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Contemplation

La contemplation est un état psychologique particulier, lorsque, percevant à un haut degré, dans un objet ou dans une de ses propres, idées, les caractères de la vérité, de la beauté, de la grandeur, etc., on s'attache à cette perception et on la prolonge à plaisir sans rien chercher au delà. La contemplation est un phénomène réel, assez commun, et les philosophes qui ont apporté le plus de sévérité dans l'analyse de l'esprit humain en ont tenu compte. Aristote, par exemple, signale « les plaisirs ineffables attachés à la contemplation des vérités éternelles (De part. anim., I, 5). » Platon compare à un captif délivré de sa prison ténébreuse et rendu à la lumière du jour l'âme qui s'élève à la sphère des idées, et au soleil, lumière du monde visible, le bien, lumière du monde intelligible, et. il ajoute : 
« Ne t'étonne plus que ceux qui sont parvenus à cette sublime contemplation dédaignent de prendre part aux affaires humaines, et que leurs âmes aspirent sans cesse à se fixer dans ce lieu élevé (Rép., I. VII). » 
Mais ce sont surtout les mystiques qui ont approfondi la théorie et préconisé la pratique de la contemplation, en tant que dirigée vers Dieu. Suivant Philon, cet état, dans lequel l'âme, comblée des faveurs divines, se repose de la fatigue de ses opérations, est supérieur à la vertu, qui n'est qu'une préparation à la vie parfaite. Cette supériorité de la contemplation sur la vertu active, présentée avec plus ou moins de ménagements, est restée le fond des doctrines mystiques professées par les auteurs chrétiens que Fénelon appelle par excellence « les contemplatifs, les auteurs de la vie intérieure ».  Lui-même, à cet égard et sur les traces de Molinos, est allé plus loin que la plupart d'entre eux; il a donné une analyse minutieuse de la contemplation dans son Explication des Maximes des saints
« Il faut la distinguer de la méditation [...]. Celle-ci est une composition d'actes discursifs et réfléchis [...]. La contemplation est l'exercice de l'amour parfait, et consiste dans des actes si simples, si directs, si paisibles, si uniformes, qu'ils n'ont rien de marqué par où l'âme puisse les distinguer .»
L'assimilation de la contemplation et de l'amour n'a d'ailleurs rien qui doive surprendre; car l'amour, même l'amour humain, affecte parfois la forme purement contemplative, sans désir et sans action (amour platonique). Entre la contemplation et l'extase, autre forme de la perfection mystique, il y a cette différence que, dans la contemplation, l'âme ne cesse pas d'être elle-même, n'est pas substantiellement absorbée par l'objet qu'elle contemple, ce qui est, au contraire, un des caractères de l'extase proprement dite. (B-e.).
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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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