 |
Âges.
- Les poètes de l'Antiquité distinguaient quatre âges,
dans lesquels les hommes allèrent sans cesse en empirant :
1° l'Âge
d'or, qui s'écoula immédiatement après la création
de l'homme et lorsque Cronos régnait dans
le ciel : c'est un temps d'innocence de justice,
d'abondance et de bonheur; la Terre jouissait d'un printemps perpétuel,
et les champs produisaient sans culture;
2° Âge
d'argent commença lorsque Cronos, chassé du ciel, vint chercher
un refuge sur la Terre, et que Zeus lui eut succédé
: on éprouva les premières vicissitudes des saisons ;
il devint nécessaire de cultiver la terre et de pratiquer les arts
pour satisfaire aux besoins naissants; les hommes commencèrent à
déchoir de leur première innocence et à perdre une
partie de leur bonheur;
3° l'Âge
d'airain, qui commença lorsque Cronos eut quitté la terre
: cet âge est encore un mélange de bien et de mal, mais le
mal commence à dominer, la propriété s'établit
et avec elle naissent la rapine et la guerre;
4° L'Âge
de fer; signalé par le débordement de tous les excès
et de tous les crimes : la Terre ferme son sein; la déesse de la
justice, Astrée, fuit épouvantée
et retourne dans les cieux. On connaît les belles descriptions qu'Hésiode
et Ovide ont données des quatre âges.
Une division des premiers temps mythiques
très similaire est attestée dans les traditions indiennes
dans lesquelles il existe un agencement (kalpa) cyclique du temps
cosmique selon un grande année, divisée en âges successifs,
témoins de la même perte progressive de l’harmonie, les
yuga. Le premier est le krtayuga, analogue à l’âge
d’or; le suivant est le tretayuga, ou âge d’argent; après
lui vient le dvâparayuga, qui correspond à l’âge
de bronze, puis l’âge de fer (kaliyuga), dans lequel nous
vivons actuellement. Au terme de la grande année, un nouvel âge
d’or recommencera. |
|