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Les Amazones

Les Amazones (mythologie grecque) sont un peuple mythique de femmes guerrières, que les traditions font émigrer du Caucase vers l'Asie occidentale (notamment sur le Thermodon), passer dans les îles de la Mer Egée (Lesbos, Samothrace), et s'avancer jusque dans la Béotie  et l'Attique. Elles eurent plusieurs reines célèbres : Antiope, qui attaqua Thésée; Penthésilée, qui secourut les Troyens et fut tuée par Achille; Thalestris, qui visita Alexandre. Bellérophon, Héraclès, Thésée, firent des expéditions contre elles. Arès et Artémis (Artémis Tauropolos) étaient les divinités qu'elles honoraient principalement.
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Comabt des Amazones et d'Héraclès.
Combat des Amazones et d'Héraclès.
Vase attique du VIe s. av. J-C.

Sur les rives du Thermodon, près du Pont-Euxin, dans la Cappadoce (le Taraboaan), elles formaient un État, dont la capitale était Thémiscyre. L'État, sous le commandement d'une reine, se composait d'elles seules. Elles n'admettaient aucun homme; seulement, pour se perpétuer, elles se rapprochaient une fois l'an, au printemps, des Gargaréens, peuple qui habitait sur leur frontière Les enfants mâles qui naissaient de ces unions passagères étaient mis à mort, ou renvoyés aux Gargaréens. Les filles au contrairement élevées dans les exercices de la guerre et de la chasse; pour leur faciliter l'usage des armes, on leur retranchait dès l'enfance le sein droit par le fer ou la cautérisation.

La tradition nous les montre comme fondatrices de villes. Ainsi, dans le cours de leurs expéditions, elles passent pour avoir fondé les suivantes : Smyrne (Izmir), Ephèse, Cymé, Myrine et Paphos.

Diodore distingue trois peuples d'Amazones, qui peuvent se réduire à deux : les Amazones Asiatiques, et les Amazones Éthiopiennes. Ces Amazones d'Afrique auraient subjugué les Maures, les Numides, les Éthiopiens, et auraient pénétré en Asie jusqu'au Taurus, et auraient été détruites par Héraclès, en même temps que les Gorgones, leurs rivales. Encore faut-il noter que, dans la haute antiquité, lorsque dans les textes il est question d'Éthiopie, il faut entendre les îles de Lesbos et de Samothrace, et non l'Éthiopie des âges postérieurs.
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Rubens : la bataille des Amazones.
La bataille des Amazones, par Rubens, 1618.

Les traditions sur les Amazones se rapportent à six chefs principaux, à savoir : 

1° Leur défaite par Bellérophon, en Lycie, sous le règne de Iobatée;

2° La guerre, mentionnée dans Homère, des princes phrygiens et des Amazones; 

3° L'expédition d'Héraclès contre Hippolyte, leur reine. Eurysthée ayant commande à Héraclès de lui apporter la ceinture d'Hippolyte, reine des Amazones, le héros traversa la mer du Pont, à laquelle il donna le nom d'Euxin, arriva aux embouchures du fleuve Thermodon, déclara la guerre aux Amazones, et campa près de leur capitale, Themiscyre. Il demanda d'abord la ceinture, et comme elle lui fut refusée, il livra bataille, et tua d'abord Mygdon et Amicuss, frères de la reine, qui s'opposaient à son passage. Une fois en présence, tandis que la foule des guerrières s'attaquaient à ses soldats, les plus vaillantes combattirent contre lui-même, et tirent l'une après l'autre des prodiges de valeur. La première fut Aella (la tempête), ainsi nommée à cause de la légèreté de sa course; mais elle trouva un ennemi encore plus léger. La seconde fut Philippis : elle tomba sur-le-champ, frappée d'une blessure mortelle. Vint ensuite Prothoé, qu'on disait être sortie victorieuse de sept combats singuliers, elle eut le même sort, ainsi qu'Eriboée, qui se présenta la quatrième. Céléno, Eurybie et Phoebé combattirent ensuite; elles accompagnaient ordinairement Artémis à la chasse, et savaient parfaitement tirer de l'arc; mais leur habileté fut impuissante contre Héraclès, et elles demeurèrent sur la place. Il vainquit de la même manière AIcippe, Astérie, Déjanire, Marpé et Tecmesse. Le reste des Amazones fut mis en fuite; la reine perdit ses Etats et sa liberté : Héraclès la fit prisonnière avec plusieurs autres; l'emmena et la donna en mariage à son ami Thésée. Suivant une autre version, Hippolyte se serait rachetée en abandonnant su ceinture, et c'est l'Amazone Antiope qui aurait été donnée en présent à Thésée.

4° L'invasion de l'Attique et le combat contre Thésée. Cette invasion de l'Attique avait eu pour motif le désir de venger l'enlèvement ou l'abandon - on ne sait au juste -, par Thésée, d'Antiope, soeur de leur reine Hippolyte. On montra longtemps à Athènes les tombeaux des Amazones qui avaient péri au cours de ces combats, et chaque année les Athéniens offraient des sacrifices aux mânes de leurs ennemies. 

5° Lors de la guerre de Troie, elles s'étaient portées au secours des Troyens, et avaient vu leur jeune reine, Penthésilée, tomber sous les coups d'Achille

6° Leur expédition contre l'île de Leucé dans le Pont-Euxin. Des matelots naufragés les avaient instruites de la fertilité de cette île, et en même temps leur avaient enseigné l'art de construire des vaisseaux. Elles firent donc une descente à Leucé. Là elles rencontrèrent le sanctuaire consacré à Achille. Mais tout à coup le héros (ou plutôt son ombre) se dressa devant elles, terrible comme autrefois sur les bords du Scamandre. Cette apparition jeta l'épouvante parmi les chevaux, qui, s'emportant, démontèrent les héroïnes et les écrasèrent sous leurs pas.

D'obscures traditions de femmes scythes, qui auraient pris part aux combats des guerriers, et en même temps de vagues souvenirs d'Hiérodules ou servantes des déesses guerrières (telles que Enyo, Athéna, Artémis), ont pu donner naissance au mythe des Amazones. 

Les traditions sur les Amazones se lient étroitement au culte d'Artémis. Ainsi Éphèse et d'autres villes, dont on leur rapporte la fondation, étaient aussi des sièges célèbres de culte d'Artémis.
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La bataille des Amazones, par Anselm Feuerbach, 1873.

L'art plastique les a représentées comme des jeunes filles d'une constituion vigoureuse, telles à peu près que les nymphes d'Artémis. Elles sont armées d'une lance, d'une hache d'armes, d'un bouclier semi-lunaire. d'un arc et d'un carquois. Elles ont la ceinture de guerre autour des hanches, et l'épée attachée à un baudrier, qu'elles portent en sautoir. 

Leur costume est de deux sortes : le costume dorien et le scythe. Ce dernier consiste dans une fourrure qui couvre et serre étroitement le corps entier jusqu'au cou; autour de la taille une large ceinture; par-dessus un manteau et, pour coiffure un bonnet phrygien. Le cheval est découvert. Ce costume, la fourrure surtout, indiquait le berceau supposé des Amazones. 

Dans le costume dorien, elles portent le casque grec; une légère tunique tombant de l'épaule droite, et retenue autour des hanches par un simple ruban. Les bras, les jambes et les pieds sont nus. Le cheval porte une couverture, et est décoré à la grecque. Du reste, nulle traie de mutilation du sein.

On les trouve surtout représentées sur des vases et sur des gemmes. Les tableaux et bas-reliefs les plus célèbres représentant ces héroïnes étaient la bataille des Amazones peinte par Nicon, la quelle ne trouvait dans le Poecile à Athènes; les bas-reliefs du bouclier d'Athéna; ceux du marche-pied du Zeus Olympien de Phidias; un bas-relief d'Alcamène sur le fronton du temple d'Olympie. Les musées d'Italie contiennent plusieurs statues remarquables d'Amazones :  Le musée du Vatican possède une Amazone attribuée à Phidias, appuyée sur une lance et se préparant à sauter; il y a au musée du Capitole une Amazone blessée, qu'on attribue à Ctésilas, et au Museo Borbonico de Naples une Amazone tombant de cheval.
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Amazones.
Les Amazones. Amphore grecque d'Andocidès. Musée du Louvre.

On a proposé différentes étymologies du nom d'Amazones, les unes inadmissibles, le autres incertaines. La plus communément adoptée, sinon la plus solide, est celle qui fait dériver ce nom de mazos = mamelle et de a privatif. Suivant Jacobi, mazos n'aurait été employé pour les femmes qu'à une époque comparativement moderne.

Ajoutons qu'on a donné le nom d’amazones à diverses sociétés guerrières féminines. Il a existé, par exemple, en Bohème au VIIIe siècle de notre ère de véritables Amazones qui avaient à leur tête Libussa et Vlasta; pendant plusieurs années elles répandirent la terreur sur les terres du roi Przémislas qui eut grand peine à les exterminer. Un régiment d’amazones a également existé au Dahomey jusqu’à la fin du XIXe siècle. (A19).
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Von Stuck : Amazone blessée.
Amazone blessée, par Franz von Stuck, 1903.


Nagel (Stuttgart, 1838), Uckert (Leipzig, 1847), et Bergmann (Colmar, 1853), ont publié de savantes recherches sur les Amazones.
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