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Asclépios

Asclépios (mythologie grecque). - Dieu de la médecine chez les Grecs, dont les Romains feront leur Esculape.  Les poètes ne sont pas d'accord sur au naissance. Chez Homère, Asclépios n'est encore qu'un héros "excellent médecin" ; ses deux  fils, Podalire et Machaon, conduisent sous les murs de Troie les contingents de la Thessalie. Les prétendus descendants de ces personnages seront connus sous le nom d'Asclépiades
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Asclépios et sa famille.
Ex-voto à Asclépios. Les fidèles viennent implorer le dieu, qui a auprès de lui sa femme Épione,
ses fils Machaon et Podalire, ses filles Hygie, Aeglé et Panacée. 
Relief votif. Musée national d'Athènes. 

Selon d'autres, il était fils d'Apollon et de Coronis, fille de Phlégyas, roi des Lapithes. Le dieu, ayant appris par un corbeau , que son amante entretenait une liaison avec lschys, fils d'Aelatus, en Arcadie, donna ordre à Artémis d'aller tuer l'infidèle Coronis. Celle-ci allait périr, lorsque Apollon accourut pour sauver son fils Asclépios, qu'il porta chez le centaure-Chiron, pour que celui-ci lui apprit l'art de la médecine et de la chasse. Selon d'autres encore, Coronis, qui accompagna son père Phlégyas à une expédition dans le Péloponnèse, mit au monde Asclépios, et l'exposa à Épidaure, près du mont Titthéion, où il fut nourri par une chèvre et gardé par un chien. Le berger Aresthanas vit briller au-dessus de sa tête une auréole éclatante. 

Peu après sa naissance, le bruit se répandit dans toutes les parties du monde, qu'un enfant était né qui savait guérir toutes les maladies et ressusciter les morts. Les traditions ne s'accordent pas sur la manière dont il acquit ce pouvoir merveilleux : Apollonius rapporte qu'Athéna lui donna le sang de Gorgo, à l'aide duquel il pût rappeler les morts à la vie; Hygin prétend qu'Asclépios, se trouvant dans la maison de Glaucus, qui était dangereusement malade, vit un serpent venir à lui et se rouler autour de son bâton. Asclépios le tua; mais vint un autre serpent, qui, avec une certaine herbe qu'il portait dans sa gueule, rappela à la vie le serpent tué. C'est ainsi que, selon Hygin, Asclépios apprit à connaître l'herbe avec laquelle il ressuscitait les morts. Son épouse est Épione, la calmante; ses fils Machaon, Podalire, laniscus, Alexénor, Aratus; ses filles, Hygie, Aeglé, laso, Panacée. 

II prit part à l'expédition des Argonautes en Colchide, et rendit par son art de grands services à l'équipage; il ressuscita Hippolyte, fils de Thésée, Tyndare, Capanée, Glaucus, Hyménaeus, Lycurgue, les Proetides, Orion, les Phinoïdes, et ceux qui étaient morts à Delphes.  Après avoir rendu la vie à Glaucus et à Hippolyte, il fut tué par la foudre, que Zeus lança contre lui, soit que le dieu craignit que les progrès de son art ne parvinssent à arracher entièrement les humains à la mort, soit qu'il y fût engagé par Hadès, qui se plaignait qu'Asclépios empiétait sur son pouvoir. Cependant Zeus, cédant aux instances d'Apollon, rangea Asclépios, avec le serpent,  dans le ciel, où il forme la constellation du Serpentaire. Une autre version du mythe dit qu'Apollon, irrité de la mort de son fils, extermina les Cyclopes qui avaient forgé la foudre avec laquelle Asclépios fut tué. Zeus voulait le précipiter dans le Tartare; mais, sur les prières de Léto, il l'exila de l'Olympe, et le condamna à faire paître la boeufs d'Admète.
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Monnaie de Pergame au type d'Asclépios.

Comme dieu de la médecine, Asclépios était adoré dans les forêts. Près d'une source salutaire, on sur des endroits élevés. Épidaure lui était consacrée; Il y avait un temple, une forêt, et une statue d'ivoire faite par Thrasymède. Il avait aussi des temples magnifiques dans toutes les parties de la Grèce, comme à Titane en Sicyonie, où sa statue porte le nom d'Hygie; A Trieca en Thessalie; à Tithorée en Phocide, où il était vénéré sous le nom d'Archégètès; dans l'île de Cos, à Mégalopolis, à Cyllène en Élide, où il avait une,statue célèbre faite par CoIotés; à Argos, à Pergame sur le Caïcus, à Smyrne, à Syracuse. Son temple à Égée en Cilicie jouissait d'une grande réputation, et fut détruit par Constantin, qui croyait honorer la nouvelle religion par cet acte de vandalisme. Le culte d'Asclépios, renommé Esculape, fut transporté d'Épidaure à Rome, à l'occasion d'une peste; on lui érigea un temple dans l'île du Tibre, où est aujourd'hui l'église de Saint-Barthélemy. La plupart de ces temples se trouvaient dans des endroits qui, par leur situation élevée et l'air qu'on respirait, étaient très sanitaires pour les malades qui venaient implorer le secours du dieu. Ainsi le temple de Cyllène était bâti sur le cap d'Hyrmine, dans une contrée très fertile du Péloponnèse; celui d'Epidaure se trouvait près de la mer; d'autres sur les bords des rivières, ou près des sources réputées bienfaisantes. 

Tel était encore le temple d'Asclépios à Athènes. Il contenait une source d'eau chaude. Lorsque les malades s'y rendaient, le dieu leur apparaissait en songe, et leur indiquait les remèdes qui devaient les gué rir; ces remèdes étaient inscrits sur des ta blettes qu'on suspendait dans le temple, ou elles servaient souvent d'ordonnances aux médecins. Asclépios porte un grand nombre d'épithètes, comme celles de: Archégète, fon dateur de villes; Aglaopès, rayonnant, Apalexicacos, sauveur; Philolaos, ami du peuple, et beaucoup d'autres, dérivées des noms des endroits où il était vénéré. On lui sacrifiait des coqs et des chèvres. Le laurier, le chien. son gardien, la chouette, symbole de la sagesse, lui étaient consacres, et surtout le serpent, qui était intimement lié avec le culte de ce dieu. Chez les Égyptiens et chez tous les anciens peuples de l'Orient, nous retrouvons le serpent pour attribut des divinités que l'on adorait comme dieux de la médecine; ce qui a fait penser que toutes ces divinités diverses ont eu une source commune, et que le culte du serpent comme emblème de la santé est peut-être un emblème d'origine égyptienne, qui, transplanté en Orient et surtout en Phénicie le fut aussi à Épidaure par des marchands de ce pays. Ainsi, nous trouvons dans l'histoire des Hébreux que Moïse avait érigé au milieu du peuple un serpent d'airain, dont la seule vue guérissait de la peste; et plus tard, même à la première époque du christianisme, nous voyons sur d'anciens tableaux le serpent, comme emblème de l'hygiène, sortant du calice de saint Jean. 

Le type d'Asclépios / Esculape, tel que l'art antique l'a fixé (à partir des plus grands maîtres, tels que Phidias, Alcamène, Scopas et autres), rappelle celui de Zeus; c'est la même tête barbue, mais avec plus de douceur et de bienveillance dans l'expression. Le dieu est ordinairement figuré avec un long manteau qui laisse à découvert l'épaule droite et une partie de la poitrine,  la tête ceinte d'une sorte de turban. Quelquefois on lui donnait une couronne de laurier

Il se distingue par des attributs qui sont, on l'a dit, le serpent, qui, en changeant de peau, semble se rajeunir lui-même, et qui est aussi le symbole de la divination, allusion aux oracles par lesquels Asclépios indiquait aux malades les remèdes à appliquer, le coq, qu'on lui sacrifiait comme symbole de vigilance; la coupe, destiné à renfermer la potion salutaire; la baguette, emblème qui rappelle le temps où les médecins n'étaient que des sorciers et des enchanteurs, ou bien le ou bâton, de l'activité du médecin qui promène à travers le monde sa science secourable. A côté de lui on voyait ordinairement un chien, et quelquefois un jeune garçon, Télasphore, génie de la guérison. 

Asclépios est souvent représenté sur les bas-reliefs et les monnaies.
Quelques ex-voto la montrent couché sur un lit de festin avec une table dressée devant lui, où des suppliants viennent déposer leurs offrandes. Plusieurs monuments présentent Asclépios entouré de sa famille : on y remarque Epioné, sa femme (le mot signifie celle qui adoucit les maux), Hygie (la Santé), Télesphore, le génie de la convalescence.

Calamis, Alcamène, Scopas, Praxitèle, Céphissodore avaient exécuté des images d'Asclépios. Les temples d'Asclépios s'appelaient des Asclépéions; le plus fameux de ce dieu était à Épidaure : là sa statue, en or et en ivoire, ouvrage de Thrasymède de Paros, le représentait assis sur un trône, tenant un bâton d'une main, et touchant de l'autre la tête d'un serpent; un chien était couché auprès de lui; sur le trône, l'artiste avait sculpté le combat de Bellérophon contre la Chimère, Persée coupant la tête de Méduse, etc. (E. Jacobi, Th. Bernard / B. / Jules Martha).

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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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