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Encyclopédie
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| Les banquets maçonniques |
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banquet symbolique tient une large place dans les rituels de la franc-maçonnerie.
En Angleterre Le principe de fraternité qui régit l'Ordre maçonnique veut que les banquets se tiennent au grade d'apprenti, afin que tous les maçons puissent y être admis. Les banquets, tenus aux grades supérieurs, sont fort rares. Au grade d'apprenti, le banquet ne comporte qu'une seule table, disposée en fer-à-cheval. Les frères prennent place dans le pourtour extérieur du fer-à-cheval. Le pourtour intérieur reste libre. Dans le rite écossais, le maître des cérémonies et les diacres se placent dans l'intérieur du fer-à-cheval, en face du vénérable. Toutefois, cette règle n'est pas absolue. Quand les frères sont nombreux et que l'exiguïté du local en fait une loi, l'intérieur se trouve rempli. Les places sont distribuées comme en loge. Le vénérable occupe le milieu extérieur de la table; aux deux extrémités se placent le premier et le second surveillant. Le vénérable conduit les travaux. Les surveillants et le maître des cérémonies reçoivent ses ordres et les transmettent aux convives. Les santés sont commandées et ordonnées par le vénérable, qui peut cependant déléguer le commandement des armes, dans les santés, à quelques-uns des officiers, en même à de simples apprentis. Sur la table, la vaisselle, les verres, les couteaux, etc., doivent être rangés en lignes parallèles. Dans quelques loges, on dessine sur la nappe des cordons de couleur pour mieux observer les alignements. La première ligne, partant de l'intérieur, est pour les plats; la deuxième est pour les bouteilles et les carafes; la troisième est celle des verres et la quatrième celle des assiettes. Les ustensiles de table ont des noms symboliques qui varient avec les degrés et les rites. Voici la nomenclature la plus généralement adoptée. La table se nomme Plateforme; la nappe, Voile; la serviette, Drapeau; le plat, Plateau; l'assiette, Tuile; la cuillère, Truelle; la fourchette, Pioche; le couteau, Glaive; la bouteille ou carafe, Barrique; le verre, Canon; les lumières, Etoiles; les mouchettes, Pinces; les chaises, Stalles; les mets en général; Matériaux; le pain, Pierre brute; le vin, Poudre forte, rouge ou blanche; l'eau, Poudre faible; le cidre ou la bière, Poudre jaune; les liqueurs, Poudre fulminante; le sel, Sable; le poivre, Ciment ou sable jaune. Manger, c'est Mastiquer; boire, c'est Tirer une canonnée; découper, c'est Dégrossir. Cette terminologie
offre de nombreuses variantes, notamment dans la maçonnerie
d'adoption (régime français). Ici, la table se nomme Atelier;
la serviette, Tablier; les assiettes, Patères; les plats, Auges;
la cuillère, Truelle; la fourchette, Pince; le couteau, Glaive;
la bouteille, Jane; la carafe, Cruche; le verre, Lampe; boire, c'est souffler
une lampe; le pain s'appelle Manne ou Pierre blanche; le vin, Huile rouge
ou blanche; l'eau, Huile faible; le vin de liqueur, Huile forte; la liqueur,
Huile fulminante; le sel, Eau sèche.
Le chiffre de sept, fixé pour les toasts maçonniques, a une raison d'étre symbolique. Il rappelle les sept libations que faisaient les initiés perses, égyptiens et grecs, en l'honneur des sept planètes dont les jours de la semaine portent les noms. La première, libation était offerte, au Soleil, flambeau du monde, qui symbolise le chef de l'Etat. La deuxième était offerte à la Lune, astre des nuits et des mystères, quia pour correspondant dans l'ordre le grand-maître. La troisième était consacrée à Mars qui présidait également aux conseils et aux combats, et qui figure le vénérable. La quatrième était celle de Mercure (Anubis chez les Egyptiens), la personnification de la surveillance. La cinquième était offerte à Jupiter, dieu de l'hospitalité; elle est consacrée aux visiteurs. La sixième était celle de Vénus, déesse de la génération; elle est celle des nouveaux initiés, récemment engendrés dans l'ordre. Enfin, la septième libation était offerte à Saturne, dieu des temps, image de l'immensité. Elle est portée à l'universalité des maçons. Les convives forment un cercle. Les servants viennent s'y mêler, en souvenir des saturnales, où les esclaves partageaient les plaisirs de leurs maîtres. Les santés se tirent de la manière suivante : 1° Le vénérable ordonne de charger les canons (remplir les verres) et de tout aligner.A ces mots, tous les frères décrivent par trois fois, avec le verre, un triangle, dont la base est sur la poitrine et le sommet en avant. Au commandement de : Un, deux, trois! on descend graduellement le verre, et au mot trois, on le pose sur la table avec ensemble, de manière à ne faire entendre qu'un seul coup. Ensuite, on fait avec les mains la batterie d'acclamation. Lorsqu'il y a lieu, le maître des cérémonies, faisant fonction d'ambassadeur, répond à la santé. Le vénérable suspend ensuite les travaux de table, et l'on reprend les occupations du banquet. Il est d'usage de mettre l'atelier en récréation pendant l'intervalle des santés et de laisser aux frères la liberté de parler; mais au premier coup de maillet, tous doivent faire le plus grand silence, se mettre à l'ordre de table et prêter attention à ce qui va être dit ou ordonné. L'Ordre de table
consiste à tenir la main droite à l'ordre d'apprenti, poser
la gauche à plat sur la table, les doigts réunis, le pouce
écarté longeant le bord de la table pour former l'équerre.
Détail important. Lorsqu'un frère commet une faute, il est
condamné par le vénérable à tirer une canonnée
de poudre faible (à boire un verre d'eau), et l'instrument du supplice
lui est présenté, entre les deux colonnes, par le maître
des cérémonies. Le symbolisme maçonnique établit
un parallèle entre cet usage et un trait bien connu de la mythologie
grecque. Les dieux qui se parjuraient, après avoir juré
par le Styx, étaient condamnés à
boire une coupe de cette eau empoisonnée.
Parmi les variantes les plus remarquables du rite symbolique, il importe de signaler les suivantes. Dans les grades chapitraux, il y a le banquet des élus, correspondant à la même cérémonie de l'Elu des quinze, du rite écossais (10e degré). Ici, les verres sont nommés urnes et les couteaux, poignards. Le commandement des santés se distingue par cet ordre : « Plongeons le poignard dans l'urne! » Ce mouvement s'exécute par trois fois au cri de Nekam, terme hébraïque qui n'a pas de signification bien déterminée., Dans le banquet des grands élus écossais, les verres sont nommés coupes. La coupe, aux divers commandements, est manoeuvrée de manière à former la croix de Saint-André, X. Le banquet des chevaliers
d'Orient se distingue par un apparat militaire qui lui est propre. Les
chevaliers d'Orient travaillent d'une main et combattent de l'autre. C'est
dire qu'ils ne se séparent pas du couteau. Les particularités
du banquet des souverains princes, rose-croix, sont intéressantes
à rappeler. Ici, l'on donne à la table la forme d'une croix
grecque. L'ensemble des usages rappelle les réfectoires mystiques.
Les verres sont nommés calices; la table est un autel. Je citerai,
enfin, le banquet des chevaliers d'Orient et d'Occident. La fin des toasts
est marquée par un battement général du pied sur le
parquet. La salle offre un aspect emblématique spécial. On
y remarque le chandelier à sept branches sous un dais d'azur rond;
de chaque côté, la lune et le soleil ; sous le chandelier,
la couronné boréale; dessous, un homme nu, les bras ouverts,
les pieds sur l'intérieur d'un croissant. Les banquets maçonniques
ont acquis en Amérique |
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© Serge Jodra, 2008. - Reproduction interdite.