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Encyclopédie
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| La fête du boeuf gras |
La
coutume de promener un boeuf dans les rues, pendant les jours gras, a existé
en France"lequel après collection faite, par le commissaire susdit, des voix et avis des arbitres à ce apelés, a raporté et jugé le boeuf exhibé par Anthoine Berthier l'aisné, estre le plus gras et suffisant pour estre mené et violé à la manière accoustumée : après quoi a été pris iceluy bouf, mené et violé par les rues de la justice dudit bourg en ladite boucherie". (Inventaire ancien des titres de Saint-Sulpice.)Un vitrail du XVIe siècle (église de Bar-sur-Seine) nous donne une représentation de la cérémonie.
Marche du Boeuf, au XVIe siècle, Vitrail de Bar-sur-Seine (Aube). Il faut passer, sans transition, au XVIIIe siècle pour trouver une description un peu détaillée de cette espèce de procession. Celle de 1739 est célèbre. Boucher d'Argis en a laissé une relation : le bœuf avait sur la tête une branche de laurier-cerise, sur le dos un tapis où était assis un enfant orné d'une écharpe bleue, partant une épée et un sceptre : c'était le roi des bouchers. Comme escorte, quinze garçons bouchers en corsets rouges et trousses blanches, la tête couverte d'une toque rouge et blanche. Deux d'entre eux menaient le boeuf par les cornes, les autres jouaient du tambour, du violon, du fifre, ou portaient des bâtons. Comme n'était l'usage de conduire le boeuf chez les personnages marquants, on s'en fut chez le premier président. Celui-ci ne se trouva pas à son domicile. Le cortège, sans désemparer, se rendit au Palais. On fit monter au
bœuf l'escalier Le boeuf gras fut supprimé par la Révolution. Il reparut avec éclat en 1805 et fut même, à cette époque, l'objet d'une ordonnance de police (23 février 1805) qui régla tous les détails de la cérémonie. "Les marchands bouchers coiffés et poudrés en tresses, devaient porter chapeau Henri IV avec panache aux couleurs nationales; gilet, pantalon et veste en basin rayé : bottes à la hussarde avec glands d'or et d'argent, manteau écarlate brodé d'or, gants à la crispin noirs piqués de blanc; le cortège devait se composer de six chevaux montés, dix mamelucks, six sauvages et six Romains, quatre Grecs cuirassés et six chevaliers français, quatre Polonais, quatre Espagnols, deux coureurs, huit Turcs, un tambour-major de à garde, six tambours costumés en gladiateurs, deux fifres en Chinois, dix-huit musiciens en costumes de caractère, douze garçons bouchers portant tous les attributs de la boucherie. Le bouf devait peser treize à quatorze cents, être richement panaché et décoré, porter un enfant en amour, soutenu par deux sacrificateurs ornés de haches et de massues, etc."En 1811 et en 1812 le cortège eut une splendeur inaccoutumée. En 1814 il fut interdit par la police. En 1821 les maîtres bouchers ayant décidé de fournir eux-mêmes la boeuf, l'administration organisa un concours au marché de Poissy En 1834 la police
municipale de Paris La République
de 1848 supprima le bœuf gras (arrêté de police du 24 janvier
1849). L'Empire le rétablit (1851); la subvention fut portée
à 6 000 F, et le cortège, jadis modeste, s'accrut d'une escorte
militaire considérable (chevaliers, Romains, reîtres, lansquenets,
mousquetaires, gardes françaises). Il y eut plusieurs chars allégoriques;
il y eut même souvent quatre et six boeufs. Voici comme on réglait
la cérémonie. Les boeufs amenés à Paris Ce cortège
était formé de garçons boucliers, de camelots, de
soldats empruntés à la garnison de Paris, au prix de 2,50
F par homme et par jour, versés à la masse du régiment,
de figurantes de petits théâtres et d'habituées des
bals publics, payées 1 F l'heure. L'impresario fournissait les costumes
et un déjeuner composé, d'un pain d'une livre, de viande
froide et de fromage. La promenade de 1866 est citée comme une des
plus belles : on y vit, outre les attractions ordinaires, un porc gras
et un énorme géant mécanique. L'année 1870
est la dernière où l'on ait promené le boeuf gras.
On a parlé par la suite, à diverses reprises, de renouveler
ce spectacle, mais comme d'année en année le carnaval de
Paris |
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© Serge Jodra, 2008. - Reproduction interdite.