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Aréthuse
(mythologie grecque). - Le nom d'Aréthuse
est attribué à plusieurs personnes dans la mythologie grecque.
Il est porté par une des Hespérides,
qu'Apollodore appelle aussi Eréthusa.
C'est encore le nom de la fille d'Hériléos, mère d'Abas,
qui valut à l'Eubée
l'appellation d'Abantis.
On connaît
aussi par le témoignage d'Étienne de Byzance une Aréthuse,
fille d'Abas, qui aurait donné son nom à une source voisine
de Chalcis
en Eubée .
Mais la poésie grecque a surtout célébré la
nymphe
de la fontaine Aréthuse, qui se trouvait dans l'île d'Ortygie,
près de Syracuse .
Suivant le mythe rapporté par Timée,
cette fontaine prenait sa source dans le Péloponnèse
et dérivait du fleuve-Alphée,
qui traverse l'Arcadie
et l'Élide, se dérobe plusieurs fois par un cours souterrain,
et coule dans la vallée où s'élevait Olympie .
On affirmait qu'il y avait, à travers la mer Ionienne, une communication
directe entre l'Alphée et la fontaine Aréthuse. Au moment
des jeux olympiques, si les eaux de l'Alphée,
grossies par les pluies, inondaient les lieux voisins du temple, celles
de la fontaine Aréthuse étaient troublées par le fumier
provenant des boeufs immolés à Olympie.
On ajoutait qu'une phiale d'or, jetée dans l'Alphée à
Olympie, avait reparu dans les eaux de la fontaine d'Ortrygie. Pindare
se fait l'écho de ces légendes en appelant I'Alphée,
dans la première Néméenne ,
« la source de la célèbre fontaine de Syracuse ».
L'imagination poétique avait transformé ces faits en un épisode
mythologique.
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Fig.
1 : Tétradrachme de Syracuse,
frappé
vers l'an 500 av. J.-C.
La nymphe
Aréthuse, faisant partie du cortège d'Artémis
et fille d'Océanos et de Doris,
s'était un jour baignée dans l'Alphée
en revenant de la chasse. Le dieu du fleuve s'en
éprit et la poursuivit; mais Artémis transforma la nymphe
en une fontaine, dont les eaux jaillirent dans l'île d'Ortygie. Le
fleuve cherche toujours à la joindre à travers la mer,
sans y mêler ses eaux. On montre encore aujourd'hui à Syracuse
la fontaine d'Aréthuse, dont le bassin, entouré de papyrus,
s'ouvre, à quelques minutes de la place de la Cathédrale ,
au bout de la via Aretusa. Seulement les eaux qui alimentent ce
bassin dérivent d'un aqueduc qui descend de l'Achradine, et passe
sous le petit port.
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Fig.
2 : Décadrachme de Syracuse,
signé
de l'artiste Cimon (400 av. J.-C).
Les représentations
figurées d'Aréthuse sont très fréquentes sur
les monnaies de Syracuse .
Les monnaies d'ancien style (fig. 1) montrent la tête de la nymphe
vue de profil et entourée de poissons dans le champ, avec la légende
SYRAKOSION. Celles du type le plus récent offrent une admirable
tête de jeune fille, entourée de poissons;
nous citerons surtout les pentécontalitres qui portent la signature
du graveur monétaire Cimon, et où l'on voit la tête
de la nymphe, les cheveux retenus par une sorte de filet (fig. 2). Une
autre monnaie, gravée par Cimon, montre au droit la tête d'Aréthuse
vue de face avec le légende ARETHOSA et la signature du graveur
sur le diadème. Au revers une course de chars fait sans doute allusion
à la victoire remportée en 388, à Olympie ,
par Denys Ier. La tête de la nymphe
se voit aussi sur une coupe de Bari ,
au musée de Berlin .
(M. Collignon) |
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