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Bûcher,
rogus,
ustrum, pyra. - Pile de bois résineux (if, pin, mélèze,
frêne, cyprès, genévrier, etc.), sur laquelle les Anciens
brûlaient les cadavres des morts. On
lui donnait la forme d'un autel
quadrangulaire, ou d'une pyramide à 3 ou 4 étages, plus ou
moins haute suivant l'importance du mort. On l'ornait d'une guirlande
de cyprès, et on l'entourait même
d'une haie de cet arbre. Les bûchers se
dressaient hors des villes, et à 60 pieds de toute habitation, Ceux
des personnages marquants étaient rehaussés de tentures,
de tableaux et de statues .
On en voit la représentation sur
un grand nombre de médailles d'empereurs
romains. Souvent on jetait dans le feu des parfums, des vêtements
précieux, des armes, etc.; quelquefois des personnes s'y précipitaient
pour témoigner leur douleur; ou bien on immolait des animaux. L'Illiade
nous montre Achille qui tue 12 Troyens
sur le tombeau de Patrocle. Il y avait
des bûchers publics, ustrina (d'urere = brûler), où
étaient consumés les corps des morts trop pauvres pour que
leur famille fit la dépense d'un bûcher.
L'usage des bûchers funéraires
existait chez les Scythes et les Thraces ,
aussi bien que chez les Grecs
et les Romains ;
il s'est perpétué jusqu'à nos jours chez les Hindous.
Un des bas-reliefs
de la Table Iliaque
figure le bûcher de Patrocle : c'est
une construction en charpente, formée d'assises en retraite les
unes au-dessus des autres. Le bûcher d'Ephestion, qu'Alexandre
le Grand fit élever à Babylone
par Dinocrate, était une pyramide quadrilatérale, dont chaque
côté avait, à la base, un stade (184 mètres)
de développement. Le soubassement
était décoré de 240 proues dorées de navires,
entre lesquelles on avait tendu des draperies teintes en pourpre : ces
proues étaient surmontées de statues d'hommes armés
ayant 5 coudées de hauteur, et sur leurs flancs étaient placées
des figures d'archers à genoux, de 4 coudées de hauteur.
L'étage au-dessus du soubassement était garni de candélabres
liants de 15 coudées, et garnis, à la poignée, de
couronnes d'or; au-dessus de la flamme qui paraissait les surmonter, on
voyait des aigles aux ailes déployées et jetant les yeux
sur des dragons qui ornaient la base. Au 3e
étage étaient représentées des chasses d'animaux;
au 4e, un bas-relief doré figurait
un combat de Centaures; au 5e,
il y avait des lions et des taureaux
en or posés alternativement; sur la plate-forme s'élevaient
des trophées
d'armes. Enfin l'édifice était couronné de Sirènes
creuses, dans lesquelles pouvaient se tenir les musiciens chargés
d'exécuter les chants funèbres. Ce monument, d'une élévation
de plus de 130 coudées, coûta 12000 talents; Quatremère
de Quincy en a fait la restitution, d'après le récit
de Diodore de Sicile.
Le bûcher fut, dans les premiers
siècles du Moyen âge ,
l'une des épreuves judiciaires ou Jugements de Dieu (Ordalie).
A diverses époques il fut aussi un instrument de supplice. Vulcatius
Gallicanus parle d'un bûcher de 60 mètres de hauteur, sur
lequel les Romains
de son temps attachèrent à différentes hauteurs les
condamnés au feu. En France ,
le supplice du bûcher, dura jusqu'à la Révolution :
on entassait du bois et de la paille autour d'un poteau de 2 à 3
mètres de hauteur, auquel on attachait le condamné, vêtu
d'une chemise soufrée; on abrégeait souvent les souffrances
de la victime, en lui perçant le coeur. On brûlait les hérétiques,
les sorciers, et ceux qui commettaient des
crimes que l'on définissait contre nature.
Dans l'iconographie chrétienne,
Sainte Afre, Sainte Agnès, Sainte Colombe, Sainte Euphémie,
Saint Polycarpe, Sainte Thècle, etc., ont pour attribut
un bûcher, instrument de leur supplice. (B.). |
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