus tard, à Babylone, avec sa principale émanation, Marduk, le dieu de la planète Jupiter, et à ce titre il peut, lui aussi, être considéré aussi bien que Êa, comme le démiurge et l'organisateur du monde.

La triade suprême, Anu, Bêl et Êa, est représentée sur un cylindre, par l'emblème traditionnel de la divinité abstraite, surmonté de trois têtes. Leurs formes passives ou leurs épouses sont Anatu, Beltu et Damkina. Anu et Anatu engendrent Isu, Ishtar et Raman; Bêl et Beltu ont pour enfants Sin, Belit Rabitu, Adar ou Sandan, Rabtum, Nergal et Las; enfin Êa et Damkina produisent Marduk et Zarpanit. Il faut encore ajouter, comme fils de Sin et de Belit, le dieu Shamash; et comme enfants de Marduk et de Zarpanit, le dieu Nabu et la déesse Tasmitu. Au-dessous enfin, se rangent, dans des générations successives, les nombreuses légions des dieux inférieurs, de sorte que tout le panthéon assyro-babylonien est issu des trois premières triades cosmiques Anu-Anatu, Bel-Beltu, Êa-Damkina.
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L'arbre généalogique des dieux mésopotamiens.

L'arbre généalogique des dieux mésopotamiens.

La science de la filiation des dieux et de leur caractère cosmique dont nous retrouvons l'expression dans les textes mythologiques, ne franchit jamais le seuil de l'école; elle conserva toujours son caractère hiératique et mystérieux comme tout ce qu'enseignait la caste sacerdotale des Mésopotamiens. Peut-on dire qu'il y eut, dans la suite des siècles, des réformes engendrées par ces querelles théologiques? C'est probable, Toujours est-il que de nombreux documents donnent à la grande triade Anu, Bêl et Êa, un caractère qui, de prime abord, ne paraît guère se concilier avec son rôle cosmique, car elle personnifie l'abîme, le chaos, les ténèbres et la confusion. Voici dans quel ordre d'idées rentre cette conception.

Anu, Bel et Êa, dieux de l'origine des choses avant la création des mondes, dieux présidant au chaos primordial des éléments, avant que le démiurge eût mis chaque chose à sa place et, créé les êtres, sont par conséquent les puissances des ténèbres et de la confusion, et ils gardent ce caractère même après que le monde est organisé. Personnifiant le chaos, ils deviennent les dieux du mal, les antagonistes des dieux, émanés d'eux pourtant, qui ont organisé l'univers et président au maintien de l'ordre qui le régit. Remarquez que des doctrines cosmogoniques semblables pour le fond à celles-ci, forment la base de la mythologie hellénique : Zeus, le roi du monde organisé, fait la guerre à Cronos son père, qui personnifie le chaos, les éléments avant la création; il le chasse du trône et il foudroie les Titans qui composent son armée. Ainsi, ce n'est que jusqu'au moment où les grands luminaires du soleil (Shamash), de la lune (Sin) et de la planète Vénus (Ishtar), commencent leur marche régulière à travers les espaces, qu'Anu règne seul en maître absolu sur le ciel : dès que le monde est créé, le chaos reste son domaine; il est l'ennemi de l'univers organisé et des dieux qui président à l'harmonie des mouvements sidéraux. Un fragment épique sur les premières générations monstrueuses développées au sein du monde encore chaotique, décrit comme il suit l'empire d'Anu et de Mummu-Tiamat (les points de suspension (...) marquent les lacunes dans le document original) :

Sur une stèle on n'écrivait pas encore, rien n'était ouvert,
les corps et les productions sur la surface de la terre n'avaient pas encore commencé à pousser.
Bien ne s'élevait de la terre; et je ne m'en approchais pas.
Des guerriers aux corps d'oiseaux du désert, des êtres humains avec des faces de corbeaux,
les grands dieux les avaient créés,
et sur la terre les dieux avaient créé pour eux une demeure. Tiamat leur donnait leur force,
la dame des dieux avait élevé leur vie.
Au milieu de la terre ils avaient crû et étaient devenus grands
et leur nombre s'était accru.
Sept rois frères, de la même famille,
et six mille en nombre était leur peuple. Banini leur père était roi, leur mère était la reine Melili;
le frère aîné parmi eux, qui marchait devant eux, Menamgab était son nom; le second frère parmi eux, Medudu était son nom; le troisième frère parmi eux, ...pah était son nom; le quatrième frère parmi eux, ...dada était son nom; le cinquième frère parmi eux, ..takli était son nom ; le sixième frère parmi eux, ...ruru était son nom ; le septième frère parmi eux, ...rara était son nom.
Pour mieux saisir la portée cosmogonique de ce document, il faut en rapprocher le fragment de Bérose qui relate les mêmes doctrines cosmogoniques :
« Il y eut un temps où tout était, ténèbres et eau, et dans ce milieu s'engendrèrent spontanément des animaux monstrueux et des figures particulières : des humains à deux ailes, et quelques-uns avec quatre, à deux faces, à deux têtes, l'une d'homme et l'autre de femme, sur un seul corps, et avec les deux sexes en même temps; des hommes avec des jambes et des cornes de chèvres ou des pieds de cheval; d'autres avec les membres postérieurs d'un cheval et ceux de devant d'un homme, semblables aux hippocentaures. Il y avait aussi des taureaux à tête humaine, des chiens à quatre corps et à queue de poisson, des chevaux à tête de chien, des hommes également à tête de chien, des animaux à tête et à corps de cheval et à queue de poisson, d'autres quadrupèdes où toutes les formes animales étaient confondues, des poissons, des reptiles, des serpents, et toutes sortes de monstres merveilleux présentant la plus grande variété dans leurs formes, dont on voit les images dans les peintures du temple de Belos (Ê-Sakil). Une femme nommée Omoroca (Um-Uru , la mère d'Uruk ), présidait à cette création; elle porte dans la langue des Chaldéens le nom de Thavath (Tiamat), qui signifie en grec « la mer; » on l'identifie aussi à la lune. Les choses étant en cet état, Belos (Bel-Marduk) survint et coupa la femme en deux; de la moitié inférieure de son corps il fit la terre, et de la moitié supérieure le ciel, et tous les êtres qui étaient en elle disparurent. Ceci est une manière figurée d'exprimer la production de l'univers et des êtres animés, de la matière humide. Belos alors se trancha sa propre tête, et les autres dieux, ayant pétri le sang qui en coulait avec la terre, formèrent les hommes, qui pour cela sont doués d'intelligence et participent de la pensée divine. C'est ainsi que Bêlos, que les Grecs interprètent par Zeus, ayant divisé les ténèbres, sépara le ciel et la terre, et ordonna le monde; et tous les êtres animés qui ne pouvaient pas supporter l'action de la lumière périrent. Bêlos, voyant que la terre était déserte, quoique fertile, commanda à l'un des dieux de lui couper la tête, et pétrissant le sang qui coulait avec la terre, il façonna les hommes, ainsi que les animaux qui peuvent vivre au contact de l'air. Ensuite Belos forma aussi les étoiles, le soleil, la lune et les cinq planètes. »
Ainsi qu'on peut aisément le constater, la théorie cosmogonique enseignée traditionnellement dans les écoles sacerdotales de Babylone et conservée par Bérose, avait la plus grande analogie avec celle qui est exposée au commencement de la Genèse hébraïque. Comme cette dernière, elle admettait que l'humain est, non pas né par émanation de la terre qui le porte, mais créé par l'opération toute-puissante d'un dieu personnel distinct de la matière primordiale et supérieur à elle. Les prêtres Mésopotamiens enseignaient, d'après Bérose, que l'homme fut façonné par les dieux avec du limon, comme une statue d'argile. 

Malheureusement la genèse assyro-babylonienne dont le texte original a été retrouvé dans les décombres de la bibliothèque d'Assurbanipal, est si mutilée que le récit de la création de l'homme n'y est pas compris : il n'en est pas question dans tout ce que l'on en possède, ou plutôt un seul passage, dans ce qui nous reste de ce précieux texte, semble faire allusion à un dieu créateur ayant façonné l'homme de ses mains : « La vue des hommes que ses deux mains ont créé », y est-il dit en parlant de Êa, le dieu qui ressuscite les morts.

La Genèse hébraïque a fait bien d'autres emprunts à la cosmogonie babylonienne. Ainsi, par exemple, pour désigner l'homme dans ses rapports avec son créateur, le texte cunéiforme emploie quelquefois le mot admu, qui est bien le même mot que l'Adam du texte biblique. C'était probablement le nom donné par le texte cunéiforme au premier ancêtre de l'humanité; toutefois, Bérose l'appelle Adoros, nom dans lequel il n'est pas possible de méconnaître l'original Adiuru, retrouvé dans des textes cunéiformes où il est cité pour indiquer l'origine même de l'espèce humaine.

Nous n'insisterons pas davantage sur la création de l'homme et l'organisation du monde d'après les traditions assyro-babyloniennes. Nous ferons seulement, en dernier lieu, remarquer que les Mendaïtes ont recueilli dans leurs livres sacrés les spéculations théologiques des savants chaldéens, soit pour les générations divines, soit pour la création de l'homme et l'organisation du monde. Le Sidra rabba enseigne l'existence d'un dieu suprême, éternel et pur esprit, dont le nom est Aloho, c'est-à-dire le dieu assyrien Ilu, expression d'ailleurs universellement en usage dans les langues sémitiques pour désigner l'Être suprême. Aloho ne fait rien et n'agit point; il se confond avec ses propres émanations, parmi lesquelles les cieux premières sont, comme chez les Mésopotamiens, le principe mâle et le principe femelle, Firho et Ayar, l'un qui est l'élément actif et fécondant, l'autre, l'élément passif et fécondé. De ces deux êtres divins émanent trois outras ou génies, appelés la première, la seconde et la troisième Vies, la matière, le verbe et la providence, correspondant à Anu, Bêl, Êa. L'homme, appelé Adam, est créé par une de ces trois Vies, Êa, qui lui communique l'âme et la vie, comme dans la Genèse biblique et la tradition bérosienne, aussi bien que dans l'enseignement de la Cabale et de la plupart des sectes gnostiques des premiers siècles de notre ère. (F. Lenormant, E. Babelon).

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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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